JOHNS JASPER (1930- )

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La rupture avec l'expressionnisme abstrait

Né le 15 mai 1930 à Augusta, Jasper Johns passe son enfance dans une petite ville de la Caroline du Sud (États-Unis). Ses brèves études à l'université de Caroline du Sud, puis à New York sont interrompues par deux ans de service militaire, dont six mois passés au Japon. En 1955, il commence à peindre des motifs de drapeaux et de cibles (les séries Flag et Target) qui le rendent immédiatement célèbre. Perpétuant, avant même d'en avoir pris connaissance, les débats initiés par Duchamp – d'où l'étiquette néo-dadaïste qu'il partage avec Rauschenberg rencontré en 1954 –, il y pose avec subtilité et ironie la question du rapport ambigu entre l'œuvre, le signe et l'objet, le signifiant et le signifié, ses motifs étant déjà des signes-objets plats, comme la toile. En 1958, sa première exposition personnelle à la galerie Leo Castelli de New York connaît un succès de scandale. En plein courant expressionniste abstrait, Johns réintroduit la figuration. Avec les cercles concentriques de ses cibles, les symboles bien dessinés du drapeau américain, sa technique est jugée froide et inexpressive. Cette absence d'exubérance est très vite prise pour de l'antiexpressionnisme. À cause de son intérêt pour les objets quotidiens et pour l'agencement de motifs géométriques, il est considéré comme le double initiateur du pop art et de l'art minimal. Toutefois, sa technique originale annonce déjà le caractère très personnel de sa démarche. La technique de la peinture à l'encaustique, appliquée sur une toile encollée de journaux et de photos visibles par transparence, sèche presque instantanément, figeant dans la cire les gestes du peintre. Elle donne à ses toiles une force et une présence plastiques surprenantes qui font de lui un maître incomparable de la matière picturale.

Jasper Johns et Leo Castelli

Jasper Johns et Leo Castelli

Photographie

Jasper Johns (à droite), devant un tableau de la série «Flag», en compagnie du marchand d'art Leo Castelli et sa femme, dans leur maison en 1966. 

Crédits : Sam Falk/ New York Times Co./ Getty

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Écrit par :

  • : agrégé, docteur de troisième cycle, maître de conférences à l'université de Pau, directeur du Centre intercritique des arts du domaine anglophone

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Pour citer l’article

Bertrand ROUGÉ, « JOHNS JASPER (1930- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jasper-johns/