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HYPERTENSION

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Physiopathologie de l’hypertension artérielle

Tension pariétale et pression sanguine

La tension dans les artères est une contrainte hémodynamique en rapport avec la pression de la colonne sanguine et la dimension du vaisseau. Selon la loi physique de Laplace, la tension qui s'exerce sur la paroi d'un cylindre rempli de liquide est proportionnelle à la pression du liquide et au rayon du cylindre. Cette tension se répartit sur l'ensemble de l'épaisseur de matériau constituant le cylindre. En fait, on ne distingue habituellement pas chez l'homme l'hypertension et l'augmentation de la pression artérielle, bien qu'il existe des situations où la tension augmente sur la paroi des vaisseaux indépendamment de la pression, lorsque les artères s'élargissent à pression constante, comme c'est le cas dans le vieillissement physiologique et dans certains élargissements vasculaires pathologiques (anévrysmes).

En fait, la pression artérielle est une force hémodynamique potentielle entretenue dans le système artériel par la contraction du cœur. Or le fonctionnement de la pompe cardiaque est phasique, puisque la phase d'éjection (systole) et la phase de remplissage (diastole) se succèdent tour à tour. Le signal artériel de la force de pression sera donc pulsatile : un pic systolique de contrainte autour de 130 mmHg et un minimum diastolique de 75 mmHg en sont les valeurs physiologiques. À partir de cette courbe de révolution cyclique de la pression, on définit la pression artérielle moyenne comme la pression diastolique augmentée des deux tiers de la pression différentielle systolo-diastolique. Le gradient différentiel systolo-diastolique de pression est essentiellement fonction de la rigidité artérielle. Plus les vaisseaux sont rigides, plus la pression différentielle s'élargit pour la même pression moyenne. Ce phénomène est très lié au vieillissement et à la perte des propriétés d'élasticité de la paroi vasculaire.

Composantes hémodynamiques

La pression artérielle moyenne est la résultante du débit cardiaque et des résistances périphériques à l'écoulement. Le débit cardiaque étant relativement constant (bien qu'il augmente à l'effort et diminue lorsque le cœur est défaillant), le niveau de pression artérielle est déterminé surtout par les résistances périphériques, lesquelles sont en rapport avec l'état de contraction des cellules musculaires lisses de la paroi des artérioles (voir structure d'une artériole, fig. 1). Contrairement à la contraction cardiaque, la contraction de ces cellules n'est pas phasique mais permanente : c'est le tonus musculaire lisse, qui est exercé par les protéines contractiles, de la cellule musculaire lisse artérielle, myosine et actine. Plus il y a de pontages entre ces deux éléments du système contractile ainsi constitué, plus la cellule musculaire est contractée ; moins il y a de pontages, plus la cellule est relaxée. Le niveau de la pression artérielle moyenne reflète donc l'état de contraction diffus des cellules musculaires lisses des artères.

Ces cellules confèrent ainsi aux artères une propriété remarquable : celle de participer au contrôle du débit sanguin en faisant varier le calibre des vaisseaux. Si le tonus de la paroi musculaire diminue (vasorelaxation) le calibre vasculaire augmente. Sous l'effet de la pression qui règne en amont le sang afflue dans le territoire affecté par cette vasodilatation, qui apparaît ainsi rouge, chaud, « congestionné ». En revanche, lorsque le tonus pariétal s'accroît, le calibre du conduit vasculaire diminue (vasoconstriction) et le vaisseau rétréci ne fournit qu'un flux sanguin peu important, voire quasi nul (ischémie), si bien que le territoire faiblement irrigué est pâle, froid, « anémié ». L'importance vitale de la [...]

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Écrit par

  • : praticien hospitalier à l'hôpital Broussais, maître de conférences à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie
  • : ancien chef de clinique, assistant des Hôpitaux
  • : docteur en médecine, docteur ès sciences, directeur de recherche

Classification

Pour citer cet article

Xavier JEUNEMAITRE, Jacques JULIEN et Jean-Baptiste MICHEL. HYPERTENSION [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Médias

Vasomotricité artériolaire - crédits : Encyclopædia Universalis France

Vasomotricité artériolaire

Régulation physiologique de la pression artérielle - crédits : Encyclopædia Universalis France

Régulation physiologique de la pression artérielle

Signalisation intracellulaire dans le processus de vasodilatation - crédits : Encyclopædia Universalis France

Signalisation intracellulaire dans le processus de vasodilatation

Autres références

  • ADRÉNALINE

    • Écrit par
    • 3 565 mots
    • 2 médias
    ...phéochromocytome. Il s'agit d'une tumeur développée à partir du tissu chromaffine surrénalien et qui est responsable de 0,5 p. 100 des cas d' hypertension artérielle. Le traitement est uniquement chirurgical, avec un bon pronostic. Le modèle du phéochromocytome a conduit à rechercher des anomalies...
  • ARTÉRIOSCLÉROSE

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    Maladie artérielle se présentant sous trois formes principales : l'artériosclérose de l'intima ou athérosclérose, dans laquelle des plaques graisseuses (dites d'athérome) se déposent dans la partie la plus interne des vaisseaux sanguins ; l'artériosclérose de Mönckeberg...

  • ATHÉROSCLÉROSE

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    ...mieux établi dans l'athérosclérose est le cholestérol : on diminue le risque de la maladie coronaire en traitant l'hypercholestérolémie. Diabète et hypertension artérielle ont accédé plus récemment au rang d'authentiques facteurs de risque : ce sont des anomalies dont la correction améliore le pronostic...
  • CŒUR - Maladies cardio-vasculaires

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