ESPRIT, philosophie

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La philosophie orientale

Dans l'Inde ancienne, le Lankāvatārasūtra évoque un esprit correspondant à une construction mentale qui mène à la connaissance objective. Pour les Chinois de l'Antiquité, l'esprit, c'est Xin. Chez Zhuang Zhou, il se situe, en marge de la connaissance, entre l'intellect (discursif) et l'âme. On connaît mieux grâce à l'intuition qui survient après la concentration de l'attention-cœur-esprit, cette concentration produisant un vide illuminant de l'âme. Dati distingue de facto le cœur et l'esprit, tout en les disant complémentaires, en tant que formant la nature humaine et constituant une faculté supérieure par opposition à l'infériorité des sensations. Sous le vocable de pensée, on peut trouver, avec l'école meïtiste (iiie av. J.-C.), d'une part, la connaissance (rencontre entre le sujet et l'objet : la pensée et les sens), ensuite, la compréhension par l'esprit éclairant, enfin, la cogitation (la pensée sur elle-même). En général, le problème des rapports entre l'esprit et le corps a donné lieu, en Chine, à une controverse qui s'est étendue sur plusieurs siècles et qui a insisté tour à tour sur différentes conceptions de l'esprit : une illumination obtenue par un organe opérant dans la spontanéité et par jaillissement (Huineng) ; une énergie spirituelle anti-intellectualiste (école de dhyāna) ; un contenant extensible, que l'homme peut agrandir afin que la pensée ne reste pas dans les limites des sensations (Zhang Zai) ; un principe naturel actif qui n'est en liaison qu'avec la matière (Zhu Xi) ; notre conscience, qui comprend l'univers, avec un pouvoir existentialisant (Wang Shouren), etc.


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Pour citer l’article

Pierre CLAIR, « ESPRIT, philosophie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/esprit-philosophie/