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COMPORTEMENT ANIMAL Fondements du comportement

Tout comportement peut être expliqué à deux niveaux : par ses causes proximales et par ses causes ultimes, dites distales (cf. éthologie). Étudier les premières consiste à comprendre les raisons immédiates pour lesquelles un animal accomplit un comportement. Les causes proximales sont donc liées à la physiologie de l'animal (qui influence notamment son état de motivation), à ses rythmes de vie, aux stimulations et informations apportées par son environnement ainsi qu'à ses expériences passées. Un chercheur qui s'intéresse aux causes distales d'un comportement étudie alors sa fonction. En effet, comme les caractéristiques physiques, les comportements sont sélectionnés au cours de l'évolution en fonction des avantages adaptatifs qu'ils procurent. Les fonctions de certains comportements seront abordées plus loin (cf. comportement animal - Développement du comportement ; Communication animale ; Comportement social). Cependant, les animaux ne sont pas nécessairement conscients de ces avantages.

État physiologique

L'état physiologique d'un animal varie bien évidemment avec son âge (cf. comportement animal - Développement du comportement), mais également en fonction de ses taux d'hormones. Ces substances influencent le comportement à de nombreux niveaux, principalement en faisant varier la motivation de l'animal à accomplir tel ou tel comportement. Le plus spectaculaire est peut-être le comportement reproducteur, notamment chez les mammifères, lorsque la femelle, sous l'action d'un pic d'estrogènes (qui sont, avec la progestérone, les principales hormones sexuelles femelles), devient réceptive et très attractive pour les mâles. Cette réceptivité peut se traduire par la recherche des mâles, des postures de sollicitation à l'accouplement, la construction éventuelle d'un nid, l'émission d'odeurs particulières ou, encore, chez diverses espèces de singes, par un gonflement spectaculaire de la zone génitale. Chez les mâles, la principale hormone sexuelle est la testostérone. Elle stimule l'intérêt pour les femelles, l'agressivité envers les autres mâles, les parades nuptiales et divers caractères sexuels secondaires comme le chant chez les oiseaux ou le ventre rouge de l'épinoche. Les hormones sexuelles dites femelles ou mâles existent en général chez les deux sexes ; ce sont les proportions qui diffèrent. Généralement antagonistes, leurs effets peuvent parfois se compléter : par exemple, le mâle tourterelle, sous l'influence de la testostérone, effectue certains mouvements de parade (le fait de suivre la femelle en hochant la tête), mais il peut également faire la cour à la femelle en lui montrant le nid, ce dernier comportement étant stimulé par une hormone « femelle », l'estradiol.

La prolactine – hormone qui, comme son nom l'indique, stimule la lactation – est aussi l'hormone des soins parentaux qui sont observés non seulement chez les mammifères mais également chez certains poissons et oiseaux. Elle est notamment liée aux comportements de nourrissage et de couvaison. L'ocytocine et la vasopressine sont parfois appelées « hormones de l'attachement » : elles favorisent les soins aux jeunes mais aussi la reconnaissance parents-jeunes, le lien entre les deux membres du couple et, de façon plus générale, la reconnaissance individuelle. Les hormones liées au stress, telles que l'adrénaline, permettent à l'animal de s'adapter à des situations d'urgence (par la lutte ou la fuite) en augmentant la vigilance, le rythme cardiaque et respiratoire, etc.

Les hormones agissent également de façon plus générale en modulant les comportements : une injection d'hormones mâles à un bélier (ou, d'ailleurs, à une brebis) rendra l'animal plus agressif et moins peureux. Cependant, le vécu de l'animal interagit[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Mouflon du Canada dans le parc national de Jasper, Canada

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Écureuil

Écureuil

Comportement animal : exemple d'utilisation de leurres

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Autres références

  • AGRESSIVITÉ, éthologie

    • Écrit par Philippe ROPARTZ
    • 3 931 mots
    ...l'espace disponible, de la frustration, de la privation alimentaire, de la concurrence, de la structure sociale du groupe, dans l'expression de l'agression. Il est également certain que, chez l'animal, on ne saurait séparer l'agression des comportements sociaux ; l'animal a besoin d'un adversaire pour exprimer...
  • BEHAVIORISME

    • Écrit par Jean-François LE NY
    • 4 682 mots
    • 2 médias
    ...trente aux années cinquante, se déroule un grand débat sur les théories de l'apprentissage, alimenté par de nombreuses recherches expérimentales, soit chez l'animal, à partir de procédures de conditionnement, soit chez l'homme, notamment au moyen des apprentissages par cœur. L'objectif principal est de...
  • BUYTENDIJK FREDERIK (1887-1974)

    • Écrit par Georges THINÈS
    • 1 281 mots

    Occupant une place particulière parmi les meilleurs psychologues contemporains, le savant hollandais F. J. J. Buytendijk, qui fut pendant de longues années professeur aux universités de Nimègue et d'Utrecht, peut difficilement être rangé dans une école. On ne peut pas non plus le considérer comme...

  • CHARLES SHERRINGTON : CONCEPT D'INTÉGRATION NERVEUSE

    • Écrit par Yves GALIFRET, Yves LAPORTE
    • 304 mots

    La parution en 1906 d'un important ouvrage de sir Charles Scott Sherrington fait date en neurophysiologie. Dans Integrative Action of the Nervous System, il interprète l'unification du comportement d'un organisme comme l'expression ultime d'un processus d'intégration nerveuse. Sous sa forme...

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Voir aussi