TATE MODERN, Londres

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Extension de l'ancien musée d'art britannique la Tate Gallery de Millbank (appelée désormais Tate Britain), la Tate Modern est installée dans la centrale électrique conçue par Giles Gilbert Scott (1947-1955) à Londres et réhabilitée en 2000 par les architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron.

Tate Modern, Londres

Photographie : Tate Modern, Londres

Le musée d'art Tate Modern est installé dans l'ancienne centrale électrique conçue par Giles Gilbert Scott (1955) à Londres et réhabilitée en 2000 par les architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron. 

Crédits : Godrick/ Shutterstock

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L'ancienne Bankside Power Station, dont la cheminée de 99 mètres de hauteur défie le dôme de la cathédrale Saint Paul, suscita, à l'époque de son édification, quelques polémiques. Sa réhabilitation culturelle a fait l'unanimité. Le parti pris par les architectes Herzog et de Meuron, chargés de l'opération de la Tate Modern, a été de préserver, sinon de valoriser l'image d'un passé industriel tout en éliminant ses résidus encombrants. De l'extérieur, leur intervention paraît se réduire à la poutrelle de verre qui surplombe le toit du bâtiment, souligne son volume caractéristique et sert, la nuit, d'enseigne lumineuse à l'institution. La sobriété des architectes suisses se retrouve à l'intérieur où dominent de gigantesques volumes lumineux en surplomb qui abritent, en périphérie des espaces d'expositions, des lieux de pause, des salles de lecture offrant aux visiteurs une vue plongeante sur l'emblématique « salle des machines » (Turbine Hall). Ce lieu de 155 mètres de longueur et de 35 mètres de hauteur accueille des installations de grandes dimensions, souvent crées spécifiquement par les artistes (Olafur Eliasson, 2003 ; Rachel Whiteread, 2005 ; Ai Weiwei, 2010). Ces grands espaces permettent désormais de présenter des expositions internationales temporaires d'art contemporain consacrées à des artistes tels que Giorgio Morandi (2001), Andy Warhol (2002), Paul McCarthy (2003), Jeff Wall (2006), Gilbert & George (2007), Cy Twombly (2008).

Le lieu ne veut donc conserver, en tant que musée, qu'un « esprit » industriel originel purifié de ses engins devenus inutiles. L'institution épuise, à cet effet, la métaphore (abstraite) du « transfert d'énergie » (transfer of power), pour se forger une impeccable image de marque. Plutôt que de produire de l'électricité, l'usine culturelle serait aujourd'hui parcourue par un nouveau flux, celui des visiteurs, dont la rencontre (la friction) avec les œuvres est censée générer un nouveau courant d'énergie. Comme l'explique le directeur de la Tate Modern jusqu'en 2010, Lars Nittve, « ... le nouveau musée [se trouvant] à Southwark [une des banlieues de Londres les plus défavorisées, sur la rive droite de la Tamise], nous tirons parti de cette histoire pour attirer un nouveau public ». La fréquentation du musée est un succès dès ses premières années d'ouverture.

En outre, comme l'ancienne centrale, le musée fonctionne en réseau qui réunit les musées de la Tate : Saint Ives, Liverpool, Tate Modern et Tate Britain. « Nous utiliserons la collection comme une source centrale... » poursuivait Lars Nittve.

Sur les étages du bâtiment consacrés à l'exposition des collections permanentes, sont présentées des thématiques telles que « Histoire/Mémoire/Société » ou « Nu/Action/Corps » en 2000, « Structure et clarté » ou « Énergie et processus » en 2013. Ces grands ensembles thématiques illustrent parfaitement la volonté des conservateurs de la Tate Modern, dirigés par Nicholas Serota, de court-circuiter le parcours chronologique traditionnel, de faire disjoncter les classifications historiques par écoles. Certes, cela donne lieu à des confrontations inattendues (Marlene Dumas/Henri Matisse), à d'autres plus classiques sous leurs dehors novateurs (Giacometti/Newman), portant un éclairage nouveau sur les œuvres. Aucun des thèmes choisis sciemment ne se réfère au monde industriel (pas même « l'objet »), ni aux rythmes ou aux techniques de production qu'ont interrogés et utilisés les artistes du xxe siècle – des futuristes à Warhol. Les notions retenues sont plutôt littéraires, telles que la poésie, ou, à défaut, l'institution a fait appel à des notions comme le « geste », la « matière », le « paysage » ou la « nature morte ».

Forte de son succès de fréquentation, la Tate Modern s'agrandit dans les années 2010. Les architectes Herzog et de Meuron conçoivent une exte [...]

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Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art contemporain à l'université de Brown, Rhode Island (États-Unis)

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Dans le chapitre « Tate Modern »  : […] La vaste collection d' art moderne et contemporain que possède le musée, comprenant des œuvres d'artistes internationaux, est déplacée à la Tate Modern , qui ouvre ses portes en 2000. Situé à Bankside (quartier longeant la rive sud de la Tamise), le bâtiment abritait autrefois une centrale électrique dont la reconversion fut confiée aux architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron. Au li […] Lire la suite

Pour citer l’article

Hervé VANEL, « TATE MODERN, Londres », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tate-modern-londres/