10. Une société pluriethnique
La population des Hawaii comptait, au recensement de 2000, 1 211 534 personnes, comprenant, il est vrai, 100 000 militaires et dépendants (dont la durée de séjour est de trois ans en moyenne). Ce qui est frappant dans cette population, pour des raisons historiques déjà évoquées, c'est son hétérogénéité. Le groupe le plus important est celui des Caucasiens (Blancs) avec 32,7 p. 100 au total, suivi des Japonais (22,44 p. 100), des Philippins (18,98 p. 100), des Hawaiiens (8,91 p. 100), des Chinois (6,29 p. 100). Mais 25,8 p. 100 des habitants déclarent plusieurs origines ethniques, ce qui témoigne d’un métissage de plus en plus important, rendant les classifications difficiles. Ces mélanges sont le signe du développement d'une véritable société multiraciale aux Hawaii, version insulaire du melting-pot américain, qui a pu se développer dans le contexte de la prospérité de l'archipel et dans l'acceptation des valeurs fondamentales de la civilisation américaine.
Cela ne signifie certes pas la disparition totale des spécificités ethniques, ni des stéréotypes qualifiant chaque groupe aux yeux des autres, ni des inégalités de réussite économique et sociale. Qu'il suffise de rappeler que, par le biais du commerce, de l'instruction, de la politique, les Orientaux, Chinois, Japonais ou Coréens, ont remarquablement su s'insérer dans le nouveau contexte de la société hawaiienne tandis que d'autres groupes, métis d'Hawaiiens, voire Portugais, réussissaient souvent moins bien et voyaient ainsi leur position relative se dégrader. Cependant, la diversité même des origines et l'importance des mélanges ne laissent à aucune ethnie la possibilité de devenir vraiment dominante. Même en politique, la domination japonaise s'est largement atténuée depuis l'élection d'un métis d'Hawaiien, au poste de gouverneur, en 1986, remplacé depuis par un Philippin, puis une Caucasienne.
En fait, la diversité ethnique des Hawaii est devenue un atout considérable dans les rôles que tend de plus en plus à jouer l'archipel dans le Pacifique, celui d'une vitrine de la civilisation américaine et celui de pont culturel entre l'Orient et l'Occident. Le développement de la recherche, de l'université, de l'East West Center matérialisent aujourd'hui cette ambition.
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