ROYAL SOCIETY

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En 1660, à Londres, quelques mois après la restauration de la monarchie anglaise, des tenants de la nouvelle philosophie, ou philosophie expérimentale, opposés à la pensée aristotélicienne, décident de fonder une société savante : la Royal Society. Cela faisait plusieurs années que ces hommes, dont Robert Boyle (1626-1691), John Wilkins (1614-1672), Robert Hooke (1635-1702) ou Christopher Wren (1632-1723), se réunissaient régulièrement pour échanger leurs expériences comme leurs connaissances. Surnommés par Boyle le « collège invisible » ou « collège philosophique », ce groupe constitue le noyau de la nouvelle société. Ce fut notamment grâce à l'action du savant et franc-maçon Robert Moray (1609-1673) que Charles II signa en 1662 une charte royale, complétée par une deuxième charte en 1663. La société fut baptisée The Royal Society of London for the Improvement of Natural Knowledge et reçut la protection de la reine, une protection encore assurée aujourd'hui par la famille royale. En 1665, la société se dota d'une publication, Philosophical Transactions of the Royal Society, une revue toujours en activité. Quelques-unes des plus importantes découvertes de l'histoire des sciences furent présentées au monde dans ses pages, où Isaac Newton (1642-1727), futur président de la société (1702-1727), publia ses premiers travaux sur la lumière et les couleurs.

La Royal Society est perçue comme une société scientifique ; pourtant, les scientifiques y furent longtemps minoritaires par rapport aux philosophes, aux historiens, aux écrivains ou aux juristes, car l'accès était ouvert à tous ceux qui partageaient le même idéal philosophique. Ainsi, en 1663, il n'y avait que 32 p. 100 de scientifiques sur les 137 membres. Cette proportion n'augmenta qu'après 1830, pour atteindre, en 1860, un peu plus de 50 p. 100. À sa création, plus d'un scientifique sur deux était médecin, les mathématiciens et les astronomes formant le deuxième groupe. La composition de la société fut un fidèle reflet de l'émergence et de l'autonomisation des disciplines ; ainsi, de 1740 à 1860, le nombre de géologues passa de 1 à 34 et celui des chimistes de 2 à 27. Le nombre de mathématiciens augmenta aussi (de 12 à 28), comme celui des astronomes (de 7 à 22), mais le nombre total des membres scientifiques s'accrut plus vite encore : de 145 en 1663, l'effectif scientifique de la Royal Society atteignait 645 en 1860 et s'élève à 1 298 aujourd'hui.

—  Valérie CHANSIGAUD

Écrit par :

  • : docteur en sciences de l'environnement, historienne des sciences et de l'environnement, chercheuse associée au laboratoire SPHERE, CNRS, UMR 7219, université de Paris-VII-Denis-Diderot

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MICROGRAPHIA (R. Hooke)

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 726 mots
  •  • 1 média

La publication de Micrographia , or Some Physiological Descriptions of Minute Bodies Made by Magnifying Glasses , en 1665, a été une étape fondamentale dans l’initiation des recherches fondées sur l’usage du microscope, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/micrographia/#i_53194

Pour citer l’article

Valérie CHANSIGAUD, « ROYAL SOCIETY », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/royal-society/