HERZOG JACQUES (1950- ) & MEURON PIERRE DE (1950- )

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Les musées et les stades

Associés depuis 1992 aux architectes Harry Gugger et Christine Binswanger, Herzog et de Meuron ont rapidement acquis une audience internationale. Professeurs invités aux universités de Harvard et de Cambridge aux États-Unis (1989, 1994, 1996-1998), ils ont remporté, en 1995, le concours pour l'extension de la Tate Gallery à Londres, achevée en 2000. Confrontés à la reconversion de la centrale électrique de Bankside construite par Giles Gilbert Scott (1947-1955), les deux architectes ont apporté la preuve d'un savoir-faire autre que celui qui avait fait leur réputation : l'enveloppe est ici préservée et surélevée et c'est de l'intérieur que le projet tire l'essentiel de sa force. Le vaisseau central, complètement évidé, se donne à voir dans toute sa monumentalité ; il ne reçoit que des installations temporaires, les espaces du musée étant concentrés sur le côté du bâtiment qui regarde la Tamise. Succès architectural, mais aussi touristique, la Tate Modern, qui accueille près de quatre millions de visiteurs par an – contre deux millions et demi au Centre Georges-Pompidou – a rapidement été amenée à envisager son extension, confiée à Herzog et de Meuron, qui conçoivent en 2007 un bâtiment haut de 70 mètres, accolé à l'arrière du bâtiment principal, conçu comme une pyramide ou une tour de Babel formée de boîtes, empilées les unes sur les autres sans ordre apparent. Cette réalisation est achevée en 2012, l'année où Londres accueille les jeux Olympiques.

Tate Modern, Londres

Photographie : Tate Modern, Londres

Le musée d'art Tate Modern est installé dans l'ancienne centrale électrique conçue par Giles Gilbert Scott (1955) à Londres et réhabilitée en 2000 par les architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron. 

Crédits : Godrick/ Shutterstock

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Dans le domaine des musées, Herzog et de Meuron ont également à leur actif la reconversion des grands moulins de Duisbourg en Allemagne, qui accueillent depuis 1999 le Küppersmühle Museum, l'extension du Walker Art Center de Minneapolis aux États-Unis (avec le paysagiste Michel Desvigne, 2005), ainsi que la reconstruction du Young Museum de San Francisco, un bâtiment fondu dans le paysage du Golden Gate Park, d'où n'émerge qu'une petite tour en forme de pyramide inversée. Moins conventionnel dans sa typologie, mais peut-être le bâtiment le plus spectaculaire, le Schaulager de Bâle (2003) est à la fois un lieu d'exposition et un entrepôt. Situé à la périphérie de la ville, il se présente comme un grand parallélépipède, partiellement évidé sur sa façade principale. L'effet quasi hypnotique de ce mur à plusieurs côtés, recouvert d'une peinture blanche et ponctué de deux écrans vidéo, contraste avec les trois autres côtés, protégés par un épais revêtement à base de terre. On constate déjà cette attirance pour des matières brutes, mais sublimées par leur mise en œuvre, dans le mur de pierres grillagé du chai Dominus, dans la Napa Valley (Californie, 1998).

Autre programme dans lequel l'agence Herzog et de Meuron excelle : les stades, qui sont autant d'occasions de repenser la question du rapport entre structure et apparence. Après le stade Saint-Jacques à Bâle (2002), auquel sont associés un centre commercial et une résidence pour personnes âgées, les architectes livrent en 2005 l'Allianz Arena de Munich, dont l'enveloppe formée de 2 816 coussins rhomboïdaux gonflables, se teinte, – entre autres couleurs – alternativement de bleu ou de rouge, selon qu'elle accueille l'un ou l'autre des deux clubs que compte la capitale bavaroise. Enfin, le stade national de Pékin, achevé pour les jeux Olympiques de 2008, est le fruit d'une recherche plus spécifique sur le thème de la structure-enveloppe, dans un esprit qui, loin de l'habituelle expression d'un art de l'ingénieur suscitée par ce programme, confirme la démarche originale d'Herzog et de Meuron. L'enceinte principale, à laquelle est rattachée l'ossature des tribunes proprement dite, est constituée d'éléments de béton assemblés dans un désordre apparent, de manière à former l'image d'un nid d'oiseau. Cette conception radicalement nouvelle de traiter un programme classique traduit l'ambition des architectes d'associer l'ornement à l'ossature, de les confondre en un seul et même domaine.

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Pour citer l’article

Simon TEXIER, « HERZOG JACQUES (1950- ) & MEURON PIERRE DE (1950- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/herzog-et-meuron/