8. Le roi et le Parlement au XIXe siècle
Au début du xixe siècle, il n'y avait pas trace aux Pays-Bas d'une démocratie parlementaire : le droit de vote était réservé à un groupe infime d'électeurs, il n'existait pas encore de partis au sens moderne du mot ; quant à la responsabilité ministérielle et à l'autorité parlementaire, il n'en était pas encore question. La Constitution attribuait beaucoup de pouvoir au roi et limitait l'influence des ministres et du Parlement. Les premiers n'étaient responsables que devant le roi et non devant le Parlement. Bien que ce dernier eût acquis un certain nombre de droits, son mandat n'avait rien d'impératif. Son influence dépendait donc de sa collaboration avec le roi, l'autocratie de ce dernier impliquant sa paralysie. Deux révisions et une crise constitutionnelles jetèrent les bases d'une démocratie parlementaire moderne. La nouvelle Constitution de 1840 – rendue nécessaire par l'indépendance de la Belgique – apporta une première modification, bien timide, au despotisme éclairé de Guillaume Ier : l'introduction de la responsabilité pénale des ministres rendait désormais impossible l'autoritarisme royal. Les ministres demeuraient cependant les serviteurs du souverain. Le grand changement survint plus tard lors de la réforme constitutionnelle de 1848, conduite par Johann Rudolf Thorbecke, très moderne pour le pays : l'introduction de la responsabilité politique des ministres excluait en principe l'autocratie royale. Le Parlement se voyait en outre doté d'un certain nombre de droits importants : le droit d'enquête, le droit d'amendement et le droit d'interpellation, cependant que le budget annuel était désormais obligatoire et que les ministres y étaient assujettis. Dans la pratique, il s'avéra que les relations entre le roi, le cabinet et le Parlement pouvaient faire l'objet d'interprétations différentes. La crise qui éclata sous le cabinet conservateur de J.P.J.A. Van Zuylen von Nijevelt (1866-1868) constitua un précédent, qui marqua … ]
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