BOCCACE (1313-1375)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Avec Dante et Pétrarque, qu'il considérait comme ses maîtres, Boccace est l'écrivain le plus célèbre du Moyen Âge italien. Le plus méconnu aussi, du moins en France où les Contes de La Fontaine ont popularisé l'image d'un auteur gaillard, sans dimension philosophique, et où la critique, ignorant le débat ouvert par les travaux de Vittorio Branca sur « Boccace médiéval », le classe volontiers parmi les écrivains de la Renaissance. Il est vrai que le Décaméron occupe une place à part, tant dans la littérature européenne que dans l'abondante production de son auteur : livre d'avant-garde en plein milieu du xive siècle et recueil fondateur de la nouvelle occidentale, c'est aussi une œuvre ambiguë qui exprime les positions contradictoires de Boccace sur la société de son temps, ainsi que ses doutes devant une entreprise littéraire vouée par avance à la condamnation des lettrés.

Boccace, A. del Castagno

Boccace, A. del Castagno

Photographie

Andrea del Castagno (1421-1457), Boccace, fresque. Galleria degli Uffizi, Florence, Italie. 

Crédits : Istituto Geografico De Agostini

Afficher

La vie et les œuvres

De Naples à Florence

La biographie de Boccace éclaire de façon significative son parcours tourmenté d'écrivain. Né à Florence (semble-t-il) en 1313, Giovanni Boccaccio est le fils naturel d'un important homme d'affaires, Boccaccino di Chelino, originaire de Certaldo et résidant à Florence. Les registres de la taille attestent plusieurs de ses séjours à Paris. Boccaccino était lié à la compagnie des Bardi, société d'importance européenne, particulièrement puissante à Naples où elle gérait, outre ses affaires propres, les finances du royaume angevin. C'est précisément à Naples que se transfère en 1327 le père de Boccace, comme représentant des Bardi et conseiller du roi Robert qui lui confère le titre honorifique de chambellan. L'adolescent se trouve ainsi en contact avec deux milieux : celui des marchands (il remplit des fonctions de commis, de comptable, dans les entrepôts de Bardi) et celui de la cour, où il fréquente de jeunes nobles français ou napolitains et les fils de riches familles bourgeoises. Un peu p [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages




Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

Classification


Autres références

«  BOCCACE (1313-1375)  » est également traité dans :

LE DÉCAMÉRON, Boccace - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Claudette PERRUS
  •  • 905 mots
  •  • 1 média

Lorsque Boccace (1313-1375) écrit le Décaméron (1349-1351), il a derrière lui quelques œuvres latines, mais aussi toute une production lyrique et narrative : romans en vers (comme le Teseida, le Filostrato, le Ninfale fiesolano), en prose (le Filocolo, l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-decameron/#i_983

BEMBO PIETRO (1474-1547)

  • Écrit par 
  • Paul RENUCCI
  • , Universalis
  •  • 1 785 mots

Dans le chapitre « Défense et illustration de la langue italienne »  : […] De 1506 à 1511, Bembo demeura tantôt à Rome tantôt à Urbin, où brillait une cour raffinée autour du duc Guidobaldo et de son épouse Élisabeth de Gonzague. Il y fut l'ami de Baldassarre Castiglione et de Jean de Médicis, alors exilé de Florence. En 1512, il apporte, par une épître latine ( De imitatione ), une notable contribution au débat, ouvert une trentaine d'années plus t […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pietro-bembo/#i_983

CHAUCER GEOFFREY (1340 env.-env. 1400)

  • Écrit par 
  • Paul BACQUET
  •  • 1 298 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le classement des œuvres »  : […] Indépendamment de son œuvre en prose, on distinguait jadis trois périodes dans la carrière littéraire de Chaucer : 1. La période française (traduction partielle du Roman de la rose et The Book of the Duchess ). 2. La période italienne pendant laquelle, à la suite de missions à Gênes et Florence, il subit l'influence de Boccace : […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/geoffrey-chaucer/#i_983

GIOTTO

  • Écrit par 
  • Daniel RUSSO
  •  • 3 174 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Du peintre à l'artiste »  : […] Même si sa biographie laisse apparaître des lacunes dans notre information, Giotto a réalisé une œuvre de belle ampleur qui tranche avec ce qui a précédé. L'appréciation de Giovanni Villani fait entrevoir, cependant, des réalités qui s'écartent de la vision, trop lénifiante, trop simple aussi, à laquelle nous sommes habitués. Les remarques de Dante et de Boccace recoupent les observations de cert […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/giotto/#i_983

KEATS JOHN (1795-1821)

  • Écrit par 
  • Henri PEYRE
  •  • 3 571 mots

Dans le chapitre « Les grandes œuvres »  : […] Assez vite, Keats comprit que la poésie familière prônée par Leigh Hunt ne convenait pas à son génie. Dans la grisaille de l'hiver londonien et la torpeur de la vie politique et intellectuelle, hostile au romantisme de Shelley et au scandale soulevé par Byron, il rêva de légendes mythologiques et de la beauté des cultes païens. « Une chose de beauté est une joie éternelle » est le premier vers du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/john-keats/#i_983

MARGUERITE DE NAVARRE (1492-1549)

  • Écrit par 
  • Pierre JOURDA
  •  • 1 447 mots

Dans le chapitre « Conteuse et moraliste »  : […] L'œuvre maîtresse demeure toutefois ce recueil de contes inachevé : l' Heptaméron , publié après sa mort. Elle a voulu écrire un Décaméron français. Le temps lui a manqué pour le terminer. Boccace n'est pour elle qu'un modèle. Elle lui a pris un cadre sans le démarquer, pas plus qu'elle n'a plagié ses devanciers. L'œuvre est originale : elle vient le p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marguerite-de-navarre/#i_983

NOUVELLE

  • Écrit par 
  • ETIEMBLE, 
  • Antonia FONYI
  •  • 5 206 mots

Dans le chapitre «  La nouvelle en Europe »  : […] En Europe, l'histoire de la nouvelle commence, d'après certains chercheurs, à l'Antiquité gréco-romaine, mais d'autres placent ses débuts à la fin du xiii e  siècle, où elle émerge des décombres du Moyen Âge pour s'imposer comme genre autonome. Véhicule de la croyance incrédule de la Renaissance, bien qu'elle soit issue de l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nouvelle/#i_983

PÉTRARQUE

  • Écrit par 
  • Vittore BRANCA, 
  • Françoise JOUKOVSKY
  •  • 5 489 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La période italienne »  : […] La mort de ses amis les plus chers (« nous étions une foule, nous voici presque seuls », Familiares , VIII, vii ), l'hostilité du pape Innocent VI qui avait succédé en décembre 1352 au bienveillant Clément VI, les conflits de plus en plus âpres qui l'opposent à la curie d'Avignon à cause de Cola, de Rome et de sa polémique contre les médecins déciden […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/petrarque/#i_983

WILMOT ROBERT (1568 env.-1608)

  • Écrit par 
  • Henri FLUCHÈRE
  •  • 467 mots

On sait peu de chose de Robert Wilmot, sinon qu'il était dans les ordres, recteur de North Ockendon, Essex, en 1582, puis de Horndon-on-the-Hill, Essex, en 1585. Mais il a attaché son nom à une tragédie assez célèbre dans la production dramatique qui a précédé la grande époque, Gismond de Salerne , dont il écrivit le cinquième acte. La pièce fut jouée devant la reine, à l'Inn […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-wilmot/#i_983

Voir aussi

Pour citer l’article

Claudette PERRUS, « BOCCACE (1313-1375) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/boccace/