DIPTÈRES

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Comme leur nom l'indique, les Diptères (mouches, moustiques, etc.) sont des Insectes qui ne possèdent qu'une seule paire d'ailes fonctionnelles ; les ailes postérieures sont transformées en « balanciers » à rôle sensoriel et leur régression entraîne des modifications du thorax, lequel est presque exclusivement formé du mésothorax. Les pièces buccales forment une trompe piqueuse ou suceuse. Le développement est holométabole : les larves, toujours apodes, se métamorphosent en nymphes ; celles-ci peuvent être mobiles (moustiques), d'autres sont enfermées dans une enveloppe dure ou puparium (mouches). L'écologie des Diptères est extrêmement variée ; le plus souvent, larves et adultes ont des comportements très différents. Les nombreuses espèces prédatrices, parasites ou hématophages confèrent aux Diptères une grande importance en entomologie agricole, médicale ou vétérinaire ; certaines espèces transmettent de graves maladies comme le paludisme, la maladie du sommeil, la fièvre jaune.

Étude d'un type : la mouche à viande

L'insecte adulte

Morphologie

La tête est occupée en grande partie par les deux gros yeux composés, mais elle comprend également : la région postérieure occipitale ; le front (vertex) qui porte les trois occelles ; la face caractérisée par les deux cavités dans lesquelles se logent les antennes, formées de trois articles dont le dernier, le plus gros, porte les pores olfactifs et une longue soie, l'arista ; la région inférieure prolongée par l'appareil buccal qui forme une trompe.

Calliphora : tête et trompe

Dessin : Calliphora : tête et trompe

Tête et trompe de Calliphora : vue d'ensemble (a) et coupe transversale de la trompe (b) 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Celle-ci comporte d'abord un cône buccal renforcé par une pièce sclérifiée : l'étrier ou fulcrum, et portant les palpes. La trompe proprement dite (haustellum) se compose d'une lèvre supérieure (labre) et d'une lèvre inférieure (labium) entre lesquelles se loge l'hypopharynx. Mandibules et maxilles ont disparu mais les palpes maxillaires sont bien développés ; quant au labium, il est profondément modifié par rapport au type broyeur de l'insecte primitif : il s'épaissit pour former une gouttière (qui contient le labre et l'épipharynx) et son extrémité distale constitue une ventouse composée de labelles correspondant aux paraglosses. La membrane qui recouvre les labelles contient des canaux, dénommés « pseudotrachées » en raison de leur apparence, qui communiquent avec l'ouverture buccale et servent à la succion des liquides. La trompe des mouches est rétractile et son extension se produit sous l'action de sacs à air céphaliques et de la pression sanguine. La rétraction est provoquée par l'action de muscles spéciaux.

Calliphora : tête et trompe

Dessin : Calliphora : tête et trompe

Tête et trompe de Calliphora : vue d'ensemble (a) et coupe transversale de la trompe (b) 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le thorax est caractérisé par le grand développement du second segment (mésothorax), les deux autres (prothorax et métathorax) étant extrêmement réduits. Cette prépondérance du mésothorax, qui porte les ailes, est liée au grand développement des muscles alaires. Le mésothorax est lui-même secondairement divisé par de nombreuses sutures ; dans la partie dorsale (tergite), le mésonotum, seul visible, se divise en préscutum, scutum, scutellum.

Calliphora : vue latérale

Dessin : Calliphora : vue latérale

Vue latérale de Calliphora 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Sur chacun des trois segments thoraciques se fixe une paire de pattes se terminant par un tarse à cinq articles. Le dernier article du tarse est adapté à la marche sur les surfaces lisses et porte, en plus des griffes, des pelotes ou pulvilles, garnies de poils adhésifs, qui permettent à l'insecte de marcher sur les vitres ou sur les plafonds. Entre les deux pulvilles se trouve une longue soie sensorielle : l'empodium.

Les ailes fixées latéralement sur le mésothorax ont une nervation simple, caractérisée par la courbure de la médiane dans sa partie distale ; la base de l'aile présente un lobe auxiliaire : l'alule. Il existe, en outre, entre l'alule et le thorax deux écailles membraneuses bordées de poils : les cuillerons. Les Diptères moins évolués présentent une nervation plus complexe.

Calliphora : vue dorsale

Dessin : Calliphora : vue dorsale

Vue dorsale de Calliphora montrant aile et balancier 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les balanciers, que l'on considère comme des organes d'équilibration, proviennent de la transformation des ailes postérieures comme le montrent les spécimens aberrants de Drosophila melanogaster à quatre ailes (variété tetraptera) trouvés dans la nature ou obtenus par mutation expérimentale (Morgan et collaborateurs). Le balancier, articulé sur le métathorax, est extrêmement mobile. À sa base sont logés des organes sensoriels.

L'abdomen est théoriquement formé de dix segments, mais chez les Diptères supérieurs comme Calliphora quatre segments seulement sont visibles extérieurement. Les organes  copulateurs  ont  une  structure compliquée.

Anatomie

L'appareil digestif comporte un jabot formé d'un sac bilobé ventral. L'intestin moyen est très long et présente une région antérieure (ventricule chilifique) et une région postérieure mince. L'intestin postérieur qui se termine par une ampoule rectale donne insertion à quatre tubes de Malpighi.

L'appareil respiratoire est caractérisé par l'existence de sacs aériens, particulièrement développés dans l'abdomen. Ils servent à la respiration et favorisent le vol par déplacement du centre de gravité. On suppose que les stigmates de Calliphora sont spécialisés : seul le stigmate métathoracique serait expirateur et le bourdonnement caractéristique de la mouche bleue serait produit par l'air qui en sort. Tous les autres stigmates trachéens seraient inspirateurs.

Le système nerveux est particulièrement condensé chez Calliphora puisque tous les ganglions abdominaux sont réunis aux ganglions thoraciques pour former une masse unique logée dans le thorax. Mais certains Diptères primitifs (Nématocères) possèdent trois ganglions thoraciques et sept ganglions abdominaux distincts. Il existe d'ailleurs toutes les transitions entre ces deux extrêmes.

Le développement

Les mouches, attirées par les substances en décomposition, pondent sur les chairs avariées où se développeront les larves ou asticots. Ceux-ci produisent les enzymes attaquant les protides et les graisses mais il n'y a pratiquement pas de ferments agissant sur les glucides. Les asticots semblent donc absorber uniquement les protéines préalablement liquéfiées. Cependant on ne peut élever ces larves sur du muscle stérile et la présence de bactéries semble nécessaire à leur croissance. Les bactéries sont d'ailleurs tuées par des antibiotiques produits par la larve. Dès 1803, Larrey, chirurgien célèbre des armées de l'Empire, avait observé l'action cicatrisante des larves sur les plaies. Pendant la guerre 1914-1918, de nombreux médecins militaires avaient également constaté que des plaies envahies par des asticots, loin de s'infecter, guérissaient. Enfin, à partir de 1930, W.S. Baer, puis d'autres chirurgiens obtinrent des guérisons spectaculaires de suppuration osseuse dans certains cas d'ostéomyélites. Ces résultats surprennent quand on sait que les mouches ont toujours été considérées comme de dangereux vecteurs des maladies et que leurs larves provoquent chez l'homme [...]

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Calliphora : tête et trompe

Calliphora : tête et trompe
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Calliphora : vue latérale

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Calliphora : vue dorsale

Calliphora : vue dorsale
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Appareil buccal

Appareil buccal
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Pour citer l’article

Robert GAUMONT, « DIPTÈRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dipteres/