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Grèce : carte administrative

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Grèce : évolution de la population

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Naoussa, Grèce

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Grèce : économie

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CapitaleAthènes
Langue officiellegrec
Unité monétaireeuro (EUR)
Population10 945 000 (estim. 2017)
Superficie (km2)131 957

Pays méditerranéen et balkanique par sa situation, la Grèce est en Europe un petit État, par son territoire et sa population : 10,8 millions d'habitants en 2011, très inégalement répartis sur 132 000 kilomètres carrés (densité moyenne 86 hab./km2). Mais, par sa signification historique et sa situation géographique, la Grèce dépasse ces dimensions restreintes. Les traditions multiséculaires d'émigration ont multiplié les points d'ancrage de la grécité. La fidélité des Grecs à leur langue, leur attachement à l'orthodoxie leur ont permis de survivre aux invasions et aux occupations. La Grèce est devenue ensuite, par sa position, une terre d'accueil pour des centaines de milliers d'immigrants, clandestins ou légaux, venus d'Europe orientale ou d'Asie. C'est un enrichissement démographique pour le pays qui a brutalement gagné 700 000 habitants au cours de la période intercensitaire (1991-2001), mais en a reperdu 150 000 lors de la période suivante. Ce fut surtout la condition du maintien de la croissance économique initiée depuis près d'un demi-siècle jusqu'à la crise financière de 2010.

En effet, après la période de reconstruction qui suivit la Seconde Guerre mondiale et une guerre civile particulièrement fratricide et meurtrière (1946-1949), la Grèce s'est engagée dans la voie du développement libéral. Elle lui apporta une véritable mutation de ses structures sociales et économiques. Dans le dernier quart du xxe siècle, deux événements importants ont accentué la solidarité qui lie la Grèce à l'Europe et, au-delà, à l'ensemble du monde occidental. En 1974, la chute du régime des colonels, après sept ans de dictature militaire, a ramené le pays au sein des régimes parlementaires. Le 1er janvier 1981, la Grèce est devenue membre de la Communauté économique européenne (Marché commun) et fait partie des États fondateurs de la zone euro. Cette précocité, en Méditerranée orientale et dans les Balkans, de la démocratie et d'une prospérité réelle, assure à la Grèce, malgré les ébranlements de 2010, une avance incontestable dans cette partie du monde.

Grèce : carte administrative

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Carte administrative de la Grèce. 

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Le poids de l'histoire, le choc de la modernité

Au-delà des traits de l'environnement (chaînes montagneuses et petites plaines intérieures ou littorales, proximité de la mer) et des contraintes de l'émiettement insulaire, l'organisation de l'espace imprime une continuité, qui rattache la Grèce contemporaine à la Grèce ancienne. Héritière de la cité-État de l'Antiquité, la petite ville est partout présente, constituant la véritable cellule de la vie de relation et de la production économique. Mais l'accélération des mobilités avec le désenclavement routier sur le continent, aérien et maritime dans les îles, a ajouté la proximité, physique et humaine, de la grande métropole moderne (4 millions d'habitants dans la région urbaine d'Athènes, 1 million dans la région de Thessalonique).

Le second legs du patrimoine historique appartient à la Méditerranée orientale et aux Balkans. La Grèce du Nord reflète encore ces mosaïques de cultures qui caractérisaient l'Europe de l'Est et du centre. Pendant longtemps, le pays a pu passer pour homogène. Les bouleversements, entraînés notamment par la chute de l'Union soviétique, ont contribué depuis le début des années 1990 à diversifier cette réalité. Rapatriement de Grecs « pontiques », russophones, du Caucase ou d'Asie centrale, arrivée massive de travailleurs migrants, d'abord d'Albanie, puis de Bulgarie ou de Roumanie et d'Ukraine, contrats de travail d'ouvriers agricoles pakistanais ou de bonnes philippines, ont transformé la carte ethnique de la Grèce, et même son uniformité religieuse.

Les traces d'un cheminement spécifique retardé, propre à l'Europe orientale, se retrouvent dans la structure du peuplement ou la répartition des activités. Au recensement de 2001, la population réputée « rurale » (communes de moins de 2 000 habitants) et « semi-urbaine » (entre 2 000 et 10 000 habitants) représentait encore 40 p. 100 du total. Deux décennies plus tôt, elle regroupait 42 p. 100 de la population. Cette persistance de campagnes peuplées constitue une originalité incontestable de la répartition des habitants et de leurs activités. En fait, il s'agit largement d'une fiction statistique, entretenue par l'extrême mobilité résidentielle et économique des populations.

Ces paradoxes et ces contrastes s'expliquent par l'irruption de la modernité dans le pays. La Grèce contemporaine a connu en moins d'un demi-siècle ce que la Méditerranée occidentale avait vécu en un demi-millénaire : la sédentarisation des derniers grands nomades, la descente des montagnards vers les plaines, l'exode rural vers les grandes agglomérations du pays, avant tout la première d'entre elles, Athènes et, enfin, les brassages de main-d'œuvre de la période contemporaine.

Avant cette accélération de l'histoire, la nation grecque émerge en 1830 de plus de quatre siècles de domination ottomane. Avec la renaissance d'un État indépendant, sous la protection concurrente de l'Angleterre, de la France et de la Russie et l'arrivée sur un trône mal assuré d'un jeune roi bavarois, Othon, la grécité revient en Grèce et la diaspora regarde à nouveau vers Athènes. Désormais, la Grèce est une patrie. Il faut plus d'un siècle pour que ce recentrage de la nation s'achève et rassemble autour du petit royaume de 1830 les lambeaux de l'hellénisme continental et insulaire. De cette unité nationale, constituée par étapes, il reste une coupure vivace entre la « Vieille Grèce » du traité d'Andrinople de 1829, plus méridionale et méditerranéenne (Péloponnèse et Cyclades essentiellement), et la « Nouvelle Grèce », septentrionale et balkanique (Thessalie, Macédoine surtout). Demeure surtout l'héritage d'une organisation géographique très centralisée autour de sa capitale économique et politique.

Enfin, dans l'espace grec, le cosmopolitisme traditionnel des élites nationales tisse, à l'heure de la mondialisation, des liens d'association avec le capital international rarement égalés. Il s'agissait hier d'exploiter seulement les ressources du pays. S'ajoute aujourd'hui la capacité de s'imposer de façon compétitive dans les Balkans, au Moyen-Orient, et même en Afrique ou en Asie. Exemple caricatural dans le passé de la dépendance économique et politique, la Grèce devient en 2010 le témoin paradoxal de la crise mondiale : quasi-faillite de l'État, renfloué au prix de coupes budgétaires sévères par le F.M.I. et l'Union européenne (U.E.), maintien d'une certaine prospérité sociale assurée en partie par l'économie parallèle.

Une démographie de pays riche : malthusianisme et immigration

Pays ambigu par son évolution historique, la Grèce l'est aussi par sa population. Avant même le décollage économique, la fécondité paraissait ralentie. Depuis le début des années 1970, la Grèce connaît un déclin rapide de sa fécondité, qui atteint des niveaux très bas (1,5 enfant par femme en 2008, contre 2,1 en 1981, natalité 10,4 p. 1 000 en 2009). Les causes de cette situation démographique sont complexes : influence de la religion orthodoxe, plus permissive que la religion catholique sur l'avortement, régime dotal des filles, qui retarde l'âge du mariage, élévation du niveau de vie, modifications des mentalités. Un autre signe de cette maturité de la natalité grecque est la diminution rapide des écarts régionaux, gommés par l'unification des genres de vie et des idéologies.

Cet alignement des comportements démographiques sur l'Europe occidentale trouve son pendant dans les tendances de la mortalité. Elle est faible (9,6 p. 1 000 en 2009), moins en raison de la structure d'âge d'une population qui vieillit que d'un très bon état de santé général (espérance de vie à la naissance en 2008 de 82 ans pour les femmes, 77 ans pour les hommes), et d'un équipement sociomédical satisfaisant. Forte dans les années 1950, la mortalité infantile, notamment, a connu une baisse remarquable (40 p. 1 000 en 1960, 3 p. 1 000 en 2009).

Cette modernité d'un mouvement naturel de pays développé, associée longtemps à une forte émigration, explique la faiblesse structurelle du dynamisme de la population. Après les dernières saccades d'une évolution démographique en sursauts brutaux, dus à l'histoire politique, la Grèce s'était engagée dans une lente croissance (7,6 millions d'habitants en 1951, 10,2 en 1991). Elle s'est brutalement accélérée dans les dernières décennies sous l'effet de l'immigration attestée, et certainement sous-évaluée (augmentation de 7,2 p. 100 de 1991 à 2001, mais de 3,4 p. 100 de 2001 à 2010).

C'est d'ailleurs l'importance et la diversité des mouvements migratoires qui constituent la véritable originalité du pays. Traditionnellement, au début du xxe siècle, la Grèce fut un pays d'émigration : la pauvreté des campagnes méditerranéennes, associée aux possibilités d'accueil à l'étranger des colonies de la diaspora, en faisait un pays d'exode. C'est la grande période de l'émigration transocéanique qui conduisit les natifs de la Grèce méridionale – Péloponnèse et Cyclades essentiellement – en Amérique du Nord et, très secondairement, vers l'Australie.

Au début des années 1960, ces départs lointains ont été relayés par les mouvements de travailleurs migrants vers l'Europe industrielle (Allemagne en priorité), cette fois-ci surtout de la Grèce du Nord (Macédoine et Thrace). L'éloignement n'était pas suffisant pour rompre des liens permanents avec le pays d'origine : mariage, éducation des enfants, retours périodiques pour les vacances, réinvestissements dans la maison familiale ou l'exploitation agricole. Le maintien de ces relations justifia encore que, la crise des économies occidentales aidant, les retours l'aient emporté sur les départs dès le milieu des années 1970. Les conséquences n'en furent pas toutes favorables, même s'il reste une colonie hellénique nombreuse en Allemagne.

Grèce : évolution de la population

Grèce : évolution de la population

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Grèce. Dynamique de la population départementale (1961-2001). 

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Le véritable renversement réside dans le retournement de la conjoncture migratoire qui fait de la Grèce une terre d'accueil. Vieillissement qui tarit le renouvellement de la population active, emballement de l'économie (construction, marine marchande, services, tourisme), enrichissement de la société grecque, ouverture des frontières de l'Europe communiste se conjuguent pour expliquer cet engouement soudain. Il déborde maintenant les attractivités de voisinage par des origines plus lointaines : Éthiopie, Pakistan, Asie du Sud. Clandestins ou régularisés, subis, tolérés ou désirés, les travailleurs migrants se sont installés dans toutes les régions de la Grèce et tous les secteurs d'activités. Leur présence a changé les visages de la Grèce contemporaine. Peu fréquente autrefois, la xénophobie devient la règle, qui attribue abusivement la montée de la délinquance à la présence étrangère. Celle-ci est pourtant inséparable d'une prospérité longtemps maintenue. Avec ses relents nationalistes, la crise financière du pays peut-elle remettre en cause ce postulat ?

L'agriculture : résistances et disparités géographiques

L'espace rural est remarquable par ses contrastes d'archaïsmes et de modernités. La pluriactivité, la proximité des villages et des villes, l'accélération des mobilités, rendent de jour en jour plus fluide la frontière entre campagnes et monde urbain. De même, la petite taille des exploitations, l'émiettement traditionnel des parcelles, la faiblesse de la productivité agricole, doivent être regardés avec précaution, en raison de la complexité des statuts fonciers, des contrats de location multiples et de l'intensification poussée des systèmes de cultures. Ainsi, s'additionnent les traditions persistantes de la polyculture méditerranéenne, et des spécialisations régionales ou locales, parfois même individuelles.

Pourtant, partout en Grèce se sont accentués, à partir des années 1960, les signes de modernisation de l'agriculture. Grâce aux prêts d'une Banque agricole active, la mécanisation des exploitations s'est développée. L'utilisation des engrais chimiques s'est accrue. L'irrigation a fait aussi des progrès considérables. À la faveur de travaux d'aménagement hydraulique, le remembrement a fait son apparition dans les plaines alluviales de la Grèce du Nord.

Mais le principal moteur de changement fut l'application de la politique agricole commune européenne (P.A.C.). Le soutien généralisé des prix entraîna une extension souvent spectaculaire des surfaces cultivées (oliviers), l'augmentation considérable des rendements, et une hausse des revenus des agriculteurs. C'est dire combien l'annonce, au milieu des années 1990, d'une révision de la P.A.C. au profit d'une production plus soucieuse du respect des consommateurs et des écosystèmes, et l'arrivée de nouveaux bénéficiaires potentiels (Pologne, Roumanie, Bulgarie) sèment l'inquiétude dans les campagnes grecques. Avec le vieillissement généralisé des exploitants, ces retournements de la conjoncture institutionnelle constituent la grande incertitude d'un monde rural, toujours prêt à s'enflammer et à menacer les équilibres politiques nationaux.

Les visages ruraux, qui s'étaient composés au fil des évolutions récentes, n'en demeurent pas moins reconnaissables. La longue échine montagneuse qui parcourt le pays du nord au sud reste vouée à une agriculture et à un élevage extensifs et a connu pendant tout le xxe siècle une forte hémorragie démographique, qui achève d'en faire un territoire désertifié de pâturages et de forêts. C'est la Grèce du vide, où l'exode humain fait progressivement reculer les traces de l'anthropisation.

Le monde insulaire, Cyclades en tête, paraît souvent relever du même diagnostic. Mais partout, le littoral signifie le tourisme estival et balnéaire et une population presque entièrement dévolue aux activités qui lui sont liées. Pourtant chacun peut rester attaché à son lopin de terre, à quelques têtes de petit bétail, à une production céréalière résiduelle pour nourrir les bêtes, et à quelques cultures arbustives, parfois aussi symboliques que spéculatives (cas de la vigne à Santorin).

Naoussa, Grèce

Naoussa, Grèce

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Le petit port de Naoussa, sur l'île de Paros, dans l'archipel des Cyclades. 

Crédits : Photodisc World Landmarks and Travel V60

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Les grandes plaines agricoles de la Grèce du Nord – Thessalie, Macédoine, Thrace – auxquelles il convient d'ajouter le nord-ouest du Péloponnèse (Élide) constituent un troisième type. Les grandes cultures – coton, blé, tabac, betterave à sucre – associées à l'élevage bovin dominent toute la vie régionale, y compris celle des centres urbains, préfectures de quelques dizaines de milliers d'habitants (Karditsa en Thessalie, Drama en Macédoine, Komotini en Thrace). Sans négliger les problèmes d'environnement, l'incidence des réglementations nationales et européennes est directe sur un milieu professionnel averti, à qui on a inculqué pendant des décennies la philosophie du rendement, sinon de la productivité.

Enfin, autour des grandes villes du pays, se développent, ou s'étirent sur plusieurs dizaines de kilomètres, voire une centaine dans le cas d'Athènes, toutes les conditions d'un complexe agro-urbain, où la proximité de la mer, la demande des sociétés locales à fort niveau de vie, et l'afflux du tourisme international, ajoutent encore une utilisation récréative de l'espace. Constructions résidentielles plus ou moins saisonnières, infrastructures routières, desserrement industriel et tertiaire alternent avec les installations touristiques et les utilisations agricoles spéculatives. La résistance de cette agriculture périurbaine est d'autant plus assurée qu'elle s'articule autour de spécialisations solidement implantées. La demande urbaine les complète de son lot habituel d'exploitations florales et horticoles, de production de primeurs et de laitages sur des unités souvent minuscules, mais que la rentabilité financière justifie. À l'image de l'ensemble de l'économie grecque, l'agriculture est ainsi faite d'une juxtaposition de traditions et d'innovations, d'astuces et d'adaptations fonctionnelles.

L'industrie : développement et restructurations

Si l'on veut prendre une mesure rapide de l'essor et des transformations de l'économie grecque, il faut considérer l'évolution de la structure des caractéristiques macro-économiques. En 1962, les exportations sont encore celles d'une nation sous-développée : les produits agricoles représentent 56 p. 100 de leur valeur, les matières premières 30 p. 100, les produits industriels moins de 9 p. 100. Au début des années 1980, les proportions respectives sont passées à 25 p. 100, 8 p. 100 et 44 p. 100. Trois décennies plus tard (2007), l'agriculture, l'élevage et la pêche ne contribuent que pour 4 p. 100 à la richesse nationale, l'industrie et la construction à 20 p. 100, le secteur tertiaire à 76 p. 100. En moins d'un demi-siècle, la Grèce est devenue un pays développé, échangeant avec l'étranger, notamment l'U.E. (près des deux tiers des importations comme des exportations hors hydrocarbures), des produits manufacturés et des services, et satisfaisant une partie de son marché intérieur, dont la demande s'est considérablement accrue en quantité et en qualité.

La mutation est particulièrement nette dans le domaine industriel, où l'on assiste à une profonde transformation des systèmes de production et à des remaniements importants des localisations. Les bouleversements pourraient s'ordonner sous le double signe d'une périodisation banale qui fait se succéder les phases d'industrialisation (années 1960), de diffusion (années 1970) et de restructuration (depuis les années 1980) et d'une exceptionnelle flexibilité des acteurs économiques. Aux activités classiques fondées à l'origine sur la production agricole (alimentation, tabac, textile), se sont ajoutés des secteurs plus modernes et concurrentiels (métallurgie, chimie, chantiers navals ou cimenteries).

Dans cet ensemble complexe, la régression des activités artisanales traditionnelles s'achève sous l'effet des produits manufacturés modernes et de la concurrence internationale. Seule la demande touristique en articles folkloriques a freiné le déclin de petits ateliers. Mais cet aspect très visible ne doit pas cacher l'importance du processus de substitution technique que l'industrie grecque a vécu : en quelques décennies, le pays a traversé toutes les révolutions industrielles des xixe et xxe siècles.

Une pareille mutation ne peut s'expliquer que par la conjonction des efforts de l'État, des investisseurs étrangers, mais aussi d'entreprises nationales particulièrement dynamiques. Dès la fin de la reconstruction économique après le second conflit mondial et la guerre civile, l'État a su créer les conditions de l'essor : infrastructure énergétique, lancement d'un programme routier, mesures d'incitation et de protection des capitaux étrangers. Cette action a été relayée par les décisions de Grecs cosmopolites, très liés à la finance internationale, et renforçant les secteurs de base de l'industrie. Mais d'une manière plus générale, la Grèce s'est trouvée en situation favorable pour attirer les capitaux étrangers : régimes politiques musclés, main-d'œuvre bon marché, augmentation du pouvoir d'achat, possibilité d'atteindre des pays proches moins développés. L'entrée dans l'Europe et la mondialisation des échanges ont encore accéléré cette tendance à l'internationalisation de l'industrie grecque, qui a un demi-siècle (raffinerie Esso-Pappas et Coca-Cola à Thessalonique, Péchiney et Aluminium de Grèce pour les bauxites du Parnasse, ou pneumatiques Pirelli à Patras).

Grèce : économie

Grèce : économie

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Grèce. L'organisation de l'espace. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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L'autre caractéristique remarquable est la permanence des déséquilibres géographiques de l'activité industrielle. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, tout a concouru pour renforcer la concentration spatiale de l'appareil de production dans la grande région athénienne et plus secondairement dans celle de Thessalonique. Malgré les transformations considérables des approvisionnements, des circuits et des types de production, des modes de consommation et d'investissement, ces dissymétries n'ont pas profondément évolué. Ni le desserrement industriel, constaté notamment au nord d'Athènes le long de l'autoroute vers Thessalonique (Béotie), ou sur le pourtour de la métropole du nord, ni les encouragements financiers constamment répétés au profit des régions périphériques, particulièrement la Thrace, n'ont affecté sensiblement les dissymétries de l'appareil de production : en termes d'emplois, d'investissements et de valeur ajoutée, il est toujours écrasé par la présence d'Athènes et de Thessalonique et de la colonne vertébrale autoroutière qui les unit à travers la Thessalie (pôles de Larissa et de Volos).

Enfin, une dernière tendance rapproche l'économie grecque plus du Nouveau Monde que de l'Europe occidentale. La coexistence, dans les mêmes concentrations urbaines, d'un fort maintien de l'activité industrielle et d'une suprématie incontestable des services. Évidemment, la hausse des productivités et la concurrence des pays du Sud font régresser les effectifs et décliner régulièrement la part de l'industrie dans le produit intérieur brut (14,5 p. 100 en 2000, 13 p. 100 en 2007). Des récessions sont apparues avec leur cortège habituel de chômage ouvrier (le taux de chômage officiel, en augmentation depuis la crise financière, atteint plus de 12 p. 100 en 2010) et d'emploi d'étrangers, plus ou moins clandestins et mal rémunérés. Mais là encore, Athènes, Thessalonique et dans une moindre mesure Patras, accueillent toujours une forte présence industrielle aussi bien dans les activités de base que dans les secteurs plus différenciés, tout en étant devenues des métropoles tertiaires incontestables. La Grèce est ainsi remarquable autant par la rapidité que la spécificité de ses évolutions.

L'échange : consommation intérieure et mondialisation

Le commerçant grec est aussi vieux que l'histoire du pays. Et la croissance économique a encore accru toutes les formes d'échanges. La prolifération dans l'ensemble des régions des grandes chaînes de distribution n'a pas fait disparaître la boutique à tout vendre (pantopolion) ou, plus communément encore, le kiosque. Ils confirment l'impression d'économie à deux vitesses, beaucoup plus que d'archaïsme résistant à la modernité.

Le maître mot de l'économie grecque a longtemps été la consommation des ménages, qui a soutenu la croissance, au prix d'un endettement structurel, d'une inflation difficilement jugulée pour se contenir dans les critères de Maastricht (4,2 p. 100 officiellement en 2008), et d'une balance commerciale en déficit aggravé (25 milliards d'euros en 2009). Les importations ne cessent de croître sous l'effet de la diversification et de l'élévation de la demande intérieure. Certes, la facture pétrolière est lourde, mais l'importation de produits de consommation domestique coûte encore plus cher, et la balance des échanges se détériore. C'est souligner le mystère constant de l'économie grecque depuis plusieurs décennies : une spirale ascensionnelle qui frise le vertige, une croissance bien visible qu'envieraient bien des pays européens plus équilibrés. La crise financière de 2010 a certes rompu le charme. Mais si l'État est en faillite, les Grecs ne sont pas ruinés, tant la société a construit longtemps son progrès sur ses ressorts propres. Ce n'est pas une des moindres contradictions que le traitement de cheval imposé à la Grèce par les instances internationales et européennes ne réduise encore les moyens de l'État, dans un pays qui n'en a jamais vraiment disposé.

Heureusement, la Grèce a encore la chance de posséder deux ressources spécifiques : le tourisme international et la marine marchande. La mer et le soleil, associés au pèlerinage antique, expliquent le succès de l'attractivité du pays. Contribuant toujours à environ un sixième du P.I.B. et de l'emploi national, l'activité touristique est un moteur de l'économie grecque. Avec près de 17 millions d'arrivées de touristes étrangers en 2013, l’activité se maintient. Les origines plus lointaines (Américains, Japonais) s'ajoutent désormais en effectifs croissants aux Européens normalement les plus nombreux. Mais de très fortes dissymétries géographiques se relèvent toujours : la région athénienne, les Cyclades et Rhodes, la Crète, regroupent les flux les plus importants aussi bien de touristes intérieurs qu'étrangers. Pourtant, la concentration spatiale et la contraction de la saison touristique sur quelques mois d'été entraînent une menace permanente sur des écosystèmes fragiles. Elles s'ajoutent à des faiblesses structurelles remarquables (importance des petites unités hôtelières familiales à côté de grands complexes intégrés en Chalcidique, en Crète orientale ou à Rhodes, coût élevé de la vie), pour inquiéter les observateurs sur la compétitivité du tourisme grec face à ses concurrents immédiats, notamment la Turquie et, plus récemment, le retour de la riviera dalmate (Croatie).

Oia, île de Santorin

Oia, île de Santorin

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Les églises coiffées de toits bleus, caractéristiques de l'île de Thira, appelée Santorin par les Occidentaux, par déformation de son nom italien médiéval, Santa Irene. 

Crédits : De Agostini/ Getty

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Finalement, la marine marchande peut apparaître comme une valeur encore plus sûre et plus stable. Avec ses pavillons de complaisance classiques (Liberia, Panama, Chypre), la flotte grecque est parmi les toutes premières du monde (plus de 16 p. 100 du tonnage total en 2007). Elle sillonne les mers du globe, tandis qu'une flottille nombreuse, et en renouvellement rapide, dessert les îles de l'Égée. Mais là encore, l'avenir est incertain. Au début des années 1970, la marine marchande grecque a joué un rôle décisif dans l'ouverture au monde de l'économie chinoise. Aujourd'hui, en rachetant une partie du port du Pirée, la Chine fait de la Grèce une tête de pont pour son expansionnisme en Europe.

Île d'Hydra, Grèce

Île d'Hydra, Grèce

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Vue du village d'Hydra sur l'île grecque du même nom, construit en amphithéâtre autour de son port. 

Crédits : George Grigoriou/ The Image Bank/ Getty Images

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Dans ces mutations rapides, un fait demeure : le déséquilibre croissant des comptes du pays. Avec le retournement des flux migratoires, les « remises » des Grecs expatriés se sont évanouies et ont été remplacées par des envois d'argent des travailleurs étrangers fixés en Grèce. Les investissements internationaux sont relativement faibles et largement compensés par des implantations de firmes grecques en Europe orientale et dans les Balkans. Dans ces conditions, le déficit structurel de la balance des paiements reste fort. Mais quelle est la signification exacte de ces résultats comptables, indubitablement négatifs ? La Grèce est entrée de plain-pied dans la mondialisation et la financiarisation des échanges, avec leurs réussites, leurs échecs et leurs incertitudes.

Des dissymétries régionales maintenues

L'ampleur des mutations géographiques, économiques, sociales et politiques qui ont affecté la Grèce depuis l'après-guerre a profondément bouleversé les équilibres géographiques et les paysages humains du pays. Pendant longtemps, le résultat d'ensemble a pu se résumer au partage entre un espace utile, concentrant sur un territoire restreint les hommes et les activités dynamiques, et des espaces périphériques où l'occupation humaine est beaucoup plus extensive et même variable selon les saisons. La Grèce utile s'allonge en un croissant dissymétrique dont l'une des cornes suit la côte septentrionale du Péloponnèse, de Patras à Athènes (200 km), s'infléchit vers le nord à hauteur de l'Attique pour se diriger vers Thessalonique. Aux points stratégiques de ce dispositif, les trois plus grandes régions urbaines du pays, Patras, Athènes et Thessalonique, rassemblaient, lors du recensement de 2001, plus de 46 p. 100 de la population totale de la Grèce et l'ensemble des départements qui s'étirent sur cet axe de développement représentait près des deux tiers de la masse démographique nationale. La concentration économique y est encore plus vive.

L'explication de ces dissymétries majeures ne relève que très secondairement de déterminismes physiques. Les raisons profondes sont avant tout historiques. Pendant près d'un siècle, Athènes a, dans sa croissance, véritablement stérilisé démographiquement et économiquement la Grèce du Sud (îles Égéennes, Péloponnèse), puis la Grèce du Nord-Ouest (Épire). Le développement économique des cinquante dernières années, tout en renforçant la polarisation athénienne, a ranimé, mais très sélectivement, et sous l'étroite dépendance de la capitale, une province atonique.

La géographie réintroduit des nuances paysagères dans cet ensemble géo-économique. La côte septentrionale du Péloponnèse reste typiquement méditerranéenne, vouée à l'olivier, aux vignes à raisin sec et aux vergers d'agrumes irrigués (orangers, citronniers). Au milieu d'eux, les petites villes balnéaires (Aigion, Xilokastro) bénéficient du tourisme de villégiature des Athéniens et d'industries souvent florissantes (conditionnement de fruits, papeteries). À l'extrémité occidentale de cet axe de développement, Patras, vieux centre commerçant et industriel, naguère réactivé par les investissements étrangers et la décentralisation universitaire, vit surtout par le terminus portuaire des car-ferries d'Italie.

Au nord d'Athènes, les paysages changent progressivement et les influences septentrionales et balkaniques deviennent plus évidentes : l'olivier disparaît massivement dans la plaine thessalienne. Mais les mêmes impressions de développement et de richesse accompagnent le voyageur tout au long des 550 kilomètres qui séparent Athènes de Thessalonique : la Béotie, avec Thèbes, partagée entre les zones d'activités industrielles essaimées de la capitale et les champs de coton irrigué, la Thessalie, longtemps divisée entre Larissa la terrienne et Volos, la maritime. Enfin la Macédoine centrale apparaît la plus diversifiée et la plus riche. Thessalonique, fière de son passé, forte de son commerce et de ses industries lourdes et différenciées, y a enfin retrouvé son avenir de porte de l'Europe balkanique. C'est la seule métropole régionale capable de rivaliser avec Athènes dans son rôle de ville internationale.

En dehors de ce croissant fertile, la stagnation démographique et la morosité économique l'emportent largement sur la diversité des situations géographiques et historiques. Seules, les villes moyennes (Ioannina en Épire, Serrès et Drama en Macédoine orientale, Komotini en Thrace) connaissent un essor relatif. Il est plus fondé sur la distribution et les services que sur les activités proprement productives : la Grèce périphérique reste au mieux un espace de diffusion de la consommation.

Dans ce vaste ensemble, il faut se contenter d'évoquer des types régionaux, plutôt que d'en faire un panorama exhaustif. Dans le nord-ouest, l'Épire, bastion de hautes terres au-dessus de la mer Ionienne, vouée à la forêt et aux pâturages pelés, a longtemps souffert du voisinage d'une frontière hostile avec l'Albanie, avant d'en faire un atout de l'échange et du passage. Plus méditerranéen, s'enorgueillissant de sa résistance aux Turcs, le Péloponnèse méridional (Messénie, Arcadie, Laconie) est durablement installé dans la régression, puis la stagnation, démographique. Le troisième type caractéristique est constitué par les îles Égéennes. Dispersé aux quatre vents de la mer, c'est un monde aux mille facettes changeantes : îles de marins (Andros ou Chios), îles de terriens (Mytilène ou Naxos), île de mineurs (Milos), ce fut un univers longtemps hostile que l'on fuyait pour Le Pirée ou les mers lointaines, avant que le tourisme estival ne lui trouve de nouveaux charmes. Enfin, à l'autre extrémité du pays, la Macédoine orientale et la Thrace appartiennent déjà à l'Europe centrale. Terres à blé et à tabac, mais aussi espaces des minorités turques exclues de l'échange forcé des populations de 1922, ces régions ont longtemps souffert de leur situation géographiquement excentrique avant que l'ouverture vers la Bulgarie, le tourisme international ou les tensions extérieures aidant, on ne retrouve les vertus du passage historique.

Métropolisation et développement touristique : des remaniements des dynamismes géographiques

Les résultats du recensement de 2001 ont retouché cette architecture de l'espace grec, qui semblait immuable. L'immigration étrangère a redressé la démographie du pays. Mais tout aussi significatives apparaissent les poussées inégales de cette croissance inespérée. L'Attique, qui contient l'essentiel de la région urbaine-capitale, a connu un rythme d'évolution égal au reste du pays, et représente toujours, avec ses 3,8 millions d'habitants, un bon tiers de la population nationale. Pourtant le phénomène le plus inattendu est sans doute l'effritement de la colonne vertébrale du développement grec, de Patras à Thessalonique. Dans le Péloponnèse, l'Akhaïe (le département de Patras) et la Corinthie ne font guère mieux que la moyenne nationale. Vers le nord, en Grèce centrale et en Thessalie, l'axe est véritablement coupé. Il faut atteindre les confins macédoniens de la métropole du nord, pour retrouver de fortes croissances. Les dissymétries régionales ne sont plus le maître mot de l'espace grec.

La métropolisation les a supplantées. À elles seules, les deux régions métropolitaines du pays dépassent 45 p. 100 de la population totale. Bientôt, la barre symbolique de la moitié sera franchie. Partie tard, l'urbanisation grecque a atteint rapidement des records extrêmes, même si dans tous les départements, les petites villes, dopées par les services publics (éducation, santé) et privés (commerces), accueillent l'essentiel des dynamismes. Seule la Crète (620 000 habitants environ), paraît échapper à cette exclusivité de la croissance hypertrophiée, certainement parce qu'elle a connu un exode rural plus limité et qu'elle a su avec bonheur concilier développement agricole, expansion industrielle et tertiaire, et progression touristique.

En fait, l'influence du tourisme, notamment littoral, est la deuxième tendance remarquable. De nombreux départements insulaires sont en tête des taux de croissance démographique. Des zones de montagne, très dépeuplées, participent elles-mêmes à ce regain de vitalité. Car s'il faut compter avec les artifices des regroupements communaux introduits par le plan « Kapodistria » de 1997 et la réforme administrative « Kallikratis » de 2010, qui renforce les pouvoirs locaux, et surtout avec les enregistrements de complaisance dans les petites localités dont sont originaires nombre de citadins, le mouvement de reprise démographique est indéniable, souvent sous la dépendance des consommateurs originaires des grands centres urbains, tant les Grecs restent extraordinairement attachés à leurs contrées d'origine.

Au total, la Grèce peut laisser une impression d'incertitude. L'accroissement des inégalités sociales, l'accentuation des disparités spatiales, le creusement des déficits publics ont accompagné l'essor économique. Le rattachement au Marché commun, avant l'Espagne et le Portugal, a concrétisé cette unité. Le début du xxie siècle a été marqué par des réussites notables : métro athénien, inauguration du nouvel aéroport international Elefthérios-Vénizelos dans la capitale, ouverture du pont maritime Rion-Antirion sur le golfe de Corinthe, achèvement de la voie Egnatia entre l'Adriatique et la Turquie. Le succès des jeux Olympiques de 2004 a permis à la Grèce de faire connaître ces performances. Mais l'endettement, le déficit extérieur, l'impuissance des gouvernements successifs à régler le cours des réformes structurelles (éducation, fiscalité, intégration des étrangers) maintiennent une profonde instabilité dans la société grecque, dont la crise aiguë de 2010-2011 n'est finalement que le signe le plus apparent. L'ingéniosité historique, la flexibilité entrepreneuriale, le goût prononcé et efficace pour la consommation, autant sinon plus que pour l'investissement productif, suffiront-ils pour retrouver le rythme d'une croissance qui a étonné l'Europe et le monde ?

Pont Rion-Antirion, Grèce

Pont Rion-Antirion, Grèce

photographie

Le pont Rion-Antirion, pont à haubans reliant le Péloponnèse à la Grèce continentale, a été mis en service en 2004. 

Crédits : Freyssinet International et Cie

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Canal de Corinthe

Canal de Corinthe

photographie

Un navire dans le canal de Corinthe, voie navigable de quelque 6300 mètres de longueur entaillée dans l'isthme de Corinthe (Grèce) et utilisée par des bateaux de petit tonnage. 

Crédits : George Grigoriou, Getty Images

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—  Guy BURGEL

BIBLIOGRAPHIE

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

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Voir aussi

Pour citer l’article

Guy BURGEL, « GRÈCE - Espace et société », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/grece-espace-et-societe/