WALL JEFF (1946-    )

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The Destroyed Room, J. Wall

The Destroyed Room, J. Wall
Crédits : National Gallery of Canada, Ottawa

photographie

A view from an apartment, J. Wall

A view from an apartment, J. Wall
Crédits : J. Wall

photographie


Les photographies de Jeff Wall (artiste canadien né à Vancouver en 1946) présentées sur des caissons lumineux et qu'il dénomme Transparencies (Transparents), images éclairées de l'intérieur tels d'immenses Ektachromes pouvant atteindre jusqu'à 4 mètres de longueur, relèvent toutes, et cela depuis ses premières œuvres, qui datent de 1979, d'une « inquiétante étrangeté ». Qu'elles soient des scènes de rue ou d'intérieurs, des photographies d'enfants ou d'adultes saisis dans leurs actions quotidiennes, qu'elles montrent des marginaux ou des personnes intégrées socialement, ou encore des paysages urbains ou ruraux, toutes sont à la fois familières et inhabituelles, leur banalité dégageant simultanément une atmosphère fausse, irréelle, anormale. Images de la réalité dénuées de tout réalisme, images contemporaines qui renouent continuellement avec le passé, véritable théâtre des passions humaines, les œuvres de Wall dénoncent le réel en tant qu'il n'est plus que la fiction de lui-même.

Raconter le réel ?

Les deux grandes catégories qui permettent d'aborder la démarche de Jeff Wall – l'histoire des arts et la société contemporaine – convergent vers une problématique née au xixe siècle et que l'artiste fait sienne en la confrontant à notre actualité : comment être un peintre de la vie moderne ? Peut-on même s'investir du droit d'en présenter le spectacle ? C'est par rapport à cette question centrale que doivent se comprendre les références multiples – et souvent proposées simultanément dans une même œuvre – à la peinture, au cinéma, à la photographie, au théâtre, aux tableaux vivants, voire à la publicité, ainsi qu'aux graves problèmes qui se posent dans la société nord-américaine, tels que le racisme, l'attitude vis-à-vis des minorités ethniques, le chômage, la criminalité, ou encore les relations entre hommes et femmes ou entre adultes et enfants.

Pour traiter ces sujets, Jeff Wall n'a pas eu recours au genre du documentaire ou du reportage, mais à des fictions qui racontent le réel ; autrement dit, à des processus narratifs [...]

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Écrit par :

  • : professeur en esthétique à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, critique d'art

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«  WALL JEFF (1946- )  » est également traité dans :

JEFF WALL. PHOTOGRAPHIES 1978-2004 (exposition)

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  • Jörg BADER
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L'importante rétrospective Jeff Wall. Photographs 1978-2004, consacrée à l'œuvre de l'artiste canadien né en 1946 à Vancouver (Colombie-Britannique), a d'abord eu lieu, du 30 avril au 25 septembre 2005, au Schaulager, à Bâle (avant d'être reprise à Londres par la Tate Modern). Le fait s'explique par le lien privilégié que Wall […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jeff-wall-photographies-1978-2004/#i_98653

PHOTOGRAPHIE (art) - Un art multiple

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  • Hervé LE GOFF, 
  • Jean-Claude LEMAGNY
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Dans le chapitre « La fiction ou l'instantané scénarisé »  : […] Remarqué par ses images montées sur caisson lumineux, le Canadien Jeff Wall rapproche ses compositions de scènes de la vie courante de la forme propre au tableau. Questionnée par les conflits historiques du xxe […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/photographie-art-un-art-multiple/#i_98653

Pour citer l’article

Jacinto LAGEIRA, « WALL JEFF (1946-    ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jeff-wall/