CRÉATIONLes mythes de la création

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Nout et Geb, papyrus

Nout et Geb, papyrus
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Prêtre en prière devant les symboles des dieux Marduk et Nabu

Prêtre en prière devant les symboles des dieux Marduk et Nabu
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D'une manière générale, on peut dire que tout mythe raconte comment quelque chose est venu à l'existence : le monde, l'homme, telle espèce animale, telle institution sociale. Mais du fait que la création du monde précède toutes les autres, la cosmogonie jouit d'un prestige spécial. Le mythe cosmogonique sert de modèle à tous les mythes d'origine. La création des animaux, des plantes ou de l'homme présuppose, en effet, l'existence d'un monde. Même dans les cas où il n'existe pas de mythe cosmogonique au sens strict du terme (comme en Australie), il existe toujours un mythe central qui raconte les commencements du monde, ce qui s'est passé avant qu'il soit devenu tel qu'il est aujourd'hui. On trouve donc toujours une histoire primordiale, et cette histoire a un commencement : le mythe cosmogonique proprement dit ou un mythe qui nous présente le premier état, larvaire ou germinal, du monde.

Typologie des mythes cosmogoniques

Il existe un assez grand nombre de thèmes et variantes cosmogoniques, mais les plus importants se laissent classer en quatre catégories.

1. Les mythes décrivant la création du monde par la pensée, la parole (le « verbe ») ou l'« échauffement » d'un dieu.

2. Les mythes mettant en vedette le « plongeon » cosmogonique : Dieu, un animal ou un personnage mythique plonge au fond de l'Océan primordial et en rapporte un peu de glaise, à partir de laquelle est formée la Terre. En Sibérie et dans l'Asie centrale, ces mythes ont reçu une interprétation dualiste.

3. Les cosmogonies qui expliquent la création par la division d'une matière primordiale non différenciée. On distingue au moins trois variantes importantes :

a) l'unité primitive représente le couple Ciel-Terre étroitement embrassé, et leur séparation équivaut à un acte cosmogonique (thème connu également sous le nom de « Parents du monde ») ;

b) l'état originel est décrit comme une masse amorphe, le Chaos ;

c) l'unité primordiale est imaginée comme un œuf englobant la totalité cosmique, ou comme un œuf flottant dans l'Océan primordial. La Création commence avec la division de l'œuf.

4. La cosmogonie comme résultat du démembrement d'un géant anthropoforme ou d'un monstre marin ophidien. Il importe de distinguer deux types différents :

a) l'immolation librement consentie, ou supposée telle, d'un être primordial anthropomorphe (Purusha, dans la mythologie védique ; P'an-ku, dans les traditions chinoises, etc.) ;

b) le combat victorieux d'un dieu contre un monstre marin, suivi de son morcellement (Tiamat, dans la mythologie mésopotamienne).

Cette classification sommaire ne recouvre pas la totalité des mythes cosmogoniques ; en outre, il faut tenir compte du fait que certains thèmes peuvent être classés en plusieurs catégories.

Création par la pensée, la parole et l'échauffement d'un dieu

Selon un mythe des Indiens Winnebago, le Père créa le monde par la pensée. Il pensa et désira la lumière et la Terre – et la lumière et la Terre apparurent. Les Omaha estiment que « au commencement, toutes les choses étaient dans la pensée de Wakonda. Toutes les créatures, l'homme inclus, étaient des esprits. » Finalement Wakonda créa la Terre, et alors « les esprits descendirent et devinrent chair et sang ». Les Uitoto de la Colombie ont élaboré une cosmogonie encore plus audacieuse : au commencement, tout était « apparence, phantasme, illusion ». Le Père lui-même rêvait, mais par le truchement de ses rêves il réussit à capturer ces phantasmes et les transforma en réalités palpables. Ainsi le monde vint à l'existence.

Un mythe cosmogonique polynésien décrit un commencement où n'existaient que les Eaux et les Ténèbres. Io, le Dieu suprême, sépara les Eaux par la puissance de la pensée et de ses paroles, et créa le Ciel et la Terre. Il dit : « Que les Eaux se séparent, que les Cieux se forment, que la terre soit ! » – et aussitôt apparut la lumière. Une cosmogonie similaire se rencontre en Égypte, élaborée surtout dans la théologie memphite : le dieu Ptah créa l'Univers par son cœur (c'est-à-dire son esprit et sa volonté) et par sa langue (son Verbe).

Quant à la création par l'échauffement (et la sudation) d'un être divin, le mythe est attesté surtout dans les cosmogonies des Indiens de l'Amérique du Nord. Mais le thème se rencontre également dans les traditions védiques et brahmaniques. Selon le fameux hymne du Rig Veda, x, 129, au commencement il n'existait ni le Non-Être ni l'Être ; dans les ténèbres et l'indistinct l'Un prit naissance par l'échauffement. Le Shatapatha Brâhmana explique l'apparition de l'Œuf d'or comme le résultat de l'« ardeur » des Eaux primordiales. Selon le Taittirîya Brâhmana, « au commencement rien n'existait. Le Ciel n'existait pas, ni l'espace intermédiaire. Le Non-Être seul existant se fit esprit en disant : « Que je sois. » Il s'échauffa ; de cet échauffement naquit la fumée. Il s'échauffa davantage ; de cet échauffement naquit le feu. Par échauffement progressif naissent la lumière, puis les éléments, finalement Prajâpati, qui créa tout l'univers.

Un thème similaire est la création par émanation ou par la transformation de l'être divin en un agent cosmique actif. Les cosmogonies par émanation ont été élaborées surtout dans l'Égypte ancienne. La création par la transformation de l'être divin présente de nombreuses variantes. En voici un exemple typique, emprunté à la mythologie Zuni : au commencement, il n'existait que Awonawilona, le Créateur. Il se transforma en Soleil, et, de sa propre substance, il produisit deux germes avec lesquels il imprégna les Eaux. Une écume apparut sur les vagues, qui donna forme plus tard au Père-Ciel et à la Terre-Mère.

L'élément commun de toutes ces cosmogonies est l'idée que le monde dérive directement du Créateur : de ses rêves, de sa pensée, (ou de son cœur), de son verbe, de sa transpiration (« échauffement ») de sa substance. La puissance démiurgique du Créateur se manifeste indifféremment par son « esprit » (rêve, pensée, verbe) ou par son « corps » (sueur, transformation, émanation). Seulement dans les spéculations cosmogoniques indiennes, la puissance créatrice de l'échauffement (« l'ardeur » obtenue par l'ascèse) semble précéder l'apparition de l'Être et, par conséquent, du principe créateur.

Le plongeon cosmogonique

Éléments communs

Le scénario comporte les éléments suivants : au commencement n'existaient que les Eaux ; Dieu ordonne à un animal amphibie de plonger au fond de l'Océan et de lui rapporter une poignée de terre ; à la troisième immersion, l'animal réussit à rapporter un peu de glaise, et avec cette infime particule Dieu forme la Terre. Il s'agit très probablement d'un mythe cosmogonique fort ancien, car sa diffusion est considérable. Dans l'Inde, l'animal plongeur est un sanglier. Il descend au fond des Eaux et soulève la Terre. Mais l'identité de ce sanglier cosmogonique a été différemment interprétée au cours des âges. La Taittirîya Samhitâ présente Prajâpati se mouvant comme le vent au-dessus des vagues. Il vit la Terre et, se transformant en sanglier, descendit dans les profondeurs et la souleva. Le Taittirîya Brâhmana donne plus de précisions : au commencement, alors que n'existaient que les Eaux, Prajâpati vit une feuille de lotus et pensa : « Il y a quelque chose sur quoi elle repose. » Il prit la forme d'un sanglier, plongea et trouva de la terre. En détachant une partie, il revint à la surface et l'étendit sur la feuille de lotus. Dans le Râmâyana ce rôle est dévolu à Brahmâ. Mais, dans le Vishnu Purâna, la coalescence entre Brahmâ et Vishnu est déjà parfaite : Brahmâ-Vishnu, sous la forme d'un sanglier, descend au fond de l'Océan et soulève la Terre. Dans le Bhâgavata Purâna le sanglier est un avatar de Vishnu.

Le fait que c'est un grand dieu qui plonge sous l'aspect thériomorphe souligne l'archaïsme du mythe (en effet, on ne trouve pas ce motif chez les peuples pasteurs de l'Asie centrale). Le mythe du plongeon cosmogonique est attesté chez plusieurs populations aborigènes de l'Inde, surtout chez des tribus Munda. Voici comme le racontent les Birhor du Chota Nagpur : l'esprit suprême Singbonga, qui se trouvait dans le monde inférieur, s'éleva à la surface des Eaux par la tige creuse d'un lotus. Il s'assit sur la fleur de lotus et ordonna à la tortue de lui apporter du fond un peu de limon. La tortue s'exécuta, mais, dans sa remontée vers la surface, le limon fut lavé. Singbonga intima alors au crabe l'ordre de plonger. Celui-ci rapporta du limon dans ses pattes, mais, comme la tortue, il le perdit en remontant. Finalement, Singbonga envoya la sangsue : elle avala un peu de limon et le dégorgea dans la main de l'Esprit suprême, qui en fit la Terre. Des mythes plus ou moins similaires sont attestés chez les Santals, en Assam, et chez les Négritos Semang de la péninsule malaise. Sporadiquement, le mythe du plongeon cosmogonique se rencontre en Indonésie et en Mélanésie. En Micronésie le mythe subit un processus d'érosion et de contamination avec d'autres motifs mythiques et finit par disparaître.

La création du dieu et les forces du mal

Dans les mythes des Indiens de l'Amérique du Nord, les animaux plongeurs sont des oiseaux aquatiques, mais aussi des quadrupèdes nageurs, des crustacés, des poissons. En Sibérie et dans l'Asie centrale, le thème de l'immersion est intégré dans une cosmogonie « dualiste ». Selon un mythe samoyède, Num, le Dieu suprême, ordonne à des cygnes et à des oies de plonger, afin de voir s'il existe de la terre au fond des Eaux. Les oiseaux reviennent sans avoir rien trouvé. Dieu dépêche alors le plongeur polaire. Après six jours celui-ci revient à la surface : il a aperçu de la terre, mais il n'avait plus la force d'en rapporter. L'oiseau ljuru plonge à son tour et, le septième jour, il revient avec un peu de boue dans son bec. Alors que Num avait déjà créé la Terre, « de quelque part » arriva un « vieux » qui lui demanda la permission de se reposer. Num commença par refuser, lui intimant de plonger et de se procurer de la terre, mais, finalement, il céda. Le matin, il surprit le vieux sur le bord de l'île, en train de la détruire. Il en avait déjà détruit une bonne partie. Num le somma de s'en aller, mais le vieux demanda autant de terre qu'il pouvait en couvrir avec la pointe de son bâton. Il disparut dans ce trou, après avoir déclaré que dorénavant il habiterait là et ravirait les hommes. Consterné, Num reconnut son erreur : il avait pensé que le vieux voulait s'installer sur la Terre, et non pas sous elle. La leçon secrète du mythe est que Num n'a rien à voir avec les forces du mal qui ravagent sa création et n'est pas non plus directement responsable de la mortalité des humains.

Élaborations dualistes

Dans d'autres mythes, Dieu n'est plus seul à planer au-dessus des Eaux. Il rencontre un homme ou le Diable, et lui ordonne de plonger et de lui rapporter une poignée de terre. Le Diable essaie de garder la terre pour lui seul, ou, une fois la création achevée par Dieu, s'efforce de la ruiner. Il réussit à introduire le mal dans le monde, et pour cette raison Dieu le maudit. Par là il se révèle l'ennemi à la fois de Dieu et des hommes. Ainsi, dans un mythe des Tatars de l'Altaï, Dieu et l'homme nageaient ensemble sous la forme d'oies noires. Dieu envoya l'homme chercher du limon. Mais l'homme en garda un peu dans sa bouche, et lorsque la Terre se fut mise à grandir, le limon commença à gonfler. Il fut obligé de le cracher, donnant ainsi naissance aux marais. Dieu lui dit : « Tu as péché, et tes sujets seront mauvais. Mes sujets seront pieux. »

Attesté aux confins orientaux de la Sibérie (Samoyèdes, Tchouktches, Yukagirs), le mythe cosmogonique « dualiste » connaît une énorme diffusion en Asie centrale et septentrionale, aussi bien chez les Turcs (Altaïques, Tatar-Lebed, etc.) que chez les Mongols (Mongols et Bouriates). On le rencontre également chez les peuples ougriens de la Russie européenne (Ostyaks, Vogouls, Tcheremiss, Mordvins) et, intégré dans le folklore chrétien, en Ukraine, en Pologne, chez les Baltes, les Finlandais, les Roumains et les Bulgares. O. Dähnhardt et Uno Harva croyaient que ce mythe était le résultat de l'amalgame de deux motifs différents : le thème des Eaux primordiales, originaire de l'Inde, et le thème dualiste, d'origine iranienne. L'amalgame se serait effectué en Iran ; de là, par l'intermédiaire de sectes chrétiennes hérétiques, le mythe aurait été diffusé dans l'Asie centrale, en Sibérie et, finalement, en Amérique du Nord. L'hypothèse ne s'impose pas, car le mythe n'est pas attesté en Iran, là où, selon Dähnhardt, aurait pris place la fusion des deux motifs. En outre, il importe de tenir compte des faits suivants : que l'élément « dualiste » n'est pas organiquement dépendant du thème du plongeon cosmogonique ; qu'il est imprudent de faire dériver toute forme d'antagonisme du dualisme iranien. À des niveaux de culture sensiblement plus anciens que le dualisme iranien, plusieurs formes d'antagonisme sont déjà attestées (conflit Lumière-Ténèbres, mythologies lunaires, etc.). Bien que l'opposition entre deux êtres surnaturels soit longuement évoquée dans de nombreux mythes nord-américains, il est significatif que ce thème ne soit jamais intégré dans le mythe du plongeon cosmogonique.

Dépendant de l'image des Eaux primordiales, le thème du plongeon cosmogonique doit être très ancien. Il s'est vraisemblablement diffusé à partir d'un centre unique. La pénétration du mythe en Amérique avant le IIIe millénaire indique qu'il était déjà connu des populations préhistoriques de l'Asie centrale et septentrionale. Très probablement, la forme originelle du mythe présentait le Créateur plongeant lui-même au fond des Eaux, sous la forme d'un animal, pour en ramener la substance nécessaire à la création de la Terre. Cette forme se rencontre dans l'Inde et dans quelques versions nord-asiatiques et nord-américaines.

L'épisode du Créateur thériomorphe plongeant au fond de l'Océan a été élaboré plus tard, dans ce qu'on pourrait appeler la deuxième phase du mythe, en ces termes : le Créateur envoie plonger des animaux, ses serviteurs ou ses auxiliaires. C'est à partir de cette deuxième phase que se développent les possibilités dramatiques et, en dernière instance, « dualistes » du plongeon cosmogonique. Les péripéties du plongeon et de l'œuvre cosmogonique qui lui fait suite sont invoquées désormais pour expliquer les imperfections de la Création. Comme ce n'est plus le Créateur lui-même qui plonge pour se procurer la substance de la Terre, mais que la besogne est accomplie par un de ses auxiliaires ou un de ses serviteurs, il devient possible d'introduire dans le mythe, grâce justement à cet épisode, un élément d'insubordination, d'antagonisme ou d'opposition. L'interprétation « dualiste » de la Création a été rendue possible par la transformation progressive de l'auxiliaire thériomorphe de Dieu en son « serviteur », son « compagnon », et finalement son adversaire.

La division de la matière primordiale

Les Parents du monde

Selon la tradition transmise par Hésiode dans sa Théogonie, « Terre [Gaïa], elle, d'abord enfanta un être égal à elle-même, capable de la couvrir tout entière, Ciel [Ouranos] étoilé, qui devait offrir aux dieux bienheureux une assise sûre à jamais » (trad. P. Mazon). Ce couple primordial donna naissance à la famille innombrable des dieux, des cyclopes et des autres êtres mythiques. Comme il les « haïssait dès le premier jour », Ouranos les cachait dans le corps de la Terre (Gaïa), qui souffrait et gémissait. Encouragé par Gaïa, le dernier des enfants, Kronos, attend que son père s'approche de la Terre, comme il le faisait toujours à la tombée de la nuit, lui coupe l'organe générateur et le jette dans la mer. La mutilation d'Ouranos met un terme à ses créations et, par là même, à sa souveraineté. Ouranos, le Ciel, s'éloigne définitivement de la terre.

Le motif cosmogonique du couple primordial Ciel-Terre est présent dans beaucoup de mythologies. Les Maoris appellent le Ciel Rangi et la Terre Papa ; au commencement, pareils en cela à Ouranos et à Gaïa, ils étaient réunis en un étroit embrassement. Les enfants qui étaient nés de cet accouplement sans fin et qui, assoiffés de lumière, tâtonnaient dans les ténèbres, se décidèrent à séparer leurs parents. C'est ainsi qu'un beau jour ils coupèrent les tendons qui reliaient le Ciel à la Terre et poussèrent leur père de plus en plus haut, jusqu'à ce que Rangi fût projeté dans l'air et que la lumière fît son apparition dans le monde.

Le mythe des « Parents du monde » est extrêmement répandu en Asie du Sud-Est et en Océanie, de l'Indonésie jusqu'en Micronésie. Le motif de la séparation brutale du Ciel et de la Terre réapparaît parfois sous une forme différente ; à Tahiti, par exemple, on croit que cette opération a été effectuée par une plante qui, en poussant, a élevé le Ciel. Le thème des « Parents du monde » se rencontre également en Afrique et dans les deux Amériques. Il s'agit, à coup sûr, d'un motif archaïque. Selon la tradition sumérienne, au commencement le Ciel et la Terre étaient confondus – et le dieu Enlil les sépara. La présence d'un mythe semblable est attestée en Égypte : la Terre et le Ciel se tenaient étroitement embrassés, le dieu Geb sous la déesse Nout. Leur père, Chou, les sépara, en haussant par-dessus sa tête la déesse qui devint la voûte céleste.

Nout et Geb, papyrus

Nout et Geb, papyrus

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Pour les Égyptiens, Nout, déesse du Ciel formant la voûte des étoiles, et Geb, dieu de la Terre, étaient jumeaux et furent séparés par leur père, dieu de l'Air, Shou. Longtemps, le mythe a manifesté et fondé à lui tout seul la différence des sexes et les rôles féminin et masculin. 

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Le Chaos

Selon Hésiode (Théogonie, 116), le Chaos était avant toutes les choses. Il consistait en brumes et ténèbres, et donna naissance à Erebos et Nuit, à Éros et Désir. Dans les cosmogonies orphiques, Aither et Chaos furent engendrés par Chronos (le Temps) ; du Chaos se forma un œuf d'argent duquel sortit Phanes (Éros). Ces deux conceptions cosmogoniques trahissent une origine orientale. En effet, selon les traditions phéniciennes telles que les ont transmises Sanchoniaton et Mochos, Chaos était le principe primordial. En s'unissant à l'Esprit, il produisit le Désir. À son tour, le Désir se combina avec le Chaos et l'Esprit et engendra Mot (terme généralement rattaché à mo, eau). Celui-ci donna naissance à un œuf qui contenait en germe l'Univers tout entier. L'œuf se brisa en deux : une moitié devint le Ciel, l'autre moitié la Terre.

Dans nombre de mythologies, l'état originaire est présenté comme un vide, un abîme primordial, enveloppé dans les ténèbres. (Le terme utilisé par Hésiode, chaos, est apparenté à chasma, abîme.) L'Edda scandinave parle de ginnunga gap, « vide béant » ; dans le Genèse (i, 1), avant la Création la Terre était tôhû-wâbôhû, « désert et vide ». Un autre terme hébreu pour l'« abîme » est Tehôm, désignant les Eaux plongées dans la nuit ; Tehôm est linguistiquement identique à Tiamat, l'océan primordial de la mythologie mésopotamienne. Ces images mythiques du Chaos originaire expriment les idées de totalité confuse et amorphe, de ténèbres aquatiques et de non-existence. L'acte cosmogonique implique la séparation des eaux, l'émergence de la Terre et l'apparition de la lumière.

L'œuf cosmogonique

Selon le mythe japonais, au commencement le Ciel et la Terre, Izanagi et Izanami, n'étaient pas séparés. Ensemble, ils constituaient un chaos qui ressemblait à un œuf, au milieu duquel se trouvait un germe. Alors que le Ciel et la Terre étaient encore confondus de cette manière, les deux principes, mâle et femelle, n'existaient pas. On pourrait donc dire que le Chaos représentait la totalité parfaite et, par conséquent, aussi l'androgynie. La séparation entre le Ciel et la Terre marque en quelque manière à la fois l'acte cosmogonique par excellence et la rupture de l'unité primordiale.

Ce Chaos qui ressemblait à un œuf, et où le Ciel et la Terre étaient confondus, on le trouve dans un grand nombre de mythologies (Chine, Inde, Indonésie, Polynésie, Afrique, etc.). Dans l'Inde védique, Hiranyagarbha, l'Embryon d'or, est la forme primitive du dieu qui plane au-dessus des Eaux. En le recevant, les Eaux donnent naissance aux dieux. Dans les mythologies sibériennes et indonésiennes, c'est l'Être suprême qui, sous forme d'un oiseau, dépose sur les Eaux primordiales l'œuf dont naîtra plus tard le monde.

Le démembrement d'un géant ou d'un monstre

L'immolation librement consentie

L'exemple classique est la Création par le sacrifice du Purusha (littéralement, l'« Homme »), présenté dans le célèbre hymne X, 90 du Rig Veda. Ce sont les dieux qui ont accompli ce sacrifice, en démembrant le géant primordial. Sa tête devint le Soleil, ses pieds donnèrent naissance à la Terre, son oreille devint les orients, de sa conscience naquit la Lune, et de son souffle le vent. C'est également de son corps que proviennent les quatre castes : le brahmane de sa bouche, le guerrier de ses bras, l'artisan de ses cuisses et le serviteur (çûdra) de ses pieds. En outre, le sacrifice du Purusha produisit les strophes, les mélodies et les mètres, et également les victimes et les substances sacrificielles.

Dans la mythologie scandinave, les dieux Ases sacrifient et dépècent le géant Ymir. De son crâne ils font la voûte céleste, de sa chair la terre, de sa sueur la mer, de ses os les montagnes, de ses cheveux les arbres.

Quant au mythe chinois de P'an-ku, il est attesté seulement dans des textes tardifs ; on ignore si, dans sa forme originelle, il comportait ou non un sacrifice. Selon les versions qui nous ont été transmises, le corps du géant, à sa mort, se métamorphosa en Cosmos : sa tête devint un pic sacré, ses yeux devinrent le Soleil et la Lune, sa graisse les fleuves et les mers, ses cheveux et ses poils les arbres et autres végétaux.

On retrouve le même motif en Iran, mais radicalement réinterprété et intégré dans la théologie mazdéenne. D'après le Grand Bundahishn, l'Univers prit naissance dans le corps d'Ormuzd : ayant au début la forme d'une goutte de sperme, il se développa comme un embryon pendant 3 000 ans et fut finalement accouché par le dieu. Selon la Rivâyat pehlevie du Dâtastân î dênîk, l'Univers fut engendré dans le corps d'Ormuzd, et s'identifiait en quelque sorte avec lui, puisque le texte précise que le dieu créa le Ciel à partir de sa tête, l'eau de ses larmes, les plantes de ses cheveux, le feu de son esprit.

Bien que développés dans des directions légèrement divergentes, ces mythes cosmogoniques ont quelques éléments essentiels communs. Le plus important est que le macranthrope primordial dérive lui-même d'un œuf ou d'un germe. Cela revient à dire que la création du monde commence comme une embryologie et s'achève par la mise à mort du macranthrope qui, même à son stade adulte, garde encore un aspect embryonnaire. Les images de la semence, de l'œuf et du fœtus se superposent ou se complètent l'une l'autre.

Victoire du dieu et morcellement du monstre

Quant aux cosmogonies par démembrement d'un être primordial, l'exemple classique en est offert par l'Enuma-elish  : en terrassant le monstre marin Tiamat, Marduk le pourfendit et des deux moitiés de son corps façonna le Ciel et la Terre. Il ne s'agit plus d'une immolation consentie, mais d'un combat entre deux champions, incarnant deux principes antagoniques. Dans l'Enuma-elish, le thème cosmogonique est intégré dans une idéologie politique : la promotion de Marduk au rang de Dieu suprême. Le texte, tel que nous le connaissons aujourd'hui, est le résultat d'une réinterprétation ayant comme but l'exaltation politique de Babylone.

Prêtre en prière devant les symboles des dieux Marduk et Nabu

Prêtre en prière devant les symboles des dieux Marduk et Nabu

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Le temple consacré à Nabu, dieu de l’écriture et des scribes et fils du dieu Marduk, était le lieu où le nouveau souverain recevait ses insignes royaux. La coutume voulait aussi que les apprentis scribes déposent à son entrée une de leurs tablettes d'exercice, ... 

Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Le combat entre Tiamat et Marduk, ou plus exactement le conflit entre deux générations de dieux, explique l'origine du Cosmos tel qu'il est aujourd'hui et raconte également l'origine de l'homme. Mais on ne peut pas dire que, avant le démembrement de Tiamat, un certain monde n'existait pas. Au début, Tiamat cumulait toutes les images exemplaires du Chaos : il était à la fois Océan primordial, dragon femelle, être androgyne, monstre et embryon. Mais une première création avait résulté de son union avec Apsu, et trois générations de dieux avaient vu le jour. Ansâr et Kisâr, la « totalité du Ciel » et la « totalité de la Terre », étaient déjà nés. Par conséquent, une sorte de monde embryonnaire existait déjà. Bien entendu, ce n'était pas encore notre monde, mais ce n'était pas non plus l'unité indifférenciée du Chaos primordial, le Chaos d'avant la première hiérogamie de Tiamat et Apsu.

L'Enuma-elish nous révèle donc comment, à partir d'une réalité préexistante, larvaire et chaotique, a été créé notre monde. Le texte cherche à expliquer comment on est arrivé à la situation actuelle. Situation que l'on s'efforce de maintenir à tout prix, en réactualisant, chaque nouvelle année, la victoire de Marduk contre Tiamat et sa troupe de monstres.

Le mythe du combat entre un dieu champion et un dragon est attesté dans le Proche-Orient, en Grèce et dans l'Inde. Ses significations diffèrent de celle de l'Enuma-elish, et varient d'un cas à l'autre tout en restant fondamentalement solidaires. Il ne s'agit plus d'un combat cosmogonique, mais d'une bataille entreprise afin de sauver le monde de la menace des eaux souterraines (le dieu sumérien Ninurta contre le monstre Asag) ou de la régression au Chaos (Indra contre Vritra), ou enfin d'une guerre pour la souveraineté universelle (Zeus contre Typhon). Il est probable que d'autres mythes analogues – racontant le duel de Rê contre le dragon Apopi, du Baal cananéen contre le dragon Yam, du dieu hittite de l'atmosphère contre le dragon Illuyankash, etc. – se réfèrent à des situations similaires : sauver le monde d'un désastre (eaux, sécheresse) qui menaçait de le faire retourner au Chaos, et rétablir la « situation normale », sous la juridiction d'un dieu souverain. D'un certain point de vue, tous ces mythes sont « cosmogoniques », car ils relatent comment le monde a été sauvé de la régression au Chaos.

Le combat entre le dragon et le dieu solaire ou atmosphérique peut donc signifier soit le passage du virtuel au formel : la cosmogonie ; soit la lutte pour la suprématie du monde ; soit, enfin, le conflit entre deux ordres de choses (conflits ethniques ou historiques). Dans tous ces cas, l'idée de « création » est présente sous une forme plus ou moins nette. Symbole du préformel, le dragon est considéré comme le vrai « maître du lieu », l'autochtone par excellence, contre lequel doivent combattre les conquérants avant d'occuper un territoire et de l'organiser (c'est-à-dire le « former », le « cosmiser »).

Nous l'avons déjà dit : le mythe cosmogonique sert de modèle à toutes sortes de « créations ». Il joue, en outre, un rôle capital dans les rites de régénération périodique du Cosmos (c'est-à-dire, la réactualisation annuelle de la Création) et, partant, dans l'élaboration de l'idée mythique du temps circulaire, ou encore réversible.

Un grand nombre de méthodes thérapeutiques et sotériologiques dérivent, en fin de compte, de la certitude qu'on pouvait réitérer la cosmogonie, qu'on pouvait recommencer rituellement la création du monde.

D'autre part, les premières spéculations ontologiques et, en général, l'apparition des grandes métaphysiques orientales ont été rendues possibles par le fait que, depuis des millénaires, les hommes croyaient savoir comment se rendre contemporains du commencement du monde. En somme, les systèmes cosmogoniques élaborés par les premiers philosophes s'inscrivent dans une tradition immémoriale. Les Ioniens prolongeaient les Orientaux, et ceux-ci les « primitifs ». Il importe de préciser pourtant que la pensée philosophique, la réflexion sur la réalité ultime s'est constituée non à partir d'une curiosité rationnelle de connaître les causes premières, mais de la « familiarité rituelle » avec les commencements du monde, de la certitude que le temps écoulé entre le moment de la Création et le moment actuel ne constituait pas un obstacle insurmontable, car cette durée pouvait être abolie ou transcendée. C'était parce qu'on croyait rejoindre réellement, existentiellement le commencement du monde que, à partir d'un certain moment, on a commencé à réfléchir systématiquement sur la structure de cet état premier des choses, en s'efforçant de percer le mystère de l'Être sous la figure du monde tel qu'il s'était révélé pour la première fois.

—  Mircea ELIADE

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F. K. Numazawa, Die Weltanfänge in der japanischen Mythologie, Paris-Lucerne, 1946

W. Staudacher, Die Trennung von Himmel und Erde. Ein vorgriechischer Schöpfungsmythus bei Hesiod und der Orphikern, Tübingen, 1942

J.-P. Vernant, Mythe et pensée chez les Grecs, 1965, éd. rév. La Découverte, 1988.

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Autres références

«  CRÉATION  » est également traité dans :

CRÉATION - La création dans les synthèses philosophico-religieuses

  • Écrit par 
  • Stanislas BRETON
  •  • 4 051 mots

Les spéculations, philosophiques ou théologiques, sur les « origines » sont à la fois en rupture et en continuité avec les mythes cosmogoniques. Elles s'en écartent par deux traits majeurs : accentuation du rationnel ; réflexion sur l'idée de principe. Ce type de réflexion s'oppose aux traditions légendaires en ce qu'elle réduit le détail des descr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/creation-la-creation-dans-les-syntheses-philosophico-religieuses/

CRÉATION - Création et créativité

  • Écrit par 
  • Bernard BOURGEOIS
  •  • 4 319 mots

L'homme expérimente parfois son agir comme un agir créateur, et il vit celui-ci comme l'affirmation exaltante de tout son être dans la libre production d'une valeur nouvelle. L'analyse de ce fait vécu de la création permet de la distinguer de toute autre forme de production, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/creation-creation-et-creativite/

ABRABANEL (1437-1509)

  • Écrit par 
  • Colette SIRAT
  •  • 909 mots

Abrabanel ou Abarbanel (Isaac ben Juda ou Yzḥaq ben Yehūdah) est considéré comme le dernier philosophe juif d'Espagne. Il fut d'abord un homme d'État et servit la maison royale d'Espagne jusqu'à l'expulsion des Juifs, en 1492. Il se réfugia alors en Italie où il composa ses ouvrages, qui consistent surtout en des commentaires. Ces œuvres sont le r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/abrabanel/#i_8

ABRAHAM IBN EZRA (1089-1164)

  • Écrit par 
  • Gabrielle SED-RAJNA
  •  • 815 mots

Commentateur, grammairien, philosophe et astronome, Abraham ibn Ezra, né à Tudela, est l'une des plus grandes figures de la pensée juive du Moyen Âge. Sa carrière se divise en deux périodes bien distinctes. Pendant la première, jusqu'en 1140, il vit en Espagne, où des liens d'amitié le lient à Juda Halévi, dont il épouse la fille. Des cinq fils iss […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/abraham-ibn-ezra/#i_8

ADAM

  • Écrit par 
  • André-Marie DUBARLE
  •  • 1 761 mots

En hébreu, le nom commun adam , toujours employé au singulier, signifie « homme » en tant qu'espèce et non en tant qu'individu de sexe masculin. L'étymologie en est discutée. Le récit de la Genèse ( ii , 7) l'a rapproché du mot adamah , « terre », mais c'est peut-être là jeu de mots significatif plutôt qu'étymologie véritable. Ce nom d' adam est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/adam/

AFRIQUE NOIRE (Culture et société) - Religions

  • Écrit par 
  • Marc PIAULT
  •  • 9 610 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un dieu créateur et lointain »  : […] Dans de nombreuses religions africaines , le créateur de toutes choses est la plupart du temps inaccessible au point que, si les hommes s'y réfèrent dans les mythes d'origine, ils ne s'adressent pratiquement jamais à lui. Chez les Dogon, le dieu créateur, Amma, est relativement présent, ses autels sont dans chaque famille et des sacrifices lui son […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/afrique-noire-culture-et-societe-religions/#i_8

ANALOGIE

  • Écrit par 
  • Pierre DELATTRE, 
  • Alain de LIBERA
  • , Universalis
  •  • 10 454 mots

Dans le chapitre « Analogie théologique et théophanies »  : […] La critique thomasienne de l'usage univoque du concept d'analogie est complétée par une distinction méthodique entre analogie philosophique et analogie théologique. Chez Albert le Grand, qui lance la formule, « l'analogie philosophique » est définie en termes plus ou moins avicenniens comme « le mode selon lequel l'être créé entre dans la substanc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/analogie/

AVICENNE, arabe IBN SĪNĀ (980-1037)

  • Écrit par 
  • Henry CORBIN
  •  • 8 898 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La Première Intelligence »  : […] L'univers avicennien ne comporte pas ce que nous appelons la « contingence », dès lors que le possible est fait existant. Si quelque possible est actualisé dans l'être, c'est que son existence est rendue nécessaire en raison de sa cause, laquelle à son tour est nécessitée par sa propre cause. Il s'ensuit que l'idée orthodoxe de «  création » subit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/avicenne/#i_8

BOULGAKOV SERGE (1871-1945)

  • Écrit par 
  • Bernard DUPUY
  •  • 2 216 mots

Dans le chapitre « La sophiologie »  : […] C'est en fonction des problèmes cosmologiques que Boulgakov a d'abord invoqué l'idée de la Sophia . Dès son autobiographie, il se déclare rallié philosophiquement à Kant plutôt qu'à Marx : « Il m'était nécessaire de vérifier Marx par Kant et non l'inverse » ( Du marxisme ), et plus précisément à la théorie des idées dans sa version chrétienne formu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/serge-boulgakov/#i_8

BRUNO GIORDANO (1548-1600)

  • Écrit par 
  • Jean SEIDENGART
  •  • 5 287 mots

Dans le chapitre « Les rapports entre Dieu et l'Univers »  : […] L'évolution de la pensée de Bruno jusqu'à ses dernières publications démontre que les quelques résonances transcendantistes qui émaillent certains des dialogues en langue vulgaire sont dues à l'importation d'un vocabulaire néo-platonicien véhiculé tant par l'hermétisme que par Nicolas de Cues et par les textes publiés par Marsile Ficin. En fait, Br […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/giordano-bruno/#i_8

CABINET DE CURIOSITÉS ou WUNDERKAMMER

  • Écrit par 
  • Myriam MARRACHE-GOURAUD
  •  • 4 017 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Microcosme  »  : […] Dans le cabinet de curiosités, le monde se dit par accumulation de traces et de fragments. En hommage à Dieu et à sa Création, la ferveur des premiers temps accumule toutes les merveilles de l’Univers dans les limites d’une pièce étroite, selon une logique d’échantillonnage. Idéalement, chaque singularité doit y trouver une place afin de reconstit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cabinet-de-curiosites-wunderkammer/#i_8

CARPOCRATE & CARPOCRATIENS

  • Écrit par 
  • Richard GOULET
  •  • 410 mots

On ne connaît pratiquement rien de Carpocrate, gnostique alexandrin du ii e  siècle et fondateur de la secte des carpocratiens. Les documents anciens rapportent qu'il avait pour femme une certaine Alexandrie, de qui il eut un fils, Épiphane, mort à dix-sept ans après avoir composé un traité, Sur la justice , dont un long passage a été cité par Clém […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/carpocrate-et-carpocratiens/

CRÉATION LITTÉRAIRE

  • Écrit par 
  • Gilbert DURAND
  •  • 11 584 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre «  Aurore »  : […] Lieux élus, personnages voués à une incessante relecture, temps kérigmatique transmuant l'événement d'une pauvre histoire en avènement d'une vérité arrachée aux plats déterminismes ; parole, enfin, qui tente d'infuser plus de vérité vive aux mots et aux grammaires de la vulgaire communication pour en faire un livre de révélation  : la création d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/creation-litteraire/#i_8

CRITIQUE LITTÉRAIRE

  • Écrit par 
  • Marc CERISUELO, 
  • Antoine COMPAGNON
  •  • 12 910 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La déconstruction »  : […] On appelle déconstruction les lectures de textes littéraires qui s'inspirent de la réflexion philosophique de Jacques Derrida sur la phénoménologie et le structuralisme, en jouant l'un contre l'autre et vice versa. Le passage au poststructuralisme a lieu par la critique et la radicalisation du saussurianisme, l'insistance sur la textualité et la d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/critique-litteraire/#i_8

DESCARTES RENÉ

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ
  •  • 12 477 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Dieu comme fondement de la connaissance »  : […] Cette théorie, du reste, est complétée par une autre, dite de la création continuée, que l'on trouve aussi bien dans le Discours que dans les Méditations. Selon cette doctrine, il ne faut pas reporter l'acte créateur aux origines du monde. Toute substance finie n'est maintenue dans l'être que par un acte incessant de Dieu, qui la recrée à chaque […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rene-descartes/

DUALISME

  • Écrit par 
  • Simone PÉTREMENT
  •  • 6 146 mots

Dans le chapitre « Religions primitives »  : […] Il ne suffit pas, pour qu'une religion soit dualiste, qu'elle comporte des mythes où il est question de bons et de mauvais esprits. Il faut encore que les deux classes soient nettement distinguées et rapportées à une origine distincte. Dans l'animisme, les esprits considérés comme ordinairement malfaisants ne sont pas imaginés comme d'une autre esp […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dualisme/

ECKHART MAÎTRE (1260 env.-env. 1327)

  • Écrit par 
  • Louis COGNET
  •  • 2 660 mots

Dans le chapitre « De la déité à Dieu »  : […] Sa doctrine consiste en des spéculations sur l'être, lequel, pris absolument, s'identifie à Dieu. Eckhart distingue, d'une manière formelle et non réelle, la déité et Dieu. La déité, c'est l'essence divine absolue, isolée en son aséité, au-dessus de tout nom, de tout rapport, et dont nous ne pouvons rien affirmer, sinon qu'elle est unité. On ne peu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maitre-eckhart/#i_8

ÉPOPÉE

  • Écrit par 
  • Emmanuèle BAUMGARTNER, 
  • Maria COUROUCLI, 
  • Jocelyne FERNANDEZ, 
  • Pierre-Sylvain FILLIOZAT, 
  • Altan GOKALP, 
  • Roberte Nicole HAMAYON, 
  • François MACÉ, 
  • Nicole REVEL, 
  • Christiane SEYDOU
  •  • 11 798 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « L'épopée à caractère historique »  : […] L'épopée à caractère historique apparaît dans des sociétés au pouvoir centralisé, dont les lieux d'identification se situent dans la constitution d'États ou d'empires et dans une organisation sociale stricte où le griot, héritier de son statut, apparaît autant comme un médiateur que comme un artiste de la parole. Les épopées de l'Afrique de l'Oues […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/epopee/#i_8

ÊTRE, philosophie

  • Écrit par 
  • Giulio GIORELLO
  •  • 4 682 mots

Dans le chapitre « Être, étant, néant »  : […] Dans Sein und Zeit (1927), Martin Heidegger part de l'affirmation aristotélicienne que « l'être se prend en de multiples acceptions » pour demander laquelle est fondamentale, laquelle constitue l'être de l'étant. C'est la question qui a « tenu en haleine » Platon et Aristote, celle qui s'est constamment posée dans la pensée de l'Occident. Heidegge […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/etre-philosophie/

FĀRĀBĪ AL- (872-950)

  • Écrit par 
  • Yves MARQUET
  •  • 1 263 mots

Dans le chapitre « La création et les intelligences »  : […] Pour Fārābī, dix intellects ont émané les uns des autres à partir de Dieu : les neuf « causes secondes » et l'« intellect actif ». Chacune des causes secondes a produit l'intellect à elle subordonné (la neuvième cause seconde produisant l'intellect actif, ou dixième intellect), ainsi qu'une âme qui à son tour a produit un ciel, ou « sphère céleste […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/al-farabi/#i_8

GENÈSE LIVRE DE LA

  • Écrit par 
  • André PAUL
  •  • 596 mots
  •  • 1 média

Dans la Bible juive (texte massorétique), le Livre de la Genèse a pour titre son premier mot, Bereshit (« au commencement »). Dans la version des Septante, c'est Genesis (« origine »), terme immortalisé par sa latinisation dans la Vulgate. D'une manière large, le titre « Genèse » s'explique par le fait que le livre débute par le récit des origine […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/livre-de-la-genese/

GERSONIDE LÉVI BEN GERSHOM dit (1288-1344)

  • Écrit par 
  • Charles TOUATI
  •  • 2 388 mots

Dans le chapitre « La création du monde »  : […] Contrairement à Maïmonide, Gersonide estime qu'on peut démontrer rationnellement la création du monde. Est non éternel tout ce qui est produit par une cause finale, est substrat d'accidents et comporte des particularités qui ne s'expliquent que par référence à un effet extérieur à lui. C'est le cas du ciel et de la terre. Par ailleurs, le perfecti […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gersonide-levi-ben-gershom-dit-1288-1344/#i_8

GNOSTICISME

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT, 
  • Michel TARDIEU
  •  • 10 629 mots

Dans le chapitre « Un certain type de connaissance »  : […] La gnose (du mot grec gnôsis ) peut se définir comme une connaissance salvatrice, qui a pour objet les mystères du monde divin et des êtres célestes, et qui est destinée à révéler aux seuls initiés le secret de leur origine et les moyens de la rejoindre, et à leur procurer ainsi la certitude du salut, que celui-ci soit obtenu ou non par une collab […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gnosticisme/

GUILLAUME D'AUVERGNE (apr. 1180-1249)

  • Écrit par 
  • Olivier JUILLIARD
  •  • 1 044 mots

Sacré, en 1228 par Grégoire IX, évêque de Paris, où il avait été reçu magister theologiae en 1223, Guillaume d'Auvergne a été fortement influencé par les commentaires arabes d'Aristote et se présente à la fois comme le défenseur des ordres mendiants, alors en plein essor, et comme le tenant d'un aristotélisme réinterprété à la lumière de saint Aug […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guillaume-d-auvergne/#i_8

HEGEL GEORG WILHELM FRIEDRICH

  • Écrit par 
  • Jacques d' HONDT, 
  • Yves SUAUDEAU
  •  • 11 820 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Représentation et concept »  : […] Contraint par les circonstances, mais aussi peut-être par des complexes psychologiques et des aventures existentielles, d'adopter souvent un double langage, Hegel a même fait de cette pratique un des composants méthodiques de sa philosophie. Ainsi, il use communément de ces « tournures » ( Wendungen ) habiles dont il détecte et admire l'usage chez […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georg-wilhelm-friedrich-hegel/

IDÉALISME ALLEMAND

  • Écrit par 
  • Jacques d' HONDT
  •  • 7 090 mots

Dans le chapitre « Créer un monde »  : […] L'esprit idéaliste souffle à un moment où le monde s'animait d'une aspiration générale à l'estime de soi, à l'indépendance personnelle, à la liberté, aspiration qui trouve une de ses expressions dans la Révolution française. Trop longtemps soumis au bon plaisir de l'absolutisme, les philosophes et ceux qui font profession de penser aspirent à une r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/idealisme-allemand/

ILLUMINISME

  • Écrit par 
  • Étienne PERROT
  •  • 4 957 mots

Dans le chapitre « Création et évolution »  : […] La création ne se produit pas ex nihilo mais procède par émanation. Cette pensée, qui est partagée par Swedenborg, Boehme et Blake, et que l'on rencontre chez Plotin, a pu être empruntée par les illuministes à l'héritage des alchimistes : pour Paracelse la materia prima de l'univers – qui est aussi celle de l'œuvre hermétique – est un increatum . […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/illuminisme/#i_8

IRÉNÉE DE LYON (130 env.-env. 208)

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 1 882 mots

Dans le chapitre « Les traditions chrétiennes d'Asie Mineure »  : […] Les présentations que donne Irénée du contenu de la règle de foi ne semblent pas toujours totalement concorder. C'est qu'il se contente de rapporter religieusement les traditions qu'il a connues en Asie Mineure, sans se soucier de les mettre en harmonie avec sa propre théologie, puisqu'il est persuadé que la puissance de la tradition est une et in […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/irenee-de-lyon/#i_8

ISLAM (La civilisation islamique) - La philosophie

  • Écrit par 
  • Christian JAMBET, 
  • Jean JOLIVET
  •  • 9 001 mots

Dans le chapitre « Kindī et ses successeurs »  : […] Le premier de ces philosophes, arabe lui-même et de noble lignée comme cela est mentionné traditionnellement, est Abū Yūsuf Ya‘qūb b. Isḥāq al-Kindī, né vers la fin du ii e / viii e  siècle et mort après 256/870. Son œuvre abondante tant en philosophie qu'en sciences ne nous est parvenue que très partiellement, pour un cinquième environ des deux c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-la-civilisation-islamique-la-philosophie/#i_8

LANGUE ORIGINELLE

  • Écrit par 
  • Raoul VANEIGEM
  •  • 1 748 mots

De prime abord, une distinction s'impose entre langue originelle et premiers langages. L'une ressortit au mythe de la matrice originelle d'où serait issue toute créature ; elle se réfère à l'idée d'une puissance divine engendrant un couple initial dont l'humanité tout entière formerait la descendance. Les autres impliquent, dans la perspective du t […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/langue-originelle/#i_8

LUMIÈRE & TÉNÈBRES

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 307 mots

L'opposition lumière-ténèbres constitue un symbole universel. Pour en esquisser l'enjeu symbolique, on peut introduire trois grandes acceptions de la lumière sur le plan de l'imaginaire : la lumière-séparation, la lumière-orientation, la lumière-transformation. Ces trois aspects de la lumière comme symbole se définissent par rapport à trois altérit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lumiere-et-tenebres/#i_8

MA‘ASE BERESHIT

  • Écrit par 
  • Gabrielle SED-RAJNA
  •  • 338 mots

On groupe sous l'appellation hébraïque de Ma‘ase Bereshit (qui veut dire « les œuvres de la création ») des écrits ésotériques ayant pour sujet des spéculations mystiques sur le premier chapitre de la Genèse. D'après des critères littéraires et doctrinaux, ils remontent probablement à la période de la Mishna ( ii e s.), dont plusieurs affirmation […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ma-ase-bereshit/#i_8

MAL

  • Écrit par 
  • Étienne BORNE
  •  • 5 218 mots

Dans le chapitre « La faute originelle »  : […] Le mythe pose, en un premier moment, un monde en dehors du monde et un temps avant le temps dans lequel se déroulent des existences bienheureuses à l'abri de la douleur, de la faute et de la mort, c'est-à-dire de toutes les formes du mal. Tout se passe comme si le refoulement du mal avait fait surgir un imaginaire espace divin ; puis, en un deuxiè […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mal/#i_8

MALEBRANCHE NICOLAS (1638-1715)

  • Écrit par 
  • Ginette DREYFUS
  •  • 8 465 mots

Dans le chapitre « Le système de l'univers »  : […] Le souci de dégager Dieu de la responsabilité du mal inspire, pour l'essentiel, la construction malebranchiste du monde. Tâche d'autant plus ardue que, d'une part, on tient Dieu pour la seule cause efficace et que, d'autre part, se refusant à réduire, avec Descartes ou Leibniz, le mal à une simple apparence, à un simple defectus , on affirme son ca […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nicolas-malebranche/#i_8

MANU

  • Écrit par 
  • Anne-Marie ESNOUL
  •  • 1 296 mots

Le substantif sanskrit manu – qu'il soit apparenté ou non à la racine man , penser, car cette étymologie indienne quoique possible n'est pas certaine – signifie « homme ». Manu, comme nom de personne, est celui de l'homme par excellence, le premier être humain, ce sens étant en liaison étroite avec la croyance aux manifestations et disparitions al […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/manu/#i_8

MORT - Les interrogations philosophiques

  • Écrit par 
  • René HABACHI
  •  • 7 525 mots

Dans le chapitre « Les doctrines de la chute »  : […] Si le courant des doctrines de la chute est dominé par la figure de Platon, son élaboration philosophique s'inaugure cependant avec les Upanishads et se prolonge, par-delà Origène, jusqu'à Descartes et Malebranche. L'axe qui joint des philosophies aussi différentes est le dualisme de l'âme et du corps. La vie humaine naît de leur rencontre et la mo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mort-les-interrogations-philosophiques/

MOYEN ÂGE - Le monde médiéval

  • Écrit par 
  • Léopold GÉNICOT
  •  • 12 274 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'univers gothique »  : […] Aux xii e et xiii e  siècles, une mutation s'opère. Les facteurs en sont complexes : pour les structures, la reconstitution de l'État et les progrès de l'économie d'échanges ; pour les conceptions, le retour aux sources chrétiennes et païennes, les traductions de traités arabes, les découvertes de la technique, la maturation de la mentalité occide […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-age-le-monde-medieval/#i_8

NOMINALISME

  • Écrit par 
  • Paul VIGNAUX
  •  • 3 601 mots

Dans le chapitre « Nominalisme et théologie de la création »  : […] L'ontologie ockhamiste est liée à une théologie de la puissance créatrice : la position des créatures dans l'être n'est rien d'autre que leur création, radicalement libre, contingente et gratuite ; pour chacune, une position de tout son être que rien ne précède, notamment pas une « nature commune », préexistant en d'autres individus. La théologie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nominalisme/#i_8

ORIGÈNE (185-253/54) & ORIGÉNISME

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 5 513 mots

Dans le chapitre « La destinée des âmes »  : […] Le premier exposé (I, i -II, iii ) montre notamment comment Dieu est incorporel, comment le Fils, Sagesse et Verbe de Dieu, et l'Esprit saint ont une réalité substantielle et comment les noms que leur donne l'Écriture révèlent leur rôle dans l'économie du salut. Cela conduit Origène au problème de la destinée des âmes. S'il y a un salut, il faut q […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/origene-et-origenisme/

PARTICIPATION, théologie

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 331 mots

Au sens théologique, la participation désigne le rapport de la créature au Créateur, la façon dont l'esprit reste lié à Dieu, qui lui est présent bien que transcendant et auquel il ne cesse d'être uni, bien que le Dieu dont il dépend ne dépende pas de lui, bien que le Dieu dont l'homme est l'image ne soit pas à l'image de l'homme. L'intérêt de cett […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/participation-theologie/#i_8

PSYCHOLOGIE DE LA CRÉATIVITÉ

  • Écrit par 
  • Maud BESANÇON, 
  • Todd LUBART
  •  • 1 264 mots

La créativité est définie comme la capacité à réaliser une production (une idée, un objet, une composition, etc.) à la fois nouvelle, originale (c’est-à-dire différente de ce qui existe) et adaptée au contexte et aux contraintes de l’environnement dans lequel la production s’exprime. La capacité à générer des idées créatives est reconnue comme une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/psychologie-de-la-creativite/#i_8

PURĀṆA

  • Écrit par 
  • Anne-Marie ESNOUL
  •  • 3 344 mots

Dans le chapitre « Les « cinq caractéristiques » »  : […] Le premier des cinq grands sujets traités est la cosmogonie, c'est-à-dire la description de la création originelle, celle qui s'est produite au commencement des temps ( agre ). Il faut rappeler à ce propos qu'une création en contexte indien n'est jamais ex nihilo  : c'est un simple développement à partir d'un principe premier. Au niveau des purāṇ […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/purana/

SABBAT

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 1 552 mots

Transcription du mot hébreu shabbat , le terme sabbat est le nom du septième jour de la semaine, le samedi ; conformément à son étymologie (du verbe shavat , « cesser »), il désigne le jour de la cessation du travail, du repos. Institution essentielle à la vie religieuse juive, le sabbat commence dix-huit minutes (pour certains trois heures) avant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sabbat/#i_8

SCHELLING FRIEDRICH WILHELM JOSEPH VON (1775-1854)

  • Écrit par 
  • Jean-François MARQUET
  •  • 4 155 mots

Dans le chapitre « La dernière philosophie (1827-1854) »  : […] Lorsque Schelling, après un long silence, rentre dans l'enseignement, voilà déjà longtemps que Hegel l'a supplanté : il n'est plus désormais, dirait Kierkegaard, qu'un « paragraphe du système ». Lutter contre cette image figée, imposer, contre un préjugé tenace, sa nouvelle philosophie, telle est sa tâche pendant plus d'un quart de siècle. Sans dou […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/friedrich-wilhelm-joseph-von-schelling/#i_8

SEFER YESIRA

  • Écrit par 
  • Gabrielle SED-RAJNA
  •  • 343 mots

Bref traité qui eut une influence considérable sur la mystique juive de toutes les époques et qui a été écrit entre le ii e et le vi e siècle, peut-être au iii e , dans un style elliptique ayant des affinités avec celui de la littérature de la Merkaba . Il contient des spéculations sur la Création, d'une nature très différente de celles du groupe […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sefer-yesira/#i_8

LA SEMAINE, Guillaume Du Bartas - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Yvonne BELLENGER
  •  • 682 mots

Dans le chapitre « La création du monde »  : […] La Semaine paraphrase le début de la Genèse et retrace les sept « Jours » de la Création : premier Jour, création de la matière et de la lumière ; deuxième Jour, création de l'espace ; troisième Jour, séparation de la terre et des eaux, etc., jusqu'au septième Jour, où l'Éternel contemple son œuvre. Ce résumé ne donne qu'une faible idée du poème, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-semaine/#i_8

ŚIVA ou SHIVA ET SHIVAÏSME

  • Écrit par 
  • Pierre-Sylvain FILLIOZAT
  •  • 8 174 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Cosmologie, connaissance et parole »  : […] Ainsi toutes choses et tous êtres se répartissent dans les deux domaines, pur et impur, et dans les trois grandes catégories. Dans ce cadre s'inscrit toute une cosmologie dont, d'ailleurs, de nombreux éléments sont empruntés aux vues classiques des purāṇa et du sāṃkhya . Deux cent vingt-quatre mondes sont décrits, définis principalement par les ca […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/siva-shiva-et-shivaisme/#i_8

TERRE ÂGE DE LA

  • Écrit par 
  • Pascal RICHET
  •  • 5 139 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La chronologie : une préoccupation chrétienne »  : […] Accepté au Moyen Âge aussi bien à Byzance que dans le monde musulman et en Occident, le petit univers d’Aristote centré sur la Terre ne fut pas remis en cause pendant près de deux millénaires. L’éternité du monde fut en revanche vite contestée par les chrétiens parce qu’elle contredisait clairement le tableau biblique de la Création minutieusement […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/age-de-la-terre/#i_8

TERRE SYMBOLISME DE LA

  • Écrit par 
  • Gilbert DURAND
  •  • 3 895 mots

Dans le chapitre « Multiplicité des polarités symboliques »  : […] La tradition sémitique et chrétienne appelle le premier homme, l'homme primordial, Adam (de l'hébreu adamah , terre labourée), et le dit puisé du limon au nombril de la terre (sous le mont Sion à Jérusalem). La terre d'où est tiré Adam est donc par elle-même le symbole de toute la création. Aussi apparaît-elle comme une synthèse des différentes p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/symbolisme-de-la-terre/#i_8

THÉOLOGIE NÉGATIVE

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 3 863 mots

Dans le chapitre « Apophatisme et christianisme »  : […] À partir du iv e siècle, tout spécialement avec Grégoire de Nysse, la théologie négative devient une pièce maîtresse de la théologie chrétienne. Vers la fin du v e siècle, un groupe d'écrits, que leur auteur anonyme a voulu mettre sous le patronage de Denys l'Aréopagite, expose avec beaucoup de détails, notamment dans l'ouvrage intitulé Théologi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theologie-negative/

UN PHILOSOPHIES DE L'

  • Écrit par 
  • Jean TROUILLARD
  •  • 3 714 mots

Dans le chapitre « Quelques modèles d'unité »  : […] Il est maintenant certain qu'il y a autant de manières d'unifier que de systèmes philosophiques. On se bornera à signaler les modèles les plus caractéristiques. Appelons doctrines pluralistes les philosophies les moins unifiantes. Elles renoncent à toute origine unitaire ou bien multiplient à l'infini les principes. Il y a autant de centres que de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philosophies-de-l-un/#i_8

Voir aussi

Pour citer l’article

Mircea ELIADE, « CRÉATION - Les mythes de la création », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/creation-les-mythes-de-la-creation/