FORME, musique

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les formes dans la musique instrumentale

Issue de la musique vocale et influencée par la danse, la musique purement instrumentale s'épanouit en se structurant comme un discours, selon les règles de la rhétorique, oscillant entre le souci de rigueur et d'équilibre d'une part, l'exubérance et l'impétuosité d'autre part. La synthèse opérée entre les différents modes d'organisation des figures musicales, la dynamique propre au discours et les progrès de la facture instrumentale sont à l'origine des principales formes musicales. Ainsi les formes musicales proprement instrumentales se dégagent du modèle vocal. Elles sont une synthèse entre une attention portée à l'écriture musicale, une sensibilité au timbre de l'instrument et le goût baroque pour le contraste et la pensée rhétorique.

On peut distinguer les formes issues d'un tel goût pour le contraste et les formes de type concertant.

Pour les premières, l'habitude d'enchaîner des danses de caractères et de tempos différents a servi de référence implicite à la structuration de formes instrumentales comme la suite ou la sonate. La suite est une juxtaposition de musiques de danse contrastées qui s'impose hors de tout recours au geste. Elle est constituée en général, outre le prélude, d'une pavane, d'une gaillarde, d'une allemande, d'une courante. La sonate désigne la version instrumentale d'une pièce vocale, la cantate. On distingue la sonata da camera (de chambre), en trois mouvements, et la sonata da chiesa (sonate d'église), en quatre mouvements : allegro, adagio, menuet et finale. Au xviie siècle, les sonates de Giovanni Gabrieli sont très proches des suites de danses. Au xviiie siècle apparaît la sonate à deux thèmes et trois mouvements : vif, lent, vif. À la toute fin du xviiie, la sonate présente quatre mouvements : allegro, adagio, menuet et finale. Dans ses dernières sonates, Beethoven bouleverse cette forme jusqu'à la rendre méconnaissable en conférant une im [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

  • : musicologue, analyste, chef de chœur diplômée du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, chargée de cours à Columbia University, New York (États-Unis)

Classification

Autres références

«  FORME, musique  » est également traité dans :

LE STYLE CLASSIQUE (C. Rosen)

  • Écrit par 
  • Daniel CHARLES
  •  • 1 584 mots

Le style classique, tel que l'envisage Charles Rosen, dans Le Style classique. Haydn, Mozart, Beethoven (Gallimard, 1978, initialement paru aux États-Unis en 1971, sous le titre The Classical Style ), « c'est d'abord un tournant dans l'évolution » de la musique ? cinquante ans de musique occidentale qui précipitent, par le fait de trois compositeurs, Haydn, Mozart et Beethoven, le xviii e  siècle […] Lire la suite

WAGNÉRISME

  • Écrit par 
  • Jean PAVANS
  •  • 1 860 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L’œuvre d’art totale »  : […] Le wagnérisme en tant que doctrine de Wagner est avant tout une esthétique du drame musical, exposée dans ses traités Das Kunstwerk der Zukunft ( L'Œuvre d'art de l'avenir , 1849) et Oper und Drama ( Opéra et drame, 1851) , et résumée par le terme allemand de Gesamtkunstwerk , ou « œuvre d'art totale », dont la tragédie antique grecque est le modèle perdu, devant être retrouvé par d'autres moyens […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Juliette GARRIGUES, « FORME, musique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/forme-musique/