7. La critique des romans de chevalerie aux XVIe et XVIIe siècles
Après une vogue et un engouement incroyables (on sait que sainte Thérèse d'Avila, saint Ignace de Loyola furent, à une certaine période de leur vie, passionnés par ce genre de lectures), favorisés peut-être par les hauts faits d'armes et les entreprises de conquête du règne des Rois Catholiques et de Charles V qui étaient comme l'apothéose des idéaux du Moyen Âge, cette vogue déclina peu à peu sous le règne de Philippe II. Dans une étude, Edward Glaser a bien analysé et classé les divers arguments dont se servirent, aux xvie et xviie siècles, les défenseurs et les détracteurs des romans de chevalerie. Un premier groupe, et c'est celui qui compte le plus d'adeptes, fustige un genre dans lequel on ne voit que bêtise, poison venimeux, pièges tendus par le démon pour perdre les âmes des lecteurs. Mais il est vrai que le plus souvent ces mêmes détracteurs censurent aussi toute littérature séculière. Un groupe beaucoup plus restreint reproche à ces romans un manque total de qualité littéraire. Un troisième groupe reconnaît, avec ou sans réserves, la valeur exemplaire des fictions chevaleresques, et, enfin, quelques auteurs éclairés, au lieu de condamner l'ensemble de ces romans, font l'éloge des quelques œuvres privilégiées, telles que l'Amadis ou le Palmerín de Inglaterra. Et il faut bien reconnaître que, avec quelques réserves, certes, la critique moderne se retrouve d'accord avec le jugement de ces esprits éclairés.
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