CHAUDET ANTOINE DENIS (1763-1810)

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La courte carrière du sculpteur français Antoine Denis Chaudet, qui ne couvrit qu'une vingtaine d'années, suffit à faire de lui le sculpteur le plus marquant de la période napoléonienne.

Ses débuts furent aisés : il obtint le prix de Rome en 1784, passa quatre années en Italie, puis revint en France en 1789. Très tôt remarqué par les milieux artistiques de l'Empire, il reçut des commandes prestigieuses : le fronton du Corps législatif, la statue de Napoléon qui surmonta la colonne Vendôme jusqu'en 1814. Son œuvre conservée ne comporte qu'un petit nombre de pièces qui sont dispersées. Mais un de ses premiers reliefs, Le Dévouement à la Patrie, décore encore le péristyle du Panthéon, et constitue l'un des rares vestiges de la sculpture monumentale des années révolutionnaires. Plus tard, les thèmes de ses statues sont empruntés au répertoire des sujets antiquisants déjà à la mode sous la Révolution et sous l'Empire, avec une préférence pour les sujets élégiaques. Chaudet les conçoit avec la lisibilité propre au néo-classicisme et les exécute dans un style poli et précieux, Cyparisse pleurant un jeune cerf (marbre, musée de l'Ermitage), Œdipe enfant rappelé à la vie (marbre, Louvre). Son ouvrage le plus célèbre, L'Amour (marbre, Louvre), reprend un thème favori du néo-classicisme international traité par tous les grands sculpteurs de son époque : Chaudet en donne une représentation originale et élégante. Il pratiqua le portrait, le groupe et la statue dans un esprit attentif à l'art de Canova. Reprenant de nombreux traits du sculpteur italien, s'intéressant comme lui à des modes expressifs et à des sujets allégoriques, il s'attache néanmoins à exprimer des intentions plus recherchées. Comme lui, il a un sens des arrangements gracieux et un goût pour les matériaux précieux tels que le marbre ou pour les métaux rares. Par son exécution, Chaudet s'éloigne toutefois de la pratique canovienne. Il exprime un intérêt appuyé pour des volumes plus nourris et des formes plus amples : La Paix (argent, Louvre). En cela, il échappe nettement à l'affectation et à la fadeur dont l'art canovien n'est pas toujours exempt. Dans ses portraits, Chaudet introduit une volonté d'expression sévère et traite avec vigueur l'anatomie de ses modèles.

L'Amour, A. D. Chaudet

L'Amour, A. D. Chaudet

photographie

L'Amour, marbre du Français Antoine Denis Chaudet (1763-1810). Louvre, Paris. 

Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

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—  Jacques de CASO

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Californie, Berkeley (États-Unis)

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Pour citer l’article

Jacques de CASO, « CHAUDET ANTOINE DENIS - (1763-1810) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/antoine-denis-chaudet/