WAYNE JOHN (1907-1979)

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La personnalité intime des grands acteurs finit par se calquer sur celle des personnages qui font leur succès auprès du grand public. De même que Bela Lugosi vivait comme le comte Dracula, John Wayne était un vrai cow-boy. Pour l'un de ses metteurs en scène, Howard Hawks, il incarnait tous « les sentiments des pionniers romantiques ». Ce petit-fils d'Irlandais, d'Anglais et d'Écossais qui conquirent l'Ouest en le disputant aux Indiens avait hérité d'eux cette fierté d'appartenir à une Amérique puissante. Cet état d'esprit amena John Wayne à soutenir tous les courants réactionnaires extrémistes de l'histoire de son pays : de son engagement politique en faveur de McCarthy et de sa « chasse aux sorcières », jusqu'à son action militante en faveur des combats au Vietnam...

John Wayne

Photographie : John Wayne

L'acteur américain John Wayne (1907-1979) à Prescott, Arizona, en 1966. 

Crédits : Fox Photos/ Hulton Archive/ Getty Images

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Né Marion Robert Morrison, dans l'Iowa, de parents pharmaciens, le futur « Duke » entra au collège à dix-huit ans parce que l'entraîneur de l'équipe de football de l'université de Californie du Sud avait besoin d'un athlète de sa carrure ! Tom Mix, alors grande vedette du western muet remarqua le jeune sportif et l'engagea comme moniteur personnel d'éducation physique. Puis c'est l'engrenage : son allure attirant le regard de tous les spécialistes du casting, on le retrouve déjà, dès 1928, au générique de quatre John Ford. C'est Raoul Walsh, pour La Piste des géants (1930), qui changea Marion Morrison en John Wayne, le nom d'un héros de la révolution contre les Anglais.

Il avait déjà tourné plus d'une soixantaine de films quand John Wayne devint, en 1939, le remarquable Ringo Kid de Stage Coach (La Chevauchée fantastique). Pour son chef-d'œuvre, Ford avait eu le courage, et la prémonition, d'offrir à un acteur de troisième plan le rôle qui le plaça, au Box Office, dans la catégorie des meilleurs « westerners », aux côtés de Gary Cooper. Une longue carrière s'ensuivit, avec environ cent cinquante films dont La Maison des sept péchés avec Marlène Dietrich (1940), La Fille et son cow-boy avec Jean Arthur (1943), La Rivière rouge avec Montgomery Clift (1948), Rio Grande avec Maureen O'Hara (1950), les célèbres Rio Bravo (1958) et Alamo (réalisé et joué par lui en 1959), L'Homme qui tua Liberty Valance avec James Stewart (1962), El Dorado avec Robert Mitchum (1967), Une bible et un fusil avec Katharine Hepburn (1975), et Le Dernier des géants (1976), ultime film où Wayne incarne encore son propre mythe. Son testament spirituel, on le retrouve surtout dans The Cow-boys (1971), où le vieil acteur, qui est tué au premier tiers du film (mais, traîtreusement, dans le dos, par un chevelu qui représente la nouvelle Amérique), laisse la place aux jeunes après leur avoir appris à devenir des hommes. Le message est clair : l'ère des pionniers est en train de disparaître, mais des cendres de la décadence renaîtra une civilisation forte, si chacun a « conscience de posséder la vérité dans le combat de la vie quotidienne ». Le fait qu'en français ce film fut baptisé John Wayne et les cow-boys démontre parfaitement combien la démarche de l'acteur symbolisa aussi, pour nous Européens, une certaine Amérique dont les westerns cinématographiques furent les plus passionnants des agents de propagande.

La Charge héroïque

Photographie : La Charge héroïque

John Wayne (1907-1979) et Mildred Natwick (1908-1994) dans le film du réalisateur américain John Ford (1894-1973) La Charge héroïque (She Wore A Yellow Ribbon), en 1949. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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François JOUFFA, « WAYNE JOHN - (1907-1979) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/john-wayne/