5. La République ou les sept mini-républiques (XVIe-XVIIIe s.)
L'établissement de la République signifiait une victoire pour les provinces et les villes. La République était constituée de sept mini-républiques, à leur tour fragmentées en une foule de micro-républiques dans lesquelles des collèges extrêmement divers, allant des régents aux directions de wateringues, exerçaient le pouvoir. Et pourtant, il existait effectivement quelques facteurs centralisateurs. Les provinces étaient incapables de continuer séparément la lutte contre l'Espagne : rien d'étonnant donc à ce que deux pouvoirs centralisateurs (le Conseil d'État et le stathouder en la personne de Maurice de Nassau, représentant respectivement les intérêts financiers et l'armée) aient pesé de tout leur poids dans les premières années qui suivirent la décision révolutionnaire de 1588. L'action unificatrice de l'ennemi extérieur traversa comme une onde de choc l'histoire de la République. Maurice de Nassau pensait que la Trêve (1609-1621) amènerait l'éclatement de la fragile unité. La paix de Münster (1648) comportait le même danger. La catastrophique année 1672, où la République fut attaquée conjointement par une série d'États, donna indubitablement l'illusion d'une unité retrouvée, manifestée par « l'appel du stathouder ». Les menaces franco-anglaises du xviiie siècle eurent souvent le même effet. La deuxième force centralisatrice était le stathouder. Rien d'étonnant à ce qu'il ait essayé de maintenir en temps de paix l'autorité qu'il exerçait tout naturellement en temps de guerre. La lutte entre le stathouder et ses partisans contre les provinces, qui aspiraient précisément à la décentralisation, connut des fortunes diverses. Maurice de Nassau réussit à écarter Oldenbarnevelt. Pendant la Première Période sans Stathouder, c'étaient les partisans des États qui donnaient le ton. Devant la menace française après 1672, Guillaume III parut souder le pays autour de sa personne. Au cours de la Seconde Période sans Stat […]
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