CONFRÉRIES MUSULMANES

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La décadence ?

De nos jours, l'influence des confréries est partout en baisse et tend à disparaître dans certains États musulmans. Le rationalisme et le matérialisme contemporains ont déprécié le mysticisme çoufi ; les ‘ulamā réformateurs et les modernistes ont dénoncé avec une vigueur accrue les confréries, accusées d'avoir encouragé l'ignorance, entretenu les superstitions, abusé de la crédulité de leurs adeptes. Les nationalistes les ont accusées de compromission avec les puissances coloniales. La République turque a décrété dès 1925 leur suppression et confisqué leurs biens, sans réussir à les abattre complètement. Devenues quasi inexistantes au Proche-Orient, les confréries subsistent néanmoins dans le Maghreb et l'Afrique noire.

Malgré la décadence actuelle, il s'est encore créé au xxe siècle de nouveaux ordres mystiques (ainsi l'Alaouīya, fondée en 1920 en Algérie par le chaïkh Ben‘Alīoua), tandis que d'autres se réformaient complètement. Leur disparition n'est donc pas inéluctable.

La plupart des grandes confréries ont été fondées entre le xiie et le xve siècle. On a pu en compter plus d'une centaine, dont les deux tiers existent encore, mais elles n'auraient pas plus de 3 p. 100 d'affiliés en moyenne par rapport au nombre des fidèles dans les divers pays d'islam.

Parmi les confréries les plus importantes, on peut citer : la Qādirīya, du nom de son fondateur, ‘Abd al Qādir al Jīlānī, mort en 1166, considéré comme le plus grand saint de l'islam. Elle compta des fidèles dans tous les pays musulmans, du Maghreb à la Chine, et demeure vivante en Afrique du Nord, au Soudan et au Sénégal ; la Naqchabandīya, fondée au milieu du xive siècle, rayonna du Caucase au Turkestan et à l'Inde ; elle a inspiré les muroud qui ont résisté aux armées russes dans le Daghestan et nourri le nationalisme kurde ; le Chādhilīya ou Chādhoulīya fondée au xiiie siècle, est une confrérie surtout africaine, vivace en ses diverses ramifications (Madanīya, Isāwīya, Darqāwa, surtout dans les régions berbères) ; la B [...]


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Pour citer l’article

Charles-Robert AGERON, « CONFRÉRIES MUSULMANES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/confreries-musulmanes/