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ÉTHIQUE À NICOMAQUE, Aristote Fiche de lecture

Modernité d'Aristote

L'analyse des fins de l'homme, l'attention aux situations, le refus des facilités supposées de l'idéalisme n'ont cessé d'alimenter la pensée politique (par exemple le De Monarchia de Dante), puis les « sciences morales » et les sciences humaines (sociologie, anthropologie, psychologie...) qui en ont pris le relais. La morale d'Aristote nourrit encore la philosophie la plus contemporaine, et aussi bien – fait remarquable – les traditions « continentales » qu'« anglo-saxonnes ». Les cours consacrés par le jeune Heidegger, dans les années 1920, à l'Éthique à Nicomaque, suivis par Hans Georg Gadamer, Hannah Arendt, ou encore Leo Strauss, ont directement influencé l'herméneutique et ce qu'on appelle parfois l'anthropologie philosophique (en Allemagne, les travaux de Rieter, Itting, Riedel, voire Le Principe responsabilitéde Hans Jonas ; en Italie, ceux surtout d'Enrico Berti). Émigrés aux États-Unis, Arendt et Strauss ont puissamment contribué au renouveau de la philosophie politique, faisant d'Aristote une référence obligée (MacIntyre, Nussbaum, Taylor, et parmi les Français Pierre Manent). De leur côté, Elisabeth Anscombe, Georg Henrik von Wright (tous deux disciples de Wittgenstein), Donald Davidson, suivis en France par Pascal Engel ou Ruwen Ogien, ont repris la description aristotélicienne de l'action humaine et le problème du syllogisme pratique, pierre d'achoppement de toute tentative de « naturaliser » la morale.

— François TRÉMOLIÈRES

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François TRÉMOLIÈRES. ÉTHIQUE À NICOMAQUE, Aristote - Fiche de lecture [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

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Aristote - Stagire (Macédoine) - crédits : Argus/ Fotolia

Aristote - Stagire (Macédoine)

Autres références

  • ARISTOTE (env. 385-322 av. J.-C.)

    • Écrit par Pierre AUBENQUE
    • 23 786 mots
    • 2 médias
    Ainsi, dès le début de l'Éthique à Nicomaque, utilise-t-il l'exemple des techniques (médecine, construction navale, stratégie, économie) pour faire comprendre que chaque activité tend vers un bien, qui est sa fin. Mais, comme ces biens sont aussi divers que les activités correspondantes – la...
  • BONHEUR

    • Écrit par André COMTE-SPONVILLE
    • 7 880 mots

    Tout homme veut être heureux, et cela suffit peut-être à définir, au moins provisoirement, le bonheur : il est ce que chacun désire, non en vue d'une autre chose (comme on désire l'argent pour le luxe ou le luxe pour le plaisir) mais pour lui-même, et sans qu'il soit besoin – ni, d'ailleurs, possible...

  • BONHEUR (notions de base)

    • Écrit par Philippe GRANAROLO
    • 2 593 mots
    ...des autres vivants – est qu’il possède la raison. Vivre selon la raison, mener une existence dirigée par notre intellect est la garantie du bonheur. « Ce qui est propre à chaque chose est par nature ce qu’il y a de plus excellent et de plus agréable pour cette chose. Et pour l’homme, par suite, ce sera...
  • DE L'ESSENCE DE LA VÉRITÉ et PLATON LE SOPHISTE (M. Heidegger) - Fiche de lecture

    • Écrit par Francis WYBRANDS
    • 599 mots

    Il faut espérer que la traduction des tomes 19 et 34 de la Gesamtausgabe, qui rassemblent les cours des semestres d'hiver 1924-1925 et 1931-1932 : Platon « Le Sophiste » (Gallimard, 2001) et De l'essence de la vérité. Approche de l'« allégorie de la caverne » et du « Théétète » de...

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Voir aussi