CHAPMAN COLIN (1928-1982)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Anthony Colin Bruce Chapman, créateur de la marque d'automobiles de sport et de course Lotus, est né le 19 mai 1928 à Richmond dans le Surrey. Son nom restera indissociablement lié au sport automobile, et particulièrement à l'évolution de celui-ci dans la période d'après guerre.

Chapman peut être considéré comme le créateur le plus inventif de son époque, pourtant riche en novateurs, dont, en particulier, John Cooper, lui aussi britannique, qui eut l'audace de lancer la première monoplace à moteur arrière en 1959. Mais c'est Chapman qui, le premier, eut le mérite d'accorder aux problèmes aérodynamiques toute l'importance qu'ils méritaient ; en outre, ses recherches et ses expériences se sont exercées dans tous les domaines de l'automobile de course : aérodynamique, moteur, transmission, matériaux utilisés pour le châssis, etc. Son œuvre fut une création continue.

Contrairement à ce qui passe chez d'autres constructeurs, Chapman a souvent joué lui-même un rôle prépondérant dans les innovations technologiques apportées à ses automobiles ; il eut en outre le mérite de s'entourer de techniciens et de concepteurs de premier ordre. À ses débuts, il fut associé à Mike Costin et à Keith Duckworth, qui devaient par la suite créer la célèbre firme Cosworth dont est notamment issu le moteur V8 Ford Cosworth, apparu en 1967 et qui remportera plus de cent cinquante victoires en formule 1. Len Terry, Ralph Bellamy, Tony Southgate, entre autres, les meilleurs stylistes de leur génération, dessinèrent ces Lotus dont l'apparition provoquait surprise et admiration par leur audace et leurs innovations. Soixante-douze victoires en grands prix du Championnat du monde, six titres de champion du monde des conducteurs ornent le palmarès de Colin Chapman : Jim Clark (1963, 1965), Graham Hill (1968), Jochen Rindt (1970), Emerson Fittipaldi (1972), Mario Andretti (1978). À quoi il faut ajouter les succès acquis en formule 2 et en formule 3 ; en sport, notamment avec les Lotus 23 ; en grand tourisme, avec les Élite et les Élan ; en tourisme, avec les Ford Cortina, aux moteurs préparés chez Lotus. Outre ceux que nous avons cités, nombre des plus grands pilotes de l'après-guerre conduisirent des Lotus, officielles ou privées. Citons notamment Stirling Moss, Innes Ireland, Cliff Allison, John Surtees, Jim Hall, Maurice Trintignant, Mike Spence, Pedro Rodriguez, Peter Revson, Piers Courage, Jo Siffert, Chris Amon, Mike Hailwood et Ronnie Peterson. Après la mort de Chapman, Ayrton Senna puis Nelson Piquet, notamment, piloterons des Lotus.

Très jeune, Colin Chapman s'intéressa à la compétition, d'abord à moto, tout en effectuant des études d'ingénieur. Lorsqu'il eut obtenu son diplôme, à vingt ans (à l'université de Londres), il donna le nom de Lotus à une vieille Austin Seven de 1930 qu'il avait lui-même transformée en engin de « trial ». Il travaillait sur une nouvelle évolution à partir du même châssis lorsqu'il partit faire son service militaire dans la Royal Air Force. C'est là qu'il va se passionner pour l'aérodynamique et parfaire ses connaissances en ce domaine : elles seront à la base de multiples applications sur les Lotus de course.

En 1952, Chapman fonde la Lotus Engeneering avec Hazel Williams, qu'il épousera en 1954 et qui lui donnera deux filles et un garçon. Il crée ensuite le Lotus Team, plus spécialement destiné aux activités sportives, puis la Lotus Cars Ltd. pour la construction de voitures particulières. En 1966, les divers départements de Lotus s'installent à Wymondham, près de Norwich, dans de vastes ateliers ultramodernes. La première vraie réussite de Chapman comme constructeur est la Lotus 11, barquette légère et aérodynamique qui remporte de nombreux succès, animée par des moteurs Climax de 750, 1 000 et 1 500 cm3. Chapman pilote lui-même ses automobiles, non sans succès, mais il doit choisir et se consacre alors uniquement à la construction et à la recherche technologique. D'autant que les succès sportifs entraînent des succès commerciaux, notamment avec les Lotus Seven, les Élite et plus tard les Élan. Déjà, des pilotes de renom courent pour la marque, qui permet aussi à de jeunes talents de débuter.

Les premières monoplaces Lotus seront classiques : moteur avant, propulsion arrière. La première formule 1 apparaît en 1958, mais plus tard la Lotus 18 à moteur arrière, compacte et légère, comporte déjà des solutions originales : carrosserie en matériaux ultralégers, boîte 5 vitesses Lotus, double réservoir, etc. Au volant de cette voiture à moteur Climax, Stirling Moss remporte le Grand Prix de Monaco en 1960, première victoire d'une Lotus en grand prix.

En 1960, l'Écossais Jim Clark apparaît dans l'écurie officielle. Il s'agit du début d'une longue collaboration qui durera huit ans, jusqu'à la mort tragique du pilote aux essais d'une course de formule 2 à Hockenheim en avril 1968 : vingt-cinq victoires en grands prix, de nombreux succès en formule 2, deux titres de champion du monde de formule 1. Jamais, par la suite, on ne retrouvera dans l'écurie un tel climat de collaboration et de confiance entre un pilote et son constructeur. Clark remporte son premier grand prix en Belgique en 1962 au volant de la nouvelle Lotus 25, première monoplace à châssis monocoque autoporteur au lieu des châssis tubulaires classiques. Outre la légèreté, cette nouvelle technologie donne au châssis plus de rigidité. Après la 25 viendront la 33 puis la 49, que Clark mène à la victoire aux Pays-Bas pour sa première course (ce fut aussi le premier succès pour le nouveau moteur Cosworth). En 1965, Clark est champion du monde pour la seconde fois et il remporte les 500 Miles d'Indianapolis.

En 1968, Chapman innove dans un autre domaine : ses formules 1 arborent les couleurs rouge et blanc d'une marque de cigarettes. Les couleurs nationales ont vécu et désormais les automobiles seront décorées aux couleurs de leurs commanditaires. En 1972, Chapman lance une nouvelle monoplace révolutionnaire : la 72, aux lignes anguleuses, avec les radiateurs placés pour la première fois le long des flancs et les suspensions à barres de torsion remplaçant les triangles traditionnels. Emerson Fittipaldi et Ronnie Peterson vont remporter de nombreuses victoires au volant de ce modèle.

C'est en 1977 que naissent, avec la Lotus 78, les premières tentatives d'exploitation intégrale de l'effet de sol. En 1978, Chapman maîtrise complètement le problème et Andretti comme Peterson (qui trouve une mort tragique à Monza) accumulent les victoires [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  CHAPMAN COLIN (1928-1982)  » est également traité dans :

FORMULE 1

  • Écrit par 
  • Pierre LAGRUE
  •  • 7 476 mots
  •  • 12 médias

Dans le chapitre « Nouveaux constructeurs, nouveaux pilotes »  : […] Si le titre mondial échoit à un pilote de Ferrari, le Britannique Mike Hawthorn, en 1958, le titre des constructeurs – créé cette année-là mais qui ne connaîtra jamais le prestige du titre des conducteurs – revient à une écurie britannique, Vanwall. Les constructeurs britanniques vont dès lors dominer le Championnat, même si Ferrari leur tient la dragée haute. L'ingénieur britannique John Cooper […] Lire la suite

Pour citer l’article

Bernard GAUTIER, « CHAPMAN COLIN - (1928-1982) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/colin-chapman/