TOPAZE

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Nésosilicate fluorifère d'aluminium, la topaze est une gemme de valeur, très appréciée sur le marché des joailliers. La couleur caractéristique est le jaune miel, mais elle peut être incolore ou prendre diverses teintes – jaune vif, rose pâle à rose vif, bleu clair, brun orangé ou, plus rarement, vert pâle –, ce qui rend son identification parfois difficile. Elle se distingue cependant par une grande dureté, une forme cristalline en prismes trapus, centimétriques, à faces finement striées dans la direction du grand axe, un franc clivage basal et un pléochroïsme souvent observable.

Topaze

Photographie : Topaze

La topaze, nésosilicate fluorifère d'aluminium, est un minéral typique des pegmatites cristallisant dans les cavités et les filons de ces roches granitiques. Les plus belles gemmes sont jaunes, oranges (topaze impériale), bleues ou roses. On trouve aussi des topazes incolores, rouges ou... 

Crédits : Fabreminerals.com

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formule : Al2[SiO4](F,OH)2 ;

système : orthorhombique ;

dureté : 8 ;

poids spécifique : 3,49-3,60 ;

éclat : de vitreux à adamantin ;

transparence : de transparente à translucide ;

cassure : conchoïdale, irrégulière.

Les topazes d'antan

La topaze est connue depuis l'Antiquité. À cette époque, on qualifiait de « topaze » toutes les pierres précieuses de couleur jaune ; à l'inverse, les topazes incolores étaient prises pour des diamants. Il est vrai que la confusion est possible.

L'origine du mot topaze est incertaine. Ce terme pourrait provenir du grec topazos, du nom d'une île anciennement grecque, située en mer Rouge, où l'on trouve de la chrysolite, un péridot (olivine) jaune qui a longtemps été confondu avec la topaze. D'autres minéralogistes pensent qu'il est issu du sanscrit tapas ou tupas, « feu ».

Les Anciens prêtaient à la « topaze » le pouvoir de calmer les passions, de protéger les récoltes de la grêle et d'éloigner la peste. On dit que le pape Clément VI (1291-1352) portait une bague ornée d'une topaze, qu'il passait sur les bubons des pestiférés afin de les guérir. De fait, au Moyen Âge, la topaze était l'une des sept pierres qui représentaient les dons du Saint Esprit.

On doit au minéralogiste français Jean-Romé de l'Isle (1736-1790), auteur du célèbre Essai de cristallographie (1772), de désigner par topaze le minéral actuellement connu comme tel. Cependant, aujourd'hui encore, de nombreuses appellations incorrectes perdurent. Par exemple, les topazes de Bohême, de Bahia, d'Écosse ou d'Espagne sont en fait des citrines (un quartz jaune) ; la topaze fumée est un quartz enfumé ; la topaze orientale, un saphir jaune ; les topazes de Palmyre et de Salamanque, des améthystes chauffées ; la topaze royale, un corindon orange. Les pays qui n'adhèrent pas à la Confédération internationale de la bijouterie, joaillerie et orfèvrerie (C.I.B.J.O.) utilisent toujours ces dénominations proscrites.

La plus célèbre topaze taillée est certainement la « Bragance » (du nom de João Carlos de Bragance, deuxième duc de Lafões), qui orne la couronne portugaise, de 1 680 carats (1 carat est l'unité légale de masse des pierres précieuses et fines et vaut deux décigrammes). Elle fut découverte au Brésil au xviiie siècle par un esclave qui fut pour cela affranchi ; presque incolore, elle fut très longtemps prise pour un diamant.

Depuis lors, d'autres grands cristaux furent taillés : la topaze dite Princess, gemme facettée de 20 000 carats, trouvée aussi au Brésil, propriété de E. Swoboda à Los Angeles (États-Unis) ; une topaze jaune de 7 725 carats et une incolore de 2 680 carats exposées à la Smithsonian Institution de Washington ; une topaze bleue de 5 890 carats visible au muséum d'histoire naturelle de Chicago ; de belles pièces, dont une de 1 300 carats, présentées au British Museum de Londres.

Des cristaux géants bruts sont également conservés. Un spécimen bleu, provenant de Minas Gerais au Brésil, mesure 80 cm × 60 cm × 60 cm et pèse 300 kilogrammes ; il fait la fierté de l'American Museum of Natural History de New York. Un autre, de couleur miel clair, de même provenance, pèse 150 kilogrammes et est conservé au palais Pitti de Florence (Italie).

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Écrit par :

  • : docteur en sciences de la Terre, concepteur de la collection La Science au présent à la demande et sous la direction d'Encyclopædia Universalis, rédacteur en chef de 1997 à 2015

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Pour citer l’article

Yves GAUTIER, « TOPAZE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/topaze/