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CONTINU & DISCRET

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2.  Investissement philosophique de l'opposition

Il existe une tradition philosophique rattachant le continu à l'Identité, au Même, à la Permanence : le structuralisme, qui pensait mener un combat contre ces figures, et tout particulièrement contre l'historicisme, nous a incité à considérer de préférence cette tradition, pour mieux la rejeter. Peut-être tire-t-elle sa force de la pensée de Leibniz, si l'on veut à tout prix déterminer une origine dans l'histoire de la philosophie : il se trouve en effet que cet auteur, qui fut un des principaux « pionniers de l'infinitésimal » dans le domaine mathématique, a simultanément formulé une philosophie systématique où la prise en compte du continu semble profiter à une description cohérente du monde, de l'Être, du possible, de leurs rapports avec le divin. Si l'on en croit par exemple les commentaires de G. Deleuze in Différence et répétition, la cohérence s'exprimerait chez Leibniz comme compossibilité des séries, concordance qui intègre les variations et les degrés continus des données locales. De la sorte, le mot continu est associé à ce qui converge, ce qui se recolle, ce qui fait unité (le principe de continuité, ainsi, exprime une certaine convenance de la cause et de l'effet). Mais le chef de file monumental de ce courant qui fait du continu une figure du Même est sans doute Hegel, pour nous « hommes du xxe siècle » au moins. Dans la Science de la logique, la dimension de « continuité » de la grandeur est en effet définie comme celle de l'égalité avec soi-même, le continu se dit de la grandeur en tant que les constituants élémentaires de celle-ci s'identifient les uns avec les autres et s'abîment dans son unité. Le discret, inversement, est thématisé comme éclatement, séparation de la grandeur (être en extériorité réciproque). L'ensemble de la pensée hégélienne peut être ressenti comme une thématisation unifiante et conciliatrice du réel, permettant de toujours poser l'Autre en continuité avec le Même, le mot continuité recevant ici l […]

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