EXÉGÈSE ÉCOLE DE L'

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Les commentateurs français du Code civil au cours du xixe siècle ont adopté une méthode dite exégétique par référence à l'exégèse biblique. L'habitude s'est prise depuis les travaux de Julien Bonnecase (1878-1950), pendant l'entre-deux-guerres, de les regrouper sous le nom d'école de l'Exégèse. Si cette notion avait un aspect polémique et apparaît aujourd'hui contestable au regard de l'absence d'uniformité parmi les deux ou trois générations d'auteurs considérés, la doctrine civiliste française de 1804 aux années 1880 présente un certain nombre de caractères qui permettent néanmoins de parler de conceptions, méthodologiques et théoriques, propres à cette période.

Le phénomène général constitué par l'interprétation exégétique des codifications n'est pas limité à la France du xixe siècle. L'idéal codificateur moderne associe les bienfaits attendus d'un code clair, relativement simple et accessible au plus grand nombre, avec la méfiance à l'égard d'une doctrine risquant de faire renaître la confusion, la division et la chicane. Des romanistes de l'époque moderne ont pu ainsi revendiquer une interprétation littérale des textes romains, en suivant l'ordre du Corpus juris civilis (ce qui distingue la méthode exégétique des reconstructions dogmatiques et systématiques selon de nouveaux plans), et le Code civil autrichien de 1811, le Code civil italien de 1865, le Code civil allemand de 1896-1900 ont également suscité des études exégétiques. La réglementation stricte des études de droit par la loi du 22 ventôse an XII (13 mars 1804), prescrivant l'enseignement suivant l'ordre du Code, peut également être comparée à des dispositions similaires prises hors de France. C'est le caractère paradigmatique du Code Napoléon – le Code par excellence, prétendant faire table rase du passé et s'imposer comme le soleil de l'ordre juridique français – et l'abondance de la littérature qui lui a été consacrée dans la France du xixe siècle, avec plus d'une centaine d'auteurs de commentaires, qui a donné à l'exégèse française une ampleur inégalée.

L'Exégèse a pu apparaître, d'abord, comme une nécessi [...]

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Écrit par :

  • : docteur d'État et agrégé d'histoire du droit, professeur à l'École normale supérieure

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DROIT ÉCOLE SOCIOLOGIQUE DU

  • Écrit par 
  • Jean-Louis HALPÉRIN
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Dans le chapitre « En marge de l'Exégèse »  : […] la codification napoléonienne engageait la majorité de la doctrine sur la voie de l'Exégèse – c'est-à-dire d'une interprétation littérale de la loi – quelques juristes de l'époque impériale avaient prêté un peu plus d'attention aux facteurs ou aux effets sociaux du droit. Dans la lignée de la pensée des Lumières, notamment […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ecole-sociologique-du-droit/#i_13791

Pour citer l’article

Jean-Louis HALPÉRIN, « EXÉGÈSE ÉCOLE DE L' », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ecole-de-l-exegese/