ANGUIER FRANÇOIS (1604-1669) & MICHEL (1612-1686)

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Élève de Simon Guillain, François Anguier demeure un représentant quelque peu attardé des traditions artisanales de la maîtrise, avant que l'Académie ne vienne organiser et définir les grandes orientations de la sculpture classique. Ayant exécuté des travaux dans le nord de la France, il part pour l'Italie vers 1641 avec son frère Michel. Tous deux vont travailler chez l'Algarde. En 1643, François Anguier quitte Rome. Sollicité, dès son retour en France, par de nombreuses commandes, il se consacre à la sculpture funéraire, perpétuant ainsi la vocation des sculpteurs français. Son art est empreint d'une certaine animation baroque perçant sous l'aspect réaliste et austère de la tradition française. Il exécute, en collaboration avec son frère et les sculpteurs Thibaut, Poissant et Regnaudin, le monument funéraire des Montmorency (lycée de Moulins) qui — à l'exemple des tombeaux italiens de la Renaissance — occupe toute une partie de la chapelle, formant une construction à étages rythmée de colonnes et de niches et couronnée par un entablement à fronton. Le tombeau du président de Thou (musée du Louvre) allie en un curieux mélange la figure traditionnelle de l'orant, homme agenouillé devant un prie-Dieu, la grâce maniériste de la statue d'une des deux femmes, et le caractère plus monumental des atlantes nus assis sur le sarcophage. Cet éclectisme se retrouve dans le monument des ducs de Longueville (env. 1663, musée du Louvre), ouvrage collectif d'une conception élégante où le thème médiéval des vertus cardinales est associé à un obélisque antique supportant des emblèmes héroïques. L'ensemble est animé par la polychromie des marbres noirs, blancs, et des bas-reliefs dorés, bien caractéristique de cette période de transition.

Certainement plus habile et plus souple que son frère, Michel Anguier va participer — modestement — au renouveau de la sculpture française. Il reste dix ans à Rome dans l'atelier de l'Algarde et rapporte en 1651 des moulages d'apr [...]



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Écrit par :

  • : historien de l'art, chargé de mission à la Caisse nationale des monuments historiques et des sites

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Jean-Pierre MOUILLESEAUX, « ANGUIER FRANÇOIS (1604-1669) - & MICHEL (1612-1686) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/anguier-francois-et-michel/