CLOUET JEAN dit JANET (1485 env.-env. 1540)

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Peintre officiel de François Ier, Jean Clouet figure parmi les valets de chambre du roi à partir de 1516, sous les ordres de ses confrères Jean Perréal et Jean Bourdichon. D'origine flamande, il apporta un nouveau style à la peinture de portraits d'apparat en pratiquant, outre la miniature traditionnelle (on lui attribue certaines des peintures des Commentaires de la Guerre gallique, 3 vol. ; vol. I : British Museum ; vol. II : Bibl. nat., Paris ; vol. III, musée Condé, Chantilly), le tableau de chevalet exécuté d'après un dessin au crayon, selon le goût des peintres du Nord (Bernard van Orley, Joos van Cleve). On sait fort peu de choses sur sa carrière : il travailla à Paris et à Tours où il épousa la fille d'un orfèvre, mais il est devenu populaire très tôt au point qu'on lui a attribué presque tous les portraits français du début du xvie siècle. Des deux seuls tableaux de lui attestés par des textes, l'un n'est connu que par une gravure (Oronce Finé), l'autre par une réplique conservée au musée de Versailles (Guillaume Budé). Mais la célébrité de Jean Clouet vient du groupe de 130 dessins du musée Condé à Chantilly à partir desquels les érudits se sont livrés à un jeu savant d'attributions. Certains de ces dessins semblent en effet des préparations pour des peintures : ils sont annotés de couleurs. Mais ces attributions mêmes sont problématiques car ces dessins sont vraisemblablement l'œuvre d'un atelier. Les portraits de la famille royale sont généralement attribués au peintre en titre, et par conséquent les tableaux eux-mêmes, comme le célèbre portrait de François Ier au Louvre (1527 env.), dont l'attribution à Jean Clouet remonte à une tradition ancienne et sûre. Quels que soient les abus auxquels a conduit le désir d'historiens d'attacher les chefs-d'œuvre à des noms célèbres, la réputation de Jean Clouet n'est sans doute pas usurpée et fut reconnue de tout temps quoiqu'on ait vite confondu son œuvre et celle de son fils François. Jean Clouet a réellement introduit dans l'art du portrait français une finesse nouvelle et fondé en fait une école de portraitistes officiels qui, par Nanteuil et Rigaud, devait assurer la suprématie française dans ce domaine pendant plus de deux siècles. Mais la distinction des « mains » dans les recueils de dessins en vogue à la cour des Valois apparaît souvent comme une entreprise hasardeuse qui a peut-être nui à la compréhension du phénomène dans son ensemble.

—  Michel MELOT

Écrit par :

  • : directeur de la bibliothèque publique d'information, Centre Georges-Pompidou

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DÜRER ALBRECHT (1471-1528)

  • Écrit par 
  • Pierre VAISSE
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Dans le chapitre « Dürer et l'humanisme »  : […] S'il put ainsi s'élever au-dessus de sa condition, il le dut sans doute à un talent supérieur, mais aussi et peut-être avant tout à sa valeur intellectuelle et à ses préoccupations de théoricien par lesquelles il se trouvait lié aux humanistes. Nombre d'entre eux appartenaient en effet aux milieux patriciens, l'étude des textes anciens étant considérée, au contraire de l'exercice d'un art, comme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/albrecht-durer/#i_18354

Pour citer l’article

Michel MELOT, « CLOUET JEAN dit JANET (1485 env.-env. 1540) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/clouet-jean-dit-janet/