Bimini, ADDERLEY ("Cannonball")

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Après des débuts en Floride dans un orchestre de lycéens qu'il dirige, le saxophoniste Julian Edwin «Cannonball» Adderley (1928-1975) arrive à New York en 1955. Cette même année, lors d'une jam-session dans l'orchestre d'Oscar Pettiford, il se montre si convaincant – on voit en lui le nouveau Charlie Parker, qui vient de mourir – que Pettiford l'engage. Il forme en 1956 un quintette avec son jeune frère cornettiste Nat Adderley (Nathaniel Adderley, 1931-2000), puis rejoint Miles Davis, qui crée son fameux sextette avec John Coltrane. Cannonball Adderley va devenir l'ami de Miles et participer à deux albums majeurs de l'histoire du jazz: Milestones (1958) – avec Miles Davis, Red Garland, Philly Joe Jones, Paul Chambers et John Coltrane – et Kind of Blue (1959), avec Miles Davis, Bill Evans, Wynton Kelly, Jimmy Cobb, Paul Chambers et John Coltrane.

Son propre quintette s'affirme ensuite de 1960 à 1975. Outre sa valeur musicale intrinsèque et son jeu exubérant et énergique, Cannonball sait communiquer avec le public: lors de ses concerts, il présente ses musiciens, parle de son art... Il contribue également à faire connaître de nouveaux talents: Bill Evans, George Duke, Joe Zawinul. Ainsi en contact avec des musiciens aux idées neuves et fort des apports dont il fait bénéficier le hard bop par les emprunts qu'il fait au blues et au funk, il va être à l'origine du jazz rock.

Cannonball subit l'attraction du hard bop lorsqu'il enregistre en 1957 Bimini (qui n'a rien à voir avec le thème éponyme du guitariste Jim Hall). Sur cette lancée, il sortira le très funky The Cannonball Adderley Quintet in San Francisco (1960).

Bimini bénéficie de toute la compétence d'une rythmique composée de Sam Jones, solide contrebassiste (et occasionnellement violoncelliste) qui jouera avec Dizzy Gillespie et Thelonius Monk, et de Charles «Specs» Wright, futur batteur de Sonny Rollins et parfois percussionniste. La cymbale ride en cha-bada de Wright installe le soliste, qui joue principalement des croches ternaires. Le son du saxophone alto, brillant mais sans agressivité, inspirera les altistes funky, David Sanborn par exemple. Comme à son habitude, Cannonball Adderley n'est pas obsédé par les traits rapides: ce qui importe, c'est l'énergie, le drive et la conduite du flux mélodique, guidé par un jeu sur les imitations (cellules rythmiques, dessins mélodiques).

—  Eugène LLEDO

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Pour citer l’article

Eugène LLEDO, « Bimini, ADDERLEY ("Cannonball") », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bimini-adderley-cannonball/