11. La langue
La langue d'Ougarit était cananéenne : langue sémitique à morphologie flexionnelle, à support sémantique trilitère, à verbe aux formes modales plutôt que temporelles, elle servait de langue religieuse. Le babylonien était la langue diplomatique et juridique. Le hourrite, langue d'origine asiatique, était couramment utilisé. On y a aussi trouvé des inscriptions hiéroglyphiques égyptiennes, des tablettes en écriture chypro-minoenne, hittite hiéroglyphique et hittite cunéiforme.
La fonction commerciale d'Ougarit et ses exigences pratiques, les difficultés dues à la pluralité linguistique, le maniement difficile du syllabaire cunéiforme ont poussé les scribes d'Ougarit à créer un alphabet cunéiforme de vingt-huit consonnes et semi-voyelles plus un signe de séparation des mots, le premier peut-être des alphabets. Son déchiffrement a été réalisé dès 1930, presque simultanément par trois philologues travaillant indépendamment les uns des autres : Charles Virolleaud à Paris, Henri Bauer à Halle et Édouard Dhorme à Jérusalem. Cet alphabet était utilisé pour l'écriture des textes cananéens et hourrites. Un abécédaire du xive siècle avant J.-C., suivant l'ordre de l'abécédaire hébreu, a été découvert en 1949.
La civilisation d'Ougarit est dominée par la religion. Aussi sa littérature est-elle constituée par des textes religieux : mythes et épopées.
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