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INFORMATIQUE Ordres de grandeur

La puissance de calcul et l'intelligence

Puissances de calcul - crédits : Encyclopædia Universalis France

Puissances de calcul

Le bit d'information et l'octet qui s'en déduit sont des unités précises et claires. La difficulté qu'il y a de savoir le nombre exact de CD ou de DVD dans le monde (parmi ceux qui ont été produits, combien ont été détruits ?) et le nombre exact de disques durs (même problème) introduit une incertitude dans le décompte de l'information numérique totale, mais elle est peu importante. En revanche, dans le domaine de la mesure de la puissance de calcul, l'imprécision des chiffres est plus grande car aucune unité de calcul absolue et praticable n'est définie. Diverses unités de bases sont utilisées pour mesurer la puissance des ordinateurs : nombre d'opérations binaires par seconde, nombre de bits utiles calculés par seconde, nombre d'instructions exécutées chaque seconde, nombre de cycles par seconde du microprocesseur, nombres d'opérations en virgule flottante effectuées par seconde. Cela conduit aux unités courantes que sont le MIPS (million d'instructions par secondes), le gigaflops (milliard d'opérations en virgule flottante par seconde), le gigahertz (milliard de cycles par secondes), etc. Il est délicat de convertir ces unités les unes en les autres. Cependant, si on accepte une certaine imprécision, on peut ramener toutes les unités de puissance de calculs proposées en informatique à une seule. C'est ce que nous avons pris le risque de faire pour arriver au tableau 2, qui présente les puissances de calcul de notre technologie actuelle.

Nous y avons inséré quelques données portant sur les êtres vivants. Celles-ci sont particulièrement délicates à établir, en particulier dans le cas de l'évaluation, en instructions par seconde, de la puissance du cerveau humain, pour lequel nous proposons une très large fourchette (entre 1013 et 1019) car les diverses études concordent mal et sont fondées sur des raisonnements peu sûrs. De tels chiffres doivent être considérés avec prudence, car le cerveau est très différent d'un ordinateur : il n'est pas certain qu'en utilisant le type d'architectures mis en œuvre aujourd'hui dans nos ordinateurs nous puissions, quelle que soit la puissance de ces architectures, égaler les performances du cerveau humain. Même si 1020 calculettes étaient connectées les unes aux autres, nous n'aurions pas créé un être intelligent ! Pour arriver à créer un être artificiel intelligent – si cela est possible –, il faut vraisemblablement de la puissance de calcul, mais aussi une architecture adaptée et des logiciels spécifiques. Ces derniers ingrédients aujourd'hui font défaut, et même si des chercheurs y travaillent, rien ne permet sérieusement de prévoir quand ils réussiront ni même s'ils réussiront. La puissance nominale n'est pas tout et ce n'est pas parce qu'en 2020 ou 2050 nous saurons construire des micro-ordinateurs égalant la puissance de calcul d'un cerveau humain que nous aurons créé une intelligence artificielle.

La complexité de nos ordinateurs et leur puissance donnent le vertige. Il faut cependant réaliser, comme à propos de la mémoire, que le monde vivant met en œuvre un système de traitement de l'information (et donc de calcul), qui dépasse de beaucoup celui dont nous disposons avec nos dispositifs électroniques. En instructions par seconde, la puissance cumulée de calcul artificiel sur Terre atteint environ 1020. De son côté, la puissance cumulée de calcul du monde vivant dépasse largement 1030. C'est donc plus de dix ordres de grandeur qui devraient être franchis pour que le monde électronique rattrape le monde génétique. En supposant que la loi de Moore reste valide tout le temps nécessaire – ce qui est peu vraisemblable –, il faudrait attendre cinquante ans. On peut aussi remarquer que le monde vivant, qui dispose d'un[...]

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