6. La Seconde Guerre mondiale et l'accession au rang d'État
La situation stratégique des Hawaii dans le Pacifique nord, reconnue depuis longtemps, avait amené les États-Unis à faire de Pearl Harbor, à l'ouest d'Honolulu dans l'île d'Oahu, la base navale essentielle pour la flotte du Pacifique. C'est donc tout naturellement là que les Japonais choisirent de frapper à l'aube du 7 décembre 1941. Placées brutalement au cœur de l'actualité, les Hawaii devaient rester pendant toute la guerre du Pacifique la base logistique fondamentale pour la lutte contre le Japon, où séjournèrent par centaines de milliers marins, aviateurs et soldats, mais aussi ouvriers des arsenaux. L'archipel retrouva d'ailleurs en partie cette activité fiévreuse lors des guerres de Corée et du Vietnam.
Les conséquences de la Seconde Guerre mondiale ont été considérables. Outre l'apport économique des activités militaires, l'archipel cessa d'être un monde clos et dut s'ouvrir de plus en plus largement aux influences et aux idées venant du continent. Cela se traduisit, par exemple, par le développement sur les plantations, juste après la guerre, de syndicats puissants et combatifs affiliés au syndicat des dockers du continent (I.L.W.U.). En quelques années, le système « paternaliste » classique des plantations disparut, l'I.L.W.U. devint l'interlocuteur direct des sociétés sucrières, et les ouvriers agricoles des Hawaii devinrent les mieux payés du monde. Cela ne fut possible que grâce à une mécanisation intégrale des opérations, qui, des années 1930 aux années 1980, ramena l'emploi dans les plantations et usines sucrières de quelque 50 000 à 7 000 personnes, pour une production tournant toujours autour de 1 million de tonnes de sucre brut. En revanche, l'industrie de l'ananas, où la mécanisation des plantations ne put être poussée aussi loin et qui se trouva à la fois moins protégée sur le marché américain et directement concurrencée sur les marchés mondiaux par de nouveaux producteurs asiatiques et africains, c […]
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