EIFFEL GUSTAVE (1832-1923)

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en 1832 à Dijon, Gustave Eiffel est un représentant éminent du xixe siècle servi par une foi inébranlable dans le progrès scientifique et la technologie. Ingénieur diplômé de l'École centrale des arts et manufactures de Paris en 1855, il débute sa carrière dans différentes compagnies industrielles. En 1864, il s'installe comme ingénieur conseil puis, en 1866, crée sa propre entreprise de construction métallique à Levallois-Perret. Durant toute cette période, il participe à la réalisation de nombreuses opérations, dont la plus remarquable est la Tour de l'Exposition universelle de 1889 qu'il édifie avec la collaboration des ingénieurs Maurice Kœchlin et Émile Nouguier, et la participation de l'architecte Stephen Sauvestre. Mêlé, au début des années 1890, à l'affaire du canal de Panamá qui marque un tournant dans sa vie, il abandonne le secteur de la construction et se consacre au développement de sciences alors nouvelles. Il meurt en 1923, à l'âge de quatre-vingt-onze ans. Grand entrepreneur, ingénieur, inventeur et savant avisé, habile financier, homme d'affaire redoutable et homme de réseaux, Gustave Eiffel laisse une œuvre considérable et très novatrice.

Gustave Eiffel

Photographie : Gustave Eiffel

L'ingénieur français Gustave Eiffel (1832-1923), à gauche, sur l'escalier de la tour Eiffel. Il réalisa ce monument pour l'Exposition universelle de 1889, à Paris. 

Crédits : Bettmann/ Getty Images

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Le constructeur métallique

Comme beaucoup d'ingénieurs constructeurs de la fin du xixe siècle, Gustave Eiffel prône une utilisation du métal – matériau alors nouveau – qui met en valeur non seulement ses caractéristiques constructives, mais aussi ses propriétés plastiques.

Les réalisations des Établissements Eiffel exploitent toutes les qualités mécaniques du fer : sa résistance, son élasticité, sa légèreté, sa durabilité, la relative facilité de l'assemblage de ses pièces, la commodité de son stockage, etc. L'ingénieur sait tirer tous les avantages de structures dont la production, industrielle, est source d'économie financière, d'économie de temps et d'économie de main-d'œuvre.

Toutes les réalisations de Gustave Eiffel témoignent de cette attitude : la gare de Budapest en Hongrie (1875), le pont sur le Douro au Portugal (1878), les palais qu'il réalise pour l'Exposition universelle de 1878 à Paris, le viaduc d'Evaux sur la Tardes et le viaduc de Garabit dans le Cantal (1885), la statue de la Liberté éclairant le monde de Bartholdi offerte aux États-Unis en 1884 et inaugurée à New York en 1886, pour laquelle il réalise l'armature de fer, la coupole de l'observatoire de Nice (1885-1886), des usines, des ponts portatifs militaires construits dans toute la France et dans le monde entier, des établissements commerciaux, des bâtiments religieux, etc.

La Liberté éclairant le monde, F. A. Bartholdi

Diaporama : La Liberté éclairant le monde, F. A. Bartholdi

Frédéric Auguste Bartholdi, La Liberté éclairant le monde, 1886, plaques de cuivre martelées et rivées sur une armature de fer, conçue par Gustave Eiffel, 33 mètres. Liberty Island, New York, États-Unis. 

Crédits : Ischmidt/ Shutterstock

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La hardiesse de toutes ces réalisations fait de Gustave Eiffel un ingénieur dont la renommée est considérable. Mais, brutalement, tout ce qui a fondé sa réputation de constructeur de talent, se retourne contre lui lorsque le projet de construction de la Tour – sa dernière opération de construction métallique – commencent à la fin des années 1880. L'œuvre de Gustave Eiffel, que les milieux architecturaux, artistiques et intellectuels avaient regardée de manière sinon bienveillante, du moins indifférente, tant que son implantation était limitée à des zones non habitées, voire à des villes étrangères, devient à leurs yeux une insulte au bon goût dès que l'hypothèse de son implantation est envisagée au cœur de la capitale.

Construction de la tour Eiffel

Photographie : Construction de la tour Eiffel

Étapes de la construction de la tour Eiffel (1887-1889). Photographe : Théophile Féau (1839-1892). 

Crédits : Théophile Féau/ Henry Guttmann/ Hulton Archive/ Getty Images

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Une campagne sans précédent se déclenche sous les formes les plus variées. Aux sarcasmes d'un J. K. Huysmans se superposent les critiques innombrables des milieux de l'architecture et les tentatives d'arrêt des travaux – au motif, par exemple, que la Tour pourrait s'effondrer sur les maisons alentour. Le point culminant de cette campagne est la célèbre « Protestation des artistes » (Le Temps, 14 février 1887) publiée sous la signature de personnalités réputées, parmi lesquelles le peintre Ernest Meissonier, les poètes Leconte de Lisle et Sully Prudhomme, les écrivains Alexandre Dumas fils et Guy de Maupassant, l'architecte Charles Garnier, le compositeur Charles Gounod, etc.

L’Exposition universelle de 1900

Photographie : L’Exposition universelle de 1900

Le temps de l'exposition, la ville devient virtuellement le centre du monde. D'où l'importance  d'un monument qui vienne matérialiser le progrès des techniques. En 1889, la tour Eiffel avait suscité de véhémentes réactions : « ... à quoi bon dresser sur un socle creux un obélisque vide... 

Crédits : Collection Dutailly/ Ville de Chaumont

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Gustave Eiffel répond à la même date et dans le même journal aux attaques qui lui sont portées en réaffirmant ses positions techniques, architecturales et esthétiques. Il les ridi [...]

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La Liberté éclairant le monde, F. A. Bartholdi
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Construction de la tour Eiffel
Crédits : Théophile Féau/ Henry Guttmann/ Hulton Archive/ Getty Images

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L’Exposition universelle de 1900
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Pour citer l’article

Frédéric SEITZ, « EIFFEL GUSTAVE - (1832-1923) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gustave-eiffel/