INTERSEXUALITÉ

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L'intersexualité peut se définir par la présence, chez un même individu appartenant à une espèce gonochorique (à sexes séparés), de caractères sexuels intermédiaires entre le mâle et la femelle. Par opposition à l'hermaphrodisme qui est au sens précis du terme une forme de reproduction sexuée, l'intersexualité est le résultat d'une anomalie de la différenciation sexuelle. Les intersexués sont souvent désignés sous le terme plus vague d'hermaphrodites accidentels. On ne peut classer parmi les intersexués les individus qui présentent seulement des modifications des caractères sexuels secondaires traduisant une inversion apparente du sexe (exemple : la castration chez l'adulte suivie de greffes de gonades ou d'injections d'hormones sexuelles). Il existe dans le règne animal une grande variété d'intersexués spontanés chez lesquels des modifications profondes se sont exercées à un stade précoce du développement embryonnaire. De nombreux cas ont été décrits chez les Mammifères (porc, vache, chèvre) et chez l'Homme. Ces sujets présentent soit des glandes génitales mixtes ayant en même temps la structure d'un ovaire et d'un testicule, soit des glandes génitales unisexuées et des conduits génitaux mixtes. On explique actuellement la genèse de ces anomalies à la lumière des expériences d'intersexualité qui ont été pratiquées dans toutes les classes des Vertébrés et qui ont été étendues à plusieurs espèces d'Invertébrés.

D'après les études récentes sur la formule chromosomique et sur la fusion des œufs de Mammifères, on peut vraisemblablement interpréter comme des gynandromorphes bi-partis les êtres humains qui possèdent d'un côté un hémi-appareil génital mâle et de l'autre côté un hémi-appareil génital femelle. La compréhension des phénomènes d'intersexualité impose la connaissance du déroulement par étapes de la différenciation sexuelle.

Différenciation sexuelle

Le sexe d'un embryon se détermine au moment de la fécondation. La détermination génétique du sexe dépend de la répartition des chromosomes sexuels X et Y dans l'œuf. Chez la plupart des animaux, la constitution génétique de l'œuf est homogamétique chez la femelle (XX), hétérogamétique chez le mâle (XY). Chez les Oiseaux et chez certains Amphibiens, la situation est inverse ; la formule mâle est ZZ, la formule femelle ZW. Il existe une certaine relation entre la nature du sexe homogamétique et la capacité d'inversion sexuelle.

La détermination génétique ne se manifeste pas dès le début du développement embryonnaire, elle est le point de départ d'une succession de phénomènes complexes qui vont réaliser la morphologie mâle et femelle d'un être vivant. La première étape qui suit la fécondation correspond à l'organogenèse des glandes et des conduits génitaux (caractères sexuels primaires). Dans chaque embryon, quel que soit son sexe génétique, s'édifie un double assortiment d'ébauches qui comporte les éléments nécessaires à la réalisation d'un système génital mâle et d'un système génital femelle (cf. hermaphrodisme, fig. 2). Cette phase de développement semblable est appelée phase d'indifférence ou de bipotentialité sexuelle. Lui succède la phase de différenciation sexuelle au cours de laquelle on assiste au développement de l'un des deux systèmes et à l'atrophie de l'autre. Les organes génitaux externes qui prolongent les voies génitales sont eux aussi bipotentiels au moment où apparaissent leurs ébauches. Les facteurs qui déterminent le développement ou la régression de l'un des deux systèmes génitaux sont les hormones sexuelles comme l'ont mis en évidence les expériences d'intersexualité.

La nature chimique de ces facteurs : œstrogènes et testostérone, ainsi que les voies de leur synthèse par les gonades embryonnaires sont à l'heure actuelle clairement établies (L. Cedard, A. Guichard, K. Haffen, D. Scheib, J. P. Weniger). Les cellules responsables de ces sécrétions appelées cellules « interstitielles » ont été bien identifiées. Dans le cas particulier du testicule fœtal de Mammifère exite (A. Jost, 1953) une hormone capable de provoquer la régression des canaux de Müller, d'où sa dénomination d'hormone « anti-müllérienne ». Sa nature protéique a permis sa purification à l'aide d'un anticorps monoclonal (N. Josso et al., 1981).

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Katy HAFFEN, « INTERSEXUALITÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/intersexualite/