Ougarit (ou Ugarit) est le nom antique d'une cité du IIe millénaire avant J.-C. située sur le tell de Ras Shamra (côte méditerranéenne de la Syrie, à 10 km au nord de Lattaquié), capitale du royaume du même nom. Le nom d'Ougarit est attesté seulement pour la dernière période de son histoire, mais la ville dont les restes couvrent le tell correspond à la dernière phase d'une occupation humaine, à peu près continue, de six millénaires, depuis l'installation des premiers occupants au VIIIe millénaire. Ougarit connaît à la fin du Bronze récent (xive-xiie s. av. J.-C.) une assez longue phase de prospérité dont témoignent les vestiges architecturaux, le riche mobilier des tombes et de l'habitat, et le contenu de plusieurs milliers de tablettes écrites en signes cunéiformes. Mais cette période se termine par une rapide décadence et la ville ne résiste pas au passage des « Peuples de la mer » : elle est détruite vers 1190, et le royaume disparaît définitivement au début du xiie siècle avant J.-C.
1. Histoire des fouilles
La découverte fortuite d'une tombe dans la baie de Minet el-Beida a marqué le début des travaux de la mission archéologique française : en 1929, des fouilles ont été entreprises par C. F. A. Schaeffer et G. Chenet à la fois sur le site portuaire de Minet el-Beida et sur le tell de Ras Shamra, distant de moins de 1 kilomètre, qui s'est révélé un important site urbain. Dès la première campagne, on a trouvé, au milieu des restes architecturaux du Bronze récent (xive-xiie s.) au sommet de la ville (Acropole, Maison du grand prêtre), des tablettes d'argile portant des textes notés en cunéiforme dans la langue, l'« ougaritique », qui appartient au groupe sémitique occidental (comme le phénicien, l'araméen, l'hébreu) ; ces tablettes portaient des poèmes mythologiques centrés sur le dieu Baal, qui ouvraient des perspectives nouvelles sur la Bible, et renouvelaient la connaissance qu'on avait de son « substrat culturel cananéen ». Depuis cette date, la mission a poursui […]
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