AZTÈQUES (notions de base)

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La société aztèque

La société aztèque était fortement hiérarchisée, assignant à chacun une place prédéfinie. Héritière directe des Toltèques, cette théocratie guerrière était dominée par la figure sacrée de l’empereur, entouré des prêtres et des guerriers. L’ensemble des activités de la société, arts, sciences et commerce, était subordonné au culte des dieux.

Toute-puissance du destin

La société aztèque est régie par un système de prédestination absolue. Le destin (tonalli) de chaque homme descend en lui au moment de sa naissance. Il est révélé par un devin, le tonalpohuani, après lecture du tonalamatl, « le livre des destins », qui reprend le comput du calendrier sacré de vingt symboles gouvernant une période de 13 jours, soit 260 jours. À chaque jour correspond une valeur particulière résultant de l'influence simultanée de multiples facteurs, fastes, néfastes ou indifférents.

Après l'imposition du nom à l'enfant, l'observance du destin fixé par le devin est impérative. Dans la société aztèque, la place et la fonction sont subordonnées aux signes déterminant la vie de chacun. La prédestination prend place dans un ordre social où la notion d'individu est inconnue, où seule compte la cohésion communautaire.

Organisation sociale des Mexica

La vie des anciens Mexicains est donc organisée à partir d’une structure sociale à la fois complexe et très hiérarchisée. Au sommet de la cité, sous l’autorité du tlatoani, l’« empereur », le pouvoir est partagé entre les prêtres et les guerriers.

Les prêtres forment une caste assez fermée, qui se recrute principalement parmi les fils des dignitaires militaires, formés dans des écoles spécifiques, les calmecac. Ils sont voués au célibat. Ils se différencient par le culte rendu dans chaque temple ou par d’autres rites qu’ils assurent.

Les guerriers étaient dominés par quatre hauts dignitaires, dont « le chef des hommes », chef suprême des armées. La position hiérarchique s’appuyait sur la valeur guerrière et chacun, y compris les hommes du commun, pouvait accéder au plus haut rang en prouvant sa bravoure. Après leurs classes dans le telpochcalli (école élémentaire, littéralement « maison des adolescents »), où ils se formaient à l’ardeur et à l’endurance, les jeunes guerriers devaient faire quatre captifs pour être admis au rang de guerrier confirmé. Leur ascension pouvait se poursuivre jusqu’à leur permettre d’entrer dans deux ordres d’élite, celui des « guerriers-aigles » et celui des « guerriers-jaguars ».

Le commerce d’objets de luxe était particulièrement important dans la société aztèque. Il était aux mains de puissantes corporations marchandes, les pochteca. Leurs émissaires traitaient avec les cités des basses terres tropicales, en particulier sur le territoire des Mayas. Ils importaient à l’usage exclusif des dignitaires les produits requis par le culte, l’apparat et le prestige, comme l’encens, le caoutchouc, les peaux de jaguar, les bijoux d’or, les grelots de cuivre et les plumes précieuses.

Le reste du peuple se composait d’hommes libres, pour la plupart paysans, et d’esclaves, les tlatlacotin. La femme avait la charge des tâches domestiques et elle s’éloignait rarement de son village ou de son quartier. L’homme, en revanche, est passablement nomade et demeure absent de la maison durant la journée ; il chasse ou s’occupe des travaux des champs, lesquels peuvent être situés à plusieurs kilomètres de son toit.

Les arts au service des dieux

La société aztèque accordait une importance particulière à l’art monumental et à l’artisanat de luxe. Architectes, sculpteurs et peintres se vouaient exclusivement à un art officiel et sacré. Tous les monuments de l’époque aztèque correspondent à des types architecturaux codifiés en fonction de leur destination religieuse ou politique. La libre inspiration n’est pas de mise. Le contenu symbolique d’un objet l’emporte toujours sur son traitement esthétique. Il en va de même pour les peintures murales et les manuscrits qu’il faut lire comme autant de textes écrits suivant un riche système pictographique, et non comme des créations artistiques.

Conquêtes d'Axayacatl

Photographie : Conquêtes d'Axayacatl

Accompagnés d'annotations en espagnol, les glyphes aztèques racontent les conquêtes du souverain Axayacatl. À droite sont inscrites les dates de son règne et, sur toute la page, les cités qu'il a successivement soumises. Codex Mendoza, 1535-1550. Bodleian Library, Oxford, Royaume-Uni. 

Crédits : Bodleian Library Oxford/ The Bodleian Library/ The Art Archive/ Picture Desk

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Parmi tous les artisans, les orfèvres et les plumassiers jouissaient du plus grand prestige. Ils habitaient des quartiers réservés, regroupé [...]

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L'Amérique centrale avant les Aztèques

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Mexico-Tenochtitlán : la fondation

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Pour citer l’article

« AZTÈQUES (notions de base) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/azteques-notions-de-base/