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GEMMES

Imitations

Nombreux sont les édits et ordonnances anciens destinés à réglementer le port et l'usage des pierres fausses : de tout temps, en effet, l'homme a fabriqué divers produits pour simuler, avec plus ou moins de bonheur, les gemmes.

Les verres

Produits amorphes fabriqués à partir de silice, d'oxydes alcalins ou alcalino-terreux (sodium, potassium, baryum) et d'oxydes métalliques (plomb, cuivre, cobalt), lesquels engendrent éclat (ex. : strass) et couleur, les verres servent à imiter toutes les gemmes (diamants, rubis, saphir, émeraude, turquoise, cornaline, jade, opale, lapis-lazuli...).

Les « crown », verres à base de silicium, potassium, sodium et calcium, moins chers, ont un indice de réfraction faible ; aussi leur culasse est-elle le plus souvent enduite d'un amalgame de mercure, sorte de miroir qui renvoie vers la table la lumière pénétrant cette imitation (« simili »). Les « flints », à base de silicium, de potassium, de sodium et de plomb (ou parfois de thallium), ont un indice de réfraction plus élevé et une forte dispersion (« strass », ainsi nommés d'après le chimiste autrichien Joseph Strass). La couleur des différents verres est obtenue par l'addition d'un faible pourcentage d'éléments chromogènes, le plus souvent des métaux de transition à l'état d'ions convenables seuls ou en mélange ; par exemple : cuivre, or, sélénium, pour le rouge ; cadmium, fer, uranium, pour le jaune ; chrome, fer, cuivre, pour le vert ; cobalt pour le bleu... ; il arrive fréquemment que l'on disperse dans les verres des nappes de bulles pour imiter les givres des gemmes, des « charges » diffusantes colorées pour imiter les pierres ornementales telles que les calcédoines, et même des éléments métalliques, cristallisation secondaire de lamelles de cuivre pour imiter les pierres de soleil.

Les imitations de perles

C'est au xviie siècle que le Français Jaquin découvre qu'un enduit à base d'extraits d'écailles d'ablettes avait un aspect nacré évoquant l'« orient » des perles fines. La macération d'écailles de poissons dans un solvant organique produit ainsi l'« essence d'orient », qui constitue l'élément essentiel des imitations de perles. Les imitations anciennes sont constituées d'une sphère de verre transparent soufflé, enduite intérieurement d'« essence d'orient », puis remplie de cire afin d'en améliorer la solidité ; ces imitations sont fragiles, mais souvent convaincantes. Les imitations récentes sont formées d'une bille de verre opalescente recouverte extérieurement de plusieurs couches d'« essence d'orient » : ces imitations sont résistantes aux chocs, mais peuvent s'« écailler » facilement, contrairement aux précédentes.

Les doublets

Les doublets stricto sensu sont des pierres composites qui peuvent simuler toutes les pierres transparentes. La matière formant la table, qui assure au doublet son éclat et sa dureté, est généralement réunie au niveau du rondis à celle formant la culasse, qui constitue la masse et donne sa couleur à la production. Les doublets grenat-verre coloré étaient connus dès le ve siècle après J.-C.. Les doublets saphir vert - saphir synthétique, récents, se vendent fréquemment, en Thaïlande notamment.

Les triplets

Les triplets, ou doublets sensu lato, sont constitués de deux lames cristallines incolores, réunies au niveau du rondis par une mince couche d'émail coloré qui donne sa couleur à la production ; ce sont notamment les doublets quartz-émail vert-quartz, les doublets spinelle synthétique-émail coloré-spinelle synthétique (de toutes couleurs, qui peuvent imiter toutes les gemmes : émeraude, topaze, améthyste, etc.), les doublets béryl-émail vert-béryl. On peut rattacher à ce type les doublets opale-ciment noir-verre[...]

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Écrit par

  • : directeur du service public du contrôle des diamants, perles fines et pierres précieuses de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris
  • : docteur ès sciences, maître assistant au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, conservateur des collections minéralogiques au Muséum d'histoire naturelle de Paris, directeur général de la revue Gemmologie

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Gemma Augustea, art romain - crédits :  Bridgeman Images

Gemma Augustea, art romain

Diamant en forme de brillant rond - crédits : Encyclopædia Universalis France

Diamant en forme de brillant rond

Octaèdre de diamant : position de la pierre - crédits : Encyclopædia Universalis France

Octaèdre de diamant : position de la pierre

Autres références

  • AGATE

    • Écrit par Yves GAUTIER
    • 710 mots
    • 1 média

    Dioxydes de silicium, les agates appartiennent au groupe des quartz microcristallins, comme les calcédoines et les jaspes. Elles se distinguent facilement des calcédoines car elles présentent une coloration zonée concentrique, sinueuse ou bréchique. Elles peuvent être cependant confondues avec l'onyx...

  • AIGUE-MARINE

    • Écrit par Yves GAUTIER
    • 1 151 mots

    L'aigue-marine est la variété bleue et limpide du béryl, un cyclosilicate de béryllium. Sa couleur présente de nombreuses nuances en fonction de la provenance de la pierre : bleu pâle, bleu, bleu-vert. Pierre fine recherchée en joaillerie, elle est d'autant plus appréciée que sa couleur...

  • ALMANDIN

    • Écrit par Yves GAUTIER
    • 330 mots

    Nésosilicate de fer et d'aluminium, l'almandin est le grenat le plus commun. Il se présente sous forme de cristaux rhombododécaédriques, souvent centimétriques, de couleur rouge à rouge foncé avec des nuances violacées ou brunes.

    Formule : Fe3Al2(SiO4)3 ; système : cubique ; dureté...

  • AMBRE

    • Écrit par Christine FLON
    • 1 674 mots
    • 2 médias
    Parmi les gemmes convoitées, l'ambre occupait autrefois une place particulière : alors qu'il fallait arracher à la terre la plupart des pierres précieuses, l'ambre s'offrait à l'homme comme un don de la mer qu'il suffisait de ramasser après chaque tempête. Dans la première moitié du III...
  • Afficher les 28 références

Voir aussi