Le développement de Calais, qui comptait 74 200 habitants en 2005 et 119 000 pour son agglomération, a presque toujours dépendu de sa position remarquable, au plus près des côtes anglaises. Ce n'est pas un hasard si le détroit, ou « pas » en langage picard, aujourd'hui traversé par un tunnel, qui sépare la mer du Nord de la Manche porte son nom.
La ville est née au Moyen Âge, sur une des percées naturelles du cordon dunaire par où s'écoulent les eaux de la Plaine maritime. Membre de la Ligue hanséatique, elle participa activement au grand commerce de la mer du Nord et de la Baltique, avant d'être conquise par les Anglais en 1347, dans la foulée de leur écrasante victoire de Crécy-en-Ponthieu. Une célèbre statue de Rodin, sur la place de l'hôtel de ville, rappelle l'épisode le plus dramatique du siège de Calais : six bourgeois de la ville, en chemise et la corde au cou, implorant la grâce d'Édouard III. Reprise par François de Guise en 1558, la ville perdit son privilège d'importation de la laine anglaise et se retrouva en concurrence avec Boulogne puis avec Dunkerque. Le blocus continental, au début du xixe siècle, lui porta des coups encore plus rudes. Aussi, son décollage économique au milieu du xixe siècle reposa-t-il davantage sur le succès des dentelles, tulles et guipures, fabriquées dans l'ancien faubourg de Saint-Pierre que sur l'activité maritime.
C'est l'arrivée des chemins de fer et des ferries, à la fin du xixe siècle, qui a fait de Calais le port de vitesse du trafic transmanche. La Première Guerre mondiale amplifia considérablement ce rôle, mais durant la Seconde, de très intenses bombardements alliés touchèrent le port et la ville, qui furent lents à s'en remettre. Passée de 11 000 habitants en 1800 à 72 000 en 1911, la ville n'en comptait plus que 50 000 en 1946. La crise du textile (secteur qui occupe encore le tiers des salariés de l'industrie) n'arrangea rien. Néanmoins, une certaine diversification industrielle (agroalimentaire, électronique, chimie, parachimie) et la s […]
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