BAHREÏN

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Évolutions socio-économiques

Avant la découverte du pétrole, l'économie du Bahreïn reposait principalement sur le commerce des perles et l'agriculture, rendue possible par l'existence de nombreuses sources d'eau douce, aujourd'hui presque épuisées. L'économie perlière a périclité avec l'introduction sur le marché de la perle de culture japonaise, trois fois moins chère que la perle locale. Le développement de l'industrie pétrolière a par la suite entraîné un recul généralisé des surfaces cultivées, notamment des palmeraies, dont une grande partie est à l'abandon. L'agriculture n'a plus aujourd'hui qu'une part marginale dans l'économie.

Bahreïn : économie

Dessin : Bahreïn : économie

Bahreïn : réseau urbain et économie. 

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Bien qu'il soit le premier pays de la rive arabique du Golfe à avoir développé une industrie pétrolière, le Bahreïn dispose de modestes réserves en pétrole conventionnel : le gisement d'Awali est en voie d'épuisement, avec un peu moins de 125 millions de barils de réserve. En 1958, le Bahreïn a dû accepter de partager avec l'Arabie Saoudite la propriété du puits de pétrole off-shore d'Abu Safa. Le puits est exploité par la compagnie nationale saoudienne Aramco, qui reverse au Bahreïn la moitié des revenus qu'elle en tire, soit environ 1 milliard de dollars par an. Entre 70 % et 80 % des revenus de l'État du Bahreïn proviennent d'Abu Safa, ce qui entraîne une étroite dépendance économique vis-à-vis de l'Arabie Saoudite. Dans ce contexte, plus que l'extraction, la principale activité de l'industrie pétrolière bahreïnienne est le raffinage de pétrole brut saoudien. Il existe également de nombreuses activités pétrochimiques. En 2017, le secteur pétrolier et gazier représentait 75 % du budget de l'État, mais ne contribuait que pour 18 % au PIB. La découverte, en 2018, d’un énorme champ off-shore de pétrole de schiste baptisé Khalij Al-Bahrain pourrait changer la donne économique et politique : Il contiendrait en effet jusqu’à 80 milliards de barils de pétrole et entre 283 milliards et 566 milliards de mètres cubes de gaz.

Pour faire face à l'épuisement de ses ressources en hydrocarbures, le Bahreïn a cherché à diversifier son économie dès les années 1970. Avec l'aide financière des monarchies pétrolières plus riches, principalement l'Arabie Saoudite et le Koweït, de grands projets industriels ont été réalisés. En 1971 était mise en service la fonderie d'aluminium de la société Alba (Aluminium Bahrain), dans laquelle la participation saoudienne est de 20 %. Bahreïn dispose également depuis 1977 du plus grand chantier de réparation navale de la région : la cale sèche géante de l'ASRY (Arab Ship Repair Yard), qui appartient conjointement aux sept membres de l'OPAEP (Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole) et permet la réparation des superpétroliers. Mais l'insécurité endémique dans les eaux du Golfe a considérablement freiné l'activité de cette cale sèche. À partir des années 1980, le Bahreïn a également développé un secteur touristique à vocation régionale. Le « pont du roi Fahd » a facilité l'arrivée d'une clientèle saoudienne en quête de divertissements bannis dans le royaume (cinéma, plage, alcool, etc.).

La principale réussite de la diversification économique est sans aucun doute le secteur financier. Bahreïn est devenu une grande place financière en 1975, lorsqu'il a ouvert la possibilité d'établir des « banques off-shore », destinées à opérer vers l'extérieur. Le Bahreïn a également été pionnier dans le secteur de la banque islamique. Plusieurs facteurs ont contribué au succès du secteur financier bahreïnien : la facilité et la qualité des communications, l'importance de l'équipement hôtelier, le sérieux du contrôle exercé par la Bahrain Monetary Agency, enfin la situation géographique du pays, qui permet aux banques de Manama de fonctionner avant la fermeture de la place financière de Tōkyō et après l'ouverture de celle de New York. Le Bahreïn a aussi indirectement bénéficié de la guerre civile libanaise (1975-1990), qui a affaibli le secteur bancaire du Liban, auparavant principale place financière du Moyen-Orient. En 2020, le Bahreïn comptait 376 institutions financières (banques, compagnies d'assurances, etc.), parmi lesquelles 36 établissements islamiques. Le total des actifs des établissements financiers atteignait 212 milliards de dollars.

Dès le début de l'ère pétrol [...]

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Bahreïn : carte physique

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			Cheikh Issa bin Salman Al Khalifa, 1969

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Pour citer l’article

André BOURGEY, Laurence LOUËR, « BAHREÏN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bahrein/