La Meuse moyenne traverse l'Ardenne, pointe occidentale du massif schisteux rhénan : tous les malheurs de son bassin viennent de là. Autrefois, elle coulait sur la couverture secondaire, alors plus étendue. Le creusement du réseau était aisé dans ces couches sédimentaires tendres. Mais, après le déblayage, quand le lit atteignit les schistes et quartzites durs sous-jacents, l'effort érosif rencontra plus de résistance. C'est un cas typique de surimposition. Le fleuve s'enfonça dans ce bloc hercynien moins vite que ses voisins aux prises avec des formations affouillables. Il s'est retrouvé progressivement perché au-dessus des autres. Cette situation favorisa les captures ou soutirages qui l'amputèrent, entre autres, de la Moselle au val de l'Ane et de l'Aisne au niveau de l'Aire et de la Bar. Dépouillée, élaguée à droite et à gauche, la Meuse présente un bassin-versant filiforme, linéaire, en doigt de gant bien marqué dans son cours supérieur, en France. Il s'élargit un peu en Ardenne belge d'abord avec la Semois, sur sa rive droite, puis la Sambre, sur sa rive gauche. Après ce confluent à Namur, le rétrécissement reprend. De sorte que, si sa longueur (890 km) dépasse celle du Rh […]
