PANAMÁ CANAL DE

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Le statut du canal

Le traité Hay-Bunau-Varilla a soulevé, dès sa signature en 1903, l'indignation des Panaméens, notamment le point stipulant la concession à perpétuité aux États-Unis de la C.Z. (1 435 km2). Celle-ci devient, de fait, une colonie nord-américaine qui coupe en deux le Panamá : c'est un État dans l'État. Washington se voit concéder sans limitation et à perpétuité les terres et les eaux nécessaires au fonctionnement du canal en dehors de la C.Z. Le gouverneur de la C.Z., également président de la Compagnie du canal, est nommé directement par le président des États-Unis, avec approbation du Sénat. Des troupes américaines stationnent dans la zone pour garantir le fonctionnement du canal en cas de guerre, mais aussi pour y déployer leur quartier général dans les Caraïbes (forts, bases d'aviation, batteries de lancement d'engins téléguidés, base navale, etc.). Plusieurs écoles militaires entraînent officiers et sous-officiers des armées des pays latino-américains.

Ainsi, les gouvernements panaméens ont axé leur politique sur la révision des accords de 1903, non seulement dans un souci de récupérer partiellement les profits d'une affaire très rentable mais aussi pour satisfaire les revendications liées au sentiment national. Par des traités ultérieurs, en 1936 et en 1955, les États-Unis cèdent au Panamá le contrôle des ports de Colón et de Panamá. Mais les Panaméens réclament la souveraineté complète sur le canal. Après des années de négociation, un accord est conclu, le 7 septembre 1977, entre le colonel panaméen Omar Torrijos et le nouveau président américain Jimmy Carter. Les traités Torrijos-Carter abrogent les traités précédents et abolissent la C.Z. Ils garantissent le passage de celle-ci sous souveraineté panaméenne au 31 décembre 1999, après une période de transition de vingt ans au cours de laquelle Panamá obtient une part accrue des droits sur le trafic ; et ils prévoient le retrait graduel des troupes américaines des bases militaires. Les traités de 1977 sont complétés par un traité de neutralité, qui prend effet en 1979, sans limitation de durée, et garantit un accès sans discrimination aux navires de toutes les nations. Toutefois, les bâtiments de guerre américains bénéficient d'un droit de passage « sans délai ». Un amendement adopté unilatéralement par le Congrès autorise également les États-Unis à employer la force militaire, si besoin est, pour protéger le canal, ce qui leur donne la possibilité d'intervenir à tout moment dans les affaires du Panamá, ce qu'ils font lors de l'opération militaire Juste Cause, en décembre 1989, pour renverser le général Noriega.

Les États-Unis créent, en 1979, la Commission du canal de Panamá, un organisme panamo-américain qui se substitue à la Compagnie du canal de Panamá et au gouvernement de la C.Z. Depuis la rétrocession en décembre 1999, la Commission a laissé la place à l'Autorité du canal de Panamá (A.C.P.), qui est chargée de la gestion, du fonctionnement, de la maintenance et de la modernisation du canal. Elle est également tenue de gérer et de préserver les ressources hydriques de tout le bassin versant du canal, essentiel au fonctionnement de ce dernier.

Même si les bénéfices du canal et ses contributions au budget national n'ont cessé d'augmenter depuis que l'État panaméen perçoit directement les taxes de transit, 40 p. 100 des Panaméens vivent toujours au-dessous du seuil de pauvreté. Le canal garde ainsi toujours cette image d'un « îlot de luxe dans un océan de pauvreté ».

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Pour citer l’article

Wayne D. BRAY, Burton L. GORDON, Norman J. PADELFORD, William E. WORTHINGTON Jr., « PANAMÁ CANAL DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/canal-de-panama/