BRADLEY JAMES (1693-1762)

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Astronome anglais né en mars 1693 à Sherborne (Gloucestershire), mort le 13 juillet 1762, à Chalford (Gloucestershire). James Bradley est l'un des pionniers de l'astronomie de précision.

James Bradley fréquente le Balliol College d'Oxford, où il obtient sa licence en 1714 et sa maîtrise en 1717. Son oncle, le révérend James Pound, amateur éclairé vivant à Wanstead (Essex), lui fait découvrir l'astronomie et le présente à Edmund Halley.

Bradley devient membre de la Royal Society en 1718 sur la recommandation d'Edmund Halley. Il entre dans les ordres et devient pasteur de Bridstow en 1719. Son ami et collaborateur Samuel Molyneux lui obtient un poste de recteur par correspondance auprès de la paroisse de Pembrokeshire (pays de Galles), véritable sinécure qui lui permet d'augmenter ses faibles revenus. Il démissionne de ses fonctions en 1721, lorsqu'il obtient la chaire d'astronomie à Oxford. Il consacre alors tout son temps à cette discipline.

Après la publication en 1543 de l'ouvrage de Copernic De revolutionibus orbium coelestium (Des révolutions des orbes célestes), il devient impératif pour les astronomes de mesurer la parallaxe d'une étoile, c'est-à-dire la modification de sa position sur une période de 6 mois, afin de confirmer le mouvement orbital de la Terre autour du Soleil. Cette information capitale doit fournir la preuve que le Soleil n'effectue pas de rotation autour de la Terre. Faute de preuve de l'existence d'une parallaxe, l'astronome Tycho Brahe réfute en effet les travaux de Copernic dès le xvie siècle. Si, au xviie siècle, l'astronome danois Ole Römer mesure le déplacement apparent de deux étoiles, Sirius et Véga, ses observations sont considérées comme erronées. Robert Hooke, l'un des membres de la Royal Society, tente de faire de même pour l'étoile Gamma Draconis en 1669, mais est forcé d'avouer l'échec de sa tentative.

En 1725, Bradley se sert de la maison de Molyneux comme observatoire et tente de répéter les mesures de Hooke à l'aide d'un télescope conçu de façon à éviter toute erreur résultant de la réfraction de la lumière. Pas plus que ses prédécesseurs, il ne parvient à mesurer la parallaxe de Gamma Draconis (nous savons aujourd'hui que l'étoile est trop éloignée pour cela), mais il fait l'une de ses deux découvertes majeures. Il observe que cette étoile dévie en trois jours de 1 seconde d'angle vers le sud. Cependant, ce déplacement ne se fait pas dans la bonne direction et est trop grand pour correspondre à la parallaxe. Il en conclut que le mouvement apparent des étoiles est dû à l'aberration astronomique, effet optique qui résulte de la vitesse finie de la lumière et du mouvement de la Terre sur de son orbite. Peu après la mort de Molyneux en 1728, Bradley communique ses résultats à la Royal Society. Ses calculs lui permettent de confirmer la vitesse approximative de propagation de la lumière (295 000 kilomètres par seconde) ainsi que les théories de Copernic.

Les mesures qu'il effectue entre 1727 et 1732 lui permettent également de découvrir l'aberration des fixes, qu'il dénomme « changement annuel de la déclinaison de quelques étoiles fixes ». Ce phénomène n'étant pas dû à une aberration astronomique, Bradley en conclut qu'il tient à un léger mouvement irrégulier de la Terre sur son axe, la nutation, provoqué par un changement de direction de l'attraction gravitationnelle exercée par la Lune. Mais il ne communique ses résultats qu'après avoir soigneusement vérifié une révolution complète de la Lune autour de son orbite.

En 1742, des membres de la Royal Society recommandent de le nommer successeur d'Edmund Halley au poste d'astronome royal. Bradley perçoit un salaire annuel de 250 livres ainsi qu'un crédit de 1 000 livres pour ses instruments. Cela lui permet notamment de faire construire un quadrant de 2,4 mètres pour effectuer des mesures plus précises. Il occupera ce poste scientifique et administratif jusqu'à sa mort.

L'ensemble des travaux de Bradley ne sera publié qu'à partir de 1798, car ses héritiers et l'amirauté britannique s'en disputent la propriété. Le mathématicien allemand [...]

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  • : ancien astronome au Smithsonian Astrophysical Observatory à Cambridge, Massachusetts

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Pour citer l’article

Gerald S. HAWKINS, « BRADLEY JAMES - (1693-1762) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/james-bradley/