2. L'Antiquité celtique et romaine
Pendant l'âge du fer tardif, lors de la culture de La Tène III et IV, les émaux sur bronze champlevés connurent un développement important. Les artisans celtes étaient établis soit sur le continent, de la Moravie à la Gaule où les restes d'un atelier, détruit par César, ont été découverts lors de fouilles au mont Beuvray, l'ancienne Bibracte, soit dans les îles Britanniques, d'où leur renom parvint jusqu'à Philostrate, à la cour de l'empereur Sévère. L'écrivain grec publie, au début du iiie siècle de notre ère, la première mention relative à des émaux sur métal : « On dit que les Barbares qui vivent sur l'Océan versent ces couleurs sur du bronze ardent et qu'elles y adhèrent, devenant aussi dures que des pierres et conservant les dessins qu'on y a faits. » Fibules, bossettes, disques et plaquettes ornaient en effet les parures et les harnachements, les plus anciens émaillés d'un rouge cire, les plus récents polychromes. Au contact de la civilisation romaine, cette émaillerie insulaire, protégée en Irlande contre les destructions anglo-saxonnes, atteignit un raffinement extrême par l'insertion de segments de verre millefiori ou l'inclusion de grilles métalliques dans la masse vitreuse en fusion (Calice d'Ardagh).
Le verre millefiori caractérise aussi la production provinciale de l'Empire romain, où, du iie au ive siècle, on fabrique à côté de plaques et de fibules des petits vases ronds ou prismatiques (New York, Metropolitan Museum), dans des ateliers situés surtout en Rhénanie, en Belgique et en Pannonie ; à Rome même, l'émaillerie n'a pas laissé de traces appréciables. Dans l'Europe des invasions, quelques trouvailles sporadiques attestent une survie pauvre de l'émaillage, autour de Toulouse, dans les Alpes orientales, en Germanie.
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