BONAPARTISME

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Phénomène spécifiquement français, le bonapartisme rend compte à la fois des pratiques politiques, économiques, sociales, culturelles des règnes de Napoléon Ier ou surtout de Napoléon III et de l'action politique des hommes ou des groupes qui entendent en transmettre l'héritage après 1870. Il s'oppose aux droites légitimistes et orléanistes par son mépris des hiérarchies naturelles, des élites et des notables traditionnels comme par son acceptation des effets socio-économiques de la Révolution et d'un État centralisé né du jacobinisme. Mais il se distingue des gauches républicaines ou socialistes, malgré sa politique en faveur des ouvriers (droit de grève, 1864) et l'ampleur de ses appuis populaires, par l'exercice solitaire et autoritaire du pouvoir, le refus de la libre représentation parlementaire et des partis, le contact direct entre le souverain et le peuple par le plébiscite, la confiscation des libertés publiques. Il constitue donc une situation d'exception dans l'affrontement droite-gauche constitutif de la vie politique française depuis 1789, même si ses oscillations entre des phases libérales et autoritaires, ses divisions chroniques entre « blancs » et « rouges » après 1870 révèlent qu'il ne s'en abstrait jamais totalement. Son originalité, grosse de contradictions fatales, réside dans l'aspiration à fonder une légitimité personnelle et dynastique sur l'adhésion populaire et le suffrage universel ; dans l'usage et la croissance autoritaires de l'État et de ses appareils répressifs ou idéologiques (administration, armée, Université, Église) au service de l'ordre et du progrès ; dans l'arbitrage permanent entre les intérêts de la nouvelle paysannerie propriétaire (Code civil, cadastre), de la bourgeoisie conquérante (grands travaux urbains, intervention de l'État dans la mise en place des moyens de communications modernes, politiques douanières), des ouvriers et de l'aristocratie en mutation (vie de Cour) ; dans une politique de grand [...]


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Écrit par :

  • : inspecteur général honoraire de l'Éducation nationale, ancien directeur de recherche au C.N.R.S., directeur de Vingtième Siècle (revue d'histoire)

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Dans le chapitre « Le parti bonapartiste »  : […] Jusqu'en 1860, l'opposition au régime est nulle ou totalement inefficace. Les monarchistes ont deux rois pour un trône. Des survivances régionales, surtout dans le Languedoc méditerranéen, dans l'Anjou, en Bretagne et en Vendée, conservent à la légitimité une force qui ne décline que lentement, mais ne possède plus aucun pouvoir d'expansion. Le comte de Chambord prescrit à ses fidèles de s'absten […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/second-empire/#i_22298

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Comte, puis duc de Persigny. Victor Fialin s'engage à dix-sept ans dans l'armée et commence une carrière militaire, mais ses convictions républicaines le font mettre en congé en 1831. Converti au bonapartisme par la lecture du Mémorial de Sainte - Hélène , il devient le complice de Louis-Napoléon Bonaparte qu'il pousse à agir et aide dans ses divers comp […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-gilbert-victor-persigny/#i_22298

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Pour citer l’article

Jean-Pierre RIOUX, « BONAPARTISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bonapartisme/