NAÏF ART

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Calendrier de l'année 1897

Calendrier de l'année 1897
Crédits : De Agostini

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Moi-même. Portrait-paysage, H. Rousseau

Moi-même. Portrait-paysage, H. Rousseau
Crédits : Bridgeman Images

photographie


Le musée des Arts et Traditions populaires présentait naguère au cours d'une exposition une douzaine de crémaillères, toutes dues à d'anonymes ferronniers, ou plus exactement à des maréchaux-ferrants inconnus, à faire blêmir d'envie tous les González et tous les César de la terre tant la fonction de suspendre des marmites au-dessus des flammes y avait été l'occasion magistrale d'invention plastique, y avait fourni prétexte à poésie en même temps qu'à virtuosité artisanale. Ces crémaillères ont été forgées par les pères des naïfs, c'est-à-dire les grand-pères de l'art moderne. Cette hypothèse a de fortes chances de serrer la vérité de près : quand les naïves, parfois obscures et quelquefois folles inventions des forgerons de village, des potiers champêtres et des menuisiers campagnards (et il ne s'agissait pas du tout de cas isolés, car le peu de moyens et l'inventivité extrême développée par la pénurie chez qui demeure cependant en contact avec les forces de la nature poussèrent souvent le paysan à être son propre maréchal, son propre charpentier et son propre maçon), quand ces inventions furent ruinées par la concurrence de la pacotille manufacturée que la révolution industrielle jeta sur les marchés les plus reculés, ce fut davantage une débâcle de l'imaginaire que de l'économique. Chassées des objets utilitaires, à l'occasion desquels elles trouvaient seulement à s'exprimer (faute de grands loisirs d'une part, mais également parce qu'il existe rarement aujourd'hui une véritable relation entre le travail quotidien et l'imagination), ces inventions naïves, obscures ou folles allaient être encouragées, par une curieuse adversité, à se manifester en dehors des arts appliqués. Certes, on peut objecter que l'homme qui a orné à son gré de quelques figures le buffet par lui fabriqué ne songera pas à en faire autant sur un Henri II Lévitan pas plus qu'il ne décidera de s'adonner à l'aquarelle. Mais c'est oublier que l'icône religieuse ou civique (portraits du souverain, du général, de la sainte) n'est pas absente de l'expérience ni du foyer du primitif rural et que la m [...]

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Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S., docteur ès lettres

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«  NAÏF ART  » est également traité dans :

ART BRUT

  • Écrit par 
  • Hubert DAMISCH, 
  • Hervé GAUVILLE
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Dans le chapitre « Art brut, art naïf, art psychopathologique »  : […] Il importe de ne pas confondre les productions ainsi étiquetées du nom d'art brut – et auxquelles il convient d'ajouter manuscrits et écrits divers – avec telles formations naturelles, ou objets de rebut, auxquelles le goût du temps nous porte à prêter une vertu esthétique, et moins encore avec d'autres produits dont notre époque se veut particuliè […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-brut/#i_24751

BAUCHANT ANDRÉ (1873-1958)

  • Écrit par 
  • Pierre ROBIN
  •  • 197 mots

Paysan de Touraine, André Bauchant n'a commencé à peindre qu'à l'âge de quarante-sept ans ; il expose pour la première fois, en 1921, au Salon d'automne. Très vite, il va occuper une place de premier plan parmi les « maîtres populaires de la réalité » (popularité consacrée par Diaghilev qui lui commande le décor d' Apollon Musagète ). On retrouve, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/andre-bauchant/#i_24751

BOMBOIS CAMILLE (1883-1970)

  • Écrit par 
  • Pierre ROBIN
  •  • 245 mots

Fils d'un batelier, Camille Bombois fut tour à tour gardien de troupeaux, valet de ferme, hercule de foire, terrassier, typographe, avant de pouvoir, à partir de 1922, se consacrer entièrement à la peinture. L'œuvre de ce maître de l'art naïf est l'un des plus authentiquement et des plus savoureusement populaires, même si, la célébrité venue, il a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/camille-bombois/#i_24751

CHEVAL FERDINAND (1836-1924)

  • Écrit par 
  • Pierre ROBIN
  •  • 1 000 mots

Né à Charmes, dans la Drôme. Facteur rural à Hauterives, Ferdinand Cheval dispose d'un petit bagage de connaissances géographiques, historiques et scientifiques. Fonctionnaire sans reproche, il semble avoir été également bon époux et bon père. Il est donc voué manifestement, en dépit de son nom de centaure postal, à l'une de ces existences sans his […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ferdinand-cheval/#i_24751

FOUÉRÉ ADOLPHE JULIEN (1842-1910)

  • Écrit par 
  • José PIERRE
  •  • 513 mots

C'est à l'âge de quarante ans que l'abbé Fouéré, plus généralement désigné comme « l'ermite de Rothéneuf » ou « l'ancien recteur » par les autochtones, entreprend de sculpter les rochers du rivage de l'une des avancées du littoral breton entre l'estuaire de la Rance et la baie du Mont-Saint-Michel. Le thème qu'il choisit de traiter, c'est l'évocati […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/adolphe-julien-fouere/#i_24751

GRANDMA MOSES (1860-1961)

  • Écrit par 
  • Pierre GEORGEL
  •  • 387 mots

Illustre centenaire de la peinture américaine, Grandma Moses, de son véritable nom Anna Mary Robertson, était une fermière de la Nouvelle-Angleterre, épouse de Thomas S. Moses, qui à près de quatre-vingts ans se prit de passion pour la peinture. Elle se consacra à la peinture, qui l'avait déjà attirée au cours des années vingt, avec tout le naturel […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/grandma-moses/#i_24751

HICKS EDWARD (1780-1849)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 330 mots

Peintre américain, né le 4 avril 1780 à Attleborough (Pennsylvanie), mort le 23 août 1849 à Newtown, près de Philadelphie (Pennsylvanie). Edward Hicks vient tard à la peinture d'art. Peintre de voitures et d'enseignes dès son plus jeune âge, il rejoint le regroupement religieux des quakers et consacre pendant de nombreuses années toute son énergie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/edward-hicks/#i_24751

HIRSHFIELD MORRIS (1872-1946)

  • Écrit par 
  • Gérard LEGRAND
  •  • 192 mots

Né dans une bourgade de la Pologne russe, immigré aux États-Unis en 1890, ce fabricant de pantoufles pour dames vient à la peinture en autodidacte et ne sera découvert qu'en 1939 par l'infatigable critique d'art Sidney Janis. L'œuvre de Hirshfield en fait l'un des très rares « naïfs » véritablement originaux depuis le Douanier Rousseau. La plupart […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/morris-hirshfield/#i_24751

JAKOVSKY ANATOLE (1907-1983)

  • Écrit par 
  • José PIERRE
  •  • 456 mots

Né en 1907 à Kichineff (Roumanie), le critique d'art Anatole Jakovsky meurt à Paris le 24 septembre 1983. Son nom reste attaché au destin de l'art naïf et, en ce sens, le couronnement de sa carrière aura été l'ouverture à Nice, en 1982, du Musée international d'art naïf Anatole Jakovsky, constitué à partir de ses propres collections. Avant de se […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anatole-jakovsky/#i_24751

PICKETT JOSEPH (1848-1918)

  • Écrit par 
  • Claude JACQUET
  •  • 255 mots

Peintre naïf américain, Joseph Pickett est un autodidacte. Il fit de nombreux métiers, devint charpentier, puis travailla à la construction de bateaux et voyagea longtemps comme forain. Dans la dernière décennie du xix e  siècle, il ouvrit une boutique d'épicerie dans sa ville natale, New Hope en Pennsylvanie, et consacra ses loisirs à la peinture. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-pickett/#i_24751

PIROSMANI NIKO (1862-1918)

  • Écrit par 
  • Régis GAYRAUD
  •  • 939 mots

Le peintre Nikala Pirosmanachvili (Niko Pirosmani) naquit en 1862 à Mirzaani, en Géorgie sous domination russe. Son père était un paysan pauvre, sa mère fabriquait des tapis. Orphelin à huit ans, il fut recueilli par une famille cultivée de Tiflis, apprit le russe et reçut une instruction artistique. Il semble en effet qu'il fut confié par ses pare […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/niko-pirosmani/#i_24751

ROUSSEAU HENRI (1844-1910)

  • Écrit par 
  • Dora VALLIER
  •  • 1 736 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Un naïf consacré par l'avant-garde »  : […] Contemporain des impressionnistes, Rousseau aime à peindre des paysages observés sur le vif. Mais, loin de posséder leur science, il improvise, et, dans cette improvisation totale du métier, ses dons de coloriste chaque fois l'emportent. Parallèlement, une certaine maladresse perce, due à son désir d'inscrire dans son tableau la réalité telle qu'i […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/henri-rousseau/#i_24751

SÉRAPHINE SÉRAPHINE LOUIS dite (1864-1942)

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  • Pierre ROBIN
  •  • 150 mots

Femme de ménage de Senlis dont l'œuvre occupe une place tout à fait à part dans l'art naïf : Séraphine se situe à peu près à mi-chemin entre la peinture naïve proprement dite, et celle (si fascinante et si diverse) des aliénés. Une étrange ferveur l'habite, où se mêlent exaltation et tourment. Elle ne travaille jamais d'après nature, mais se borne […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/seraphine-seraphine/#i_24751

UHDE WILHELM (1874-1947)

  • Écrit par 
  • Gérard LEGRAND
  •  • 309 mots

Il n'est sans doute pas un collectionneur qui aujourd'hui ne rêve d'avoir la chance et le flair de cet « autodidacte ». D'origine allemande, fixé en France en 1903, Wilhelm Uhde découvre immédiatement le Douanier Rousseau, sur lequel il sera le premier à écrire un livre : Henri Rousseau, le Douanier (1911). Il s'intéresse en même temps à Braque et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/wilhelm-uhde/#i_24751

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Pour citer l’article

José PIERRE, « NAÏF ART », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-naif/