12. Les mythes
Les mythes les plus importants appartiennent au cycle de Baal ; celui-ci constitue un long poème de deux mille lignes environ dont quinze cents nous sont parvenues. Il se divise en deux parties : les luttes de Baal et de Yam, le dieu de la mer, et les luttes de Baal et de Môt, le dieu de la mort.
• Baal et le dieu de la mer
Au début de l'action, le monde divin est dominé par le dieu El, le père des dieux, des années et des hommes, « le bienveillant El qui est compatissant ». Il est représenté comme un vieillard barbu ; son animal attribut est le taureau, symbole de la force ; en fait, El est lointain, inactif et faible. Il habite avec son épouse Ashérat, ses enfants Yam et Baal, et les enfants de ce dernier, à la source des fleuves à la limite des deux abîmes, celui des eaux salées et celui des eaux douces. Le fils bien-aimé de El, probablement son premier-né, celui qu'il a tenu dans ses bras à sa naissance, est le prince Yam, le dieu de la mer qui porte encore le nom de Juge-Fleuve parce que son domaine s'étend aussi sur les eaux douces. Yam n'a point d'épouse. Son adversaire est Baal, appelé aussi Aliyan Baal, prince de la Terre et chevaucheur des nuées. Son associée, la déesse Anat, est vierge, aussi est-elle appelée sœur et vraie fiancée de Baal et non pas son épouse ; elle est la belle-mère des peuples et donne à Baal de nombreux enfants. La tension entre Baal et Yam naît de leur cohabitation, car Baal n'a pas de maison. Aux premières scènes du mythe, Yam, fort de la faveur de El, réclame de l'assemblée des dieux qu'on lui livre Baal et son domaine. À la formulation de cette exigence « les dieux plaquèrent leur tête à leurs genoux et à leurs sièges princiers » ; seul Baal garde son sang-froid, leur reproche leur couardise et se charge de répondre. Malgré cela, El acquiesce à la requête des messagers de Yam. Baal, alors, défend par les armes ses prérogatives : armé d'une massue magique, il s'élance en combat singulier ; Yam résiste ; une nouvelle arme plus […]
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