KABYLES

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Lounès Matoub

Lounès Matoub
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Manifestants à Alger, en juillet 1998

Manifestants à Alger, en juillet 1998
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Le peuple kabyle

À quel moment le nom ḳbayl francisé en Kabyles s'appliqua-t-il aux habitants de cette masse de montagnes dominées par le Djurdjura ? Ibn Khaldūn n'en use pas au xive siècle dans son Histoire des Berbères. Ni Luis del Mármol ni Léon l'Africain au xvie siècle ne mentionnent les Kabyles pour désigner les Berbères d'une région déterminée de l'Afrique du Nord. Reprenant la tradition khaldūnienne, Mármol appelle « Azouagues » (Zouaoua) les habitants du littoral algérien. Ce n'est qu'au xviiie siècle que « Kabyle » fait son apparition comme nom propre dans la littérature historique et géographique de l'Afrique du Nord. Le voyageur anglais Thomas Shaw, dans ses Travels, appelle de ce nom tous les Berbères de l'Algérie septentrionale : « À en juger par la situation et l'idiome propre et particulier des Kabyles, qui diffère matériellement de l'arabe, on est porté à croire que c'est le seul peuple de la Barbarie qui ait quelque analogie avec les anciens habitants de l'Afrique. » Et à propos des Zouaoua, on peut lire sous la plume du même auteur : « Les zouôouh [sic], qui sont les plus nombreux et les plus riches Kabyles de cette province [Constantine], habitent les montagnes inaccessibles à l'est, du Sebôe [Sebaou]. » Au xixe siècle, l'occupation française consacra définitivement le nom, d'abord pour désigner les Berbères de l'Algérie septentrionale, ensuite uniquement ceux du Djurdjura et de ses prolongements. On les appelle bien encore Zouaoua, mais accessoirement ; ils sont kabyles avant tout. C'est sous ce nom qu'ils firent leur entrée dans l'histoire moderne.

Une économie fondée sur l'agriculture et l'artisanat

Les Kabyles sont des paysans essentiellement arboriculteurs en raison de la nature de leur sol qui n'est qu'un vaste réseau de montagnes. Sur les pentes aménagées, ils font croître l'olivier et le figuier qui, immédiatement après le chêne zen, occupent les plus grandes surfaces. Jusqu'à la fin du xixe siècle, la culture de ces deux arbres tenait la place la plus importante dans les occupations et le revenu des Kabyles[...]

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AMROUCHE JEAN (1906-1962)

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Jean el-Mouhouv Amrouche est né à Ighil-Ali (Petite Kabylie). Peu de temps après sa naissance, sa famille, christianisée et francisée, émigre à Tunis. Après des études au collège Alaoui de cette ville, Jean Amrouche est reçu à l'École normale supérieure de Saint-Cloud ; il devient ensuite professeur à Sousse, puis à Bône et à Tunis […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-amrouche/#i_9608

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Voir aussi

KABYLIES    KANOUN    MIGRANTS    URBANISATION    VILLAGE    COMMUNAUTÉS VILLAGEOISES

Pour citer l’article

M'Barek REDJALA, Bouziane SEMMOUD, « KABYLES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/kabyles/