DEVOIR

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Le devoir désigne une action en tant qu'elle est non seulement justifiée mais exigible d'un point de vue moral. En ce sens, le devoir est distinct de la contrainte puisqu'il n'est pas l'effet mécanique d'une pression sur la volonté mais l'expression d'une obligation conçue et acceptée comme telle par le sujet agissant. Toute la difficulté, pour ce dernier, réside alors dans l'articulation entre la généralité du devoir et la particularité des circonstances de l'action concrète. Le problème philosophique du devoir est celui de son origine (métaphysique, rationnelle, affective) et des modalités de sa définition : sommes-nous toujours conscients de notre devoir ? Un conflit est-il possible entre des devoirs concurrents mais doués chacun de la même valeur morale ? Il s'agit d'un problème qui dépasse le cadre strict de l'éthique puisque l'idée de devoir renvoie aussi à celle d'un « devoir être », c'est-à-dire à une inadéquation entre le réel et l'idéal dont il reste à fonder la pertinence.

Si, dans l'histoire de la philosophie morale, l'importance du devoir apparaît surtout avec Kant (« Devoir ! mot grand et sublime »), une réflexion sur ce thème se trouve déjà engagée par les stoïciens. Absent des éthiques socratique comme aristotélicienne, qui sont davantage retenues par le concept de « vertu », le devoir est compris par Cicéron comme une forme de convenance et de rectitude dans l'action (De officiis). De ce point de vue, il ne renvoie pas spécifiquement à l'homme, puisque tous les êtres possèdent une destination qui leur est propre. Surtout, le devoir n'est rien d'autre que la conformité d'une chose à sa nature et, plus généralement, à la « loi naturelle » qui est celle du cosmos. En ce sens, il n'y a nulle ruptur [...]

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Pour citer l’article

Michaël FOESSEL, « DEVOIR », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/devoir/