La littérature latine chrétienne a commencé à se développer à la fin du iie siècle et n'a pris son véritable essor qu'au début du iiie siècle. On convient généralement de placer sa fin au viiie siècle, en même temps que celle du monde antique. Mais il ne faut pas oublier qu'il a existé une littérature latine chrétienne pendant tout le Moyen Âge, à la Renaissance et dans les Temps modernes, même si cette littérature n'est, le plus souvent, qu'un exercice de style dans une langue morte. Son étude revient alors soit à l'histoire littéraire de ces diverses périodes, soit à l'histoire des institutions ecclésiastiques ou des sciences.
L'étude de la littérature latine chrétienne offre tout d'abord l'intérêt de révéler la manière dont le christianisme a été reçu dans l'Occident latin, la transformation qu'il a subie sous l'influence des traditions romaines. En second lieu, du iiie au viiie siècle, elle permet d'assister à la gigantesque mutation que constitue la fin du monde antique et le début du Moyen Âge. En troisième lieu, comme son aînée la littérature romaine, la littérature latine chrétienne fait une grande part à l'imitation et à l'adaptation des modèles grecs. Grâce à elle, beaucoup de documents grecs originaux, chrétiens ou païens, ont été conservés en traductions. Enfin, et surtout, elle compte plusieurs auteurs qui ont produit des œuvres puissantes : Tertullien, Jérôme, Augustin. Ce dernier, par la magnificence de son œuvre et par l'influence qu'elle a exercée jusqu'à nos jours, est un des génies de l'histoire universelle.
1. Aspects historiques et géographiques
Que la littérature latine chrétienne n'ait pris son essor qu'au début du iiie siècle s'explique d'une manière générale par le recul du latin littéraire dans tout l'Occident à la fin du ier et pendant le iie siècle, et plus précisément par l'origine hellénique des premiers groupes chrétiens à Rome et en Occident. La production littéraire des chrétiens de langue latine commence très humblement au iie siècle par la traduction de l […]
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