BELGIQUEGéographie

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quelques données-clés.
CapitaleBruxelles
Langues officiellesallemand, français, néerlandais
Unité monétaireeuro (EUR)
Population11 585 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)30 528

Répartition de la population et armature urbaine

La répartition de la population reflète les modalités du développement économique tout autant que l'impact hérité des milieux naturels.

La haute Belgique a les densités les plus faibles, même si elles augmentent autour d'Arlon, dans l'extrême sud-est. De même, le nord-est est moins densément peuplé que la Flandre intérieure, malgré une forte fécondité jusque dans les années 1960. Cette situation est, certes, le reflet d'une faible fertilité des sols, mais également de l'intense travail agricole en Flandre intérieure depuis des siècles, en relation avec l'urbanisation précoce. Le caractère relatif de l'interdépendance de la fertilité des sols et des densités de population se retrouve dans les polders, terres fertiles mais pays de grandes exploitations conquises sur les terres submersibles par des abbayes médiévales et par des grands propriétaires, qui ont des densités moins importantes que celles de la Flandre sablonneuse.

Les fortes densités antérieures à la révolution industrielle ont augmenté avec l'industrialisation et la métropolisation dans la partie centrale de l'ancien duché de Brabant, entre Bruxelles, Louvain (Leuven) et Anvers et, plus à l'ouest, jusqu'à Gand. Les Flamands appellent ce quadrilatère central le Vlaamse ruit, c'est-à-dire le losange ou les facettes du diamant flamand. Comme partout en Belgique, mais plus encore ici, les fortes densités sont tout autant le fait de la périurbanisation et de la rurbanisation que de la proximité des villes entre elles. L'urbanisation des campagnes a commencé dès la fin du xixe siècle : les gouvernements belges ont alors encouragé les migrations alternantes quotidiennes de travail, appelées « navettes », qui bénéficiaient de la densité exceptionnelle du réseau ferré principal et de chemins de fer vicinaux, créés à partir de 1885. Le but était d'éviter de trop fortes concentrations ouvrières et de garder les ouvriers dans les villages, sous le contrôle des organisations catholiques.

En Wallonie, la seule zone de fortes densités, en dehors des récentes extensions périurbaines bruxelloises sur le Brabant wallon, est l'ancien sillon industriel. L'urbanisation préindustrielle était limitée dans le sud du pays. Les deux villes les plus importantes étaient les deux cités épiscopales historiques, Tournai, à l'extrême ouest de la Wallonie, et surtout Liège. Ce sillon, urbanisé au xixe siècle, est jalonné des agglomérations de Mons-Borinage, La Louvière, Charleroi, Namur et Verviers. Celles-ci ponctuent une conurbation diffuse, où s'enchevêtrent sites industriels – trop souvent en friche – et habitat, avec les alignements caractéristiques de maisons ouvrières des corons.

La navette a été amplifiée après la Seconde Guerre mondiale avec l'utilisation de l'automobile, la promotion de l'accession à la propriété individuelle et une politique laxiste d'aménagement du territoire qui n'a pas freiné la dispersion de l'habitat. La Belgique, et surtout le nord du pays, est ainsi devenue un pays où les villes alternent avec des espaces périurbanisés ou rurbanisés. Il n'est, dès lors, plus possible de caractériser les villes par la seule population de leur agglomération morphologique, cet espace urbanisé sans solution de continuité autour du noyau historique. Il faut également considérer une aire fonctionnelle plus large, définie par la zone de forte attractivité sur les navetteurs.

Ainsi, si l'aire morphologique de Bruxelles est déjà, avec près de 1,5 million d'habitants, bien plus large que l'entité administrative de Bruxelles-Capitale, l'aire fonctionnelle couvre les provinces du Brabant wallon et du Brabant flamand, sauf au nord-est la zone polarisée par Louvain, l'est de la Flandre orientale, de larges portions du nord du Hainaut et de la province de Namur. L'aire fonctionnelle d'Anvers s'étend sur les arrondissements d'Anvers et de Malines (Mechelen)– cette dernière ville jouant un rôle de centre secondaire –, et sur l'extrême nord-est de la Flandre orientale. Gand polarise le nord-ouest [...]

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Canal de Bruges (Belgique)

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Belgique : population

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Écrit par :

  • : docteur en sciences géographiques, professeur émérite à l'Université libre de Bruxelles, membre de la classe des lettres de l'Académie royale de Belgique, président de la Société royale belge de géographie

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Pour citer l’article

Christian VANDERMOTTEN, « BELGIQUE - Géographie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/belgique-geographie/