3. García Rodríguez de Montalvo
Peu après 1492, García Rodríguez de Montalvo entreprit de remanier les trois premiers livres d'Amadis et de leur donner une suite, non sans les mettre au goût du jour. C'est ainsi qu'à l'idéal médiéval fut mêlé un idéal d'élégance et de raffinement et, au vieux langage, un style plus recherché et plus oratoire.
Dans son prologue, Montalvo justifie ainsi son entreprise : il veut, dit-il, laisser de lui quelque louable mémoire, mais, se sentant incapable d'imiter les nobles historiens, il choisit la fiction, car on peut aussi trouver dans les faits merveilleux hors de l'ordre de la nature de louables exemples dignes d'être imités. Il a donc choisi de corriger les trois premiers livres d'Amadis, viciés par de mauvais remanieurs, et de traduire le livre IV et Les Exploits d'Esplandian, récemment trouvés – fiction courante à l'époque – près de Constantinople. Ainsi corrigés et complétés, ces livres seront profitables à tous les chevaliers, jeunes et vieux, qui y trouveront, au milieu de l'agrément des aventures, de vertueux exemples et une salutaire doctrine.
Tel est l'Amadis, qui est parvenu jusqu'à nous et dont la première édition connue – mais il est très vraisemblable que d'autres la précédèrent – est de 1508.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages…



